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Lancement de l'ECO la monnaie commune de la CEDEAO pour 2027

Réunis à Lungi, en Sierra Leone, les chefs d'État de la CEDEAO ont réaffirmé leur ambition de lancer la monnaie unique ECO en 2027 — mais en acceptant, cette fois, de composer avec les réalités du terrain plutôt qu'avec le calendrier. Le sommet de Lungi n'a pas produit de rupture spectaculaire, mais un ajustement de méthode qui en dit long sur l'état réel du projet monétaire ouest-africain. Les dirigeants de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest ont confirmé l'objectif de 2027 pour le lancement de l'ECO, tout en actant un principe qui aurait pu être énoncé bien plus tôt : seuls les pays remplissant les critères de convergence macroéconomique entreront dans le dispositif au démarrage. Les autres suivront, accompagnés, à leur rythme. Une convergence qui reste le nœud du problème Ce basculement vers une entrée progressive n'est pas un simple ajustement technique. Il acte l'échec, au moins provisoire, d'une approche unifor...

Sargasses : des scientifiques lèvent le voile sur l’origine des échouages massifs

Un collège temporairement fermé en Martinique, un autre à Marie-Galante : ce printemps 2025 est marqué par une nouvelle vague massive d’échouages de sargasses aux Antilles. Ces algues brunes, autrefois cantonnées à la mer des Sargasses sans poser de problème, envahissent les côtes depuis 2011, sans que l'on ait jusqu’à récemment compris pourquoi.

À l’Institut de recherche pour le développement (IRD), des scientifiques ont mené une modélisation numérique ambitieuse, intégrant à la fois le transport des sargasses et leur cycle de vie depuis les années 1990. Leur objectif : tester les principales hypothèses expliquant cette prolifération soudaine.


Une anomalie climatique aux conséquences durables

Les deux scénarios principaux étaient connus : d’une part, un bouleversement des courants atlantiques dû à un événement climatique exceptionnel en 2009-2010 ; d’autre part, l’enrichissement de l’océan en nutriments issus de l’agriculture et de la déforestation, véhiculés notamment par l’Amazone.

La modélisation de l’IRD a permis de simuler différents scénarios. En retirant les effets de l’anomalie climatique de 2009-2010, les chercheurs ont constaté que la prolifération massive n’avait tout simplement pas lieu. « Sans ce transport anormal des sargasses sur ces deux années-là, on ne retrouve pas les échouages récents », confirme Julien Jouanno, directeur de recherche à l’IRD.


Une oscillation nord-atlantique hors norme

L’anomalie identifiée est liée à un phénomène météorologique naturel : l’oscillation nord-atlantique, qui correspond aux variations de pression entre l’anticyclone des Açores et la dépression d’Islande. En 2009-2010, cet indice a atteint des niveaux extrêmement négatifs pendant deux années consécutives, créant des conditions hivernales extrêmes en Europe et aux États-Unis — et surtout, perturbant durablement les circulations atmosphériques et océaniques.

Ces perturbations ont déplacé les sargasses hors de leur zone d’origine vers des régions tropicales, où elles ont trouvé des conditions idéales pour se développer : température élevée, ensoleillement constant, abondance de nutriments. Résultat : une prolifération rapide et massive.


Un phénomène saisonnier, mais durable

Pourquoi les sargasses reviennent-elles chaque année ? Parce que les courants marins favorisent leur stockage dans l’Atlantique central en hiver, avant de les transporter vers les Caraïbes au printemps. Et à chaque passage, elles trouvent des conditions propices à leur croissance.

Quant à l’apport en nutriments par les fleuves comme l’Amazone ou le Congo, la modélisation montre qu’il a, en réalité, peu d’influence sur la dynamique observée.


Une extension vers l’Europe possible ?

Les chercheurs de l’IRD s’interrogent désormais sur la possibilité d’une extension du phénomène à des latitudes plus élevées. Dans un contexte de réchauffement climatique, les sargasses pourraient-elles remonter jusqu’aux côtes européennes ? « On ne sait pas encore si l’anomalie de 2009-2010 est liée au changement climatique, mais l’augmentation des températures pourrait avoir facilité la survie des algues lors de leur migration vers l’Atlantique central », note Julien Jouanno.


Une situation irréversible ?

Peut-on espérer un retour à la normale ? « Il faudrait un événement extrêmement rare, qu’on n’a jamais observé en 30 ans, pour inverser la tendance », estime le scientifique. À ce jour, rien n’indique que le phénomène puisse reculer naturellement.

La modélisation développée par l’IRD, disponible en ligne, permet toutefois d’anticiper les futurs échouages. Grâce à ce système de prévision saisonnière, Julien Jouanno savait dès fin 2024 qu’un pic aurait lieu en avril-mai 2025. Une aide précieuse pour les territoires concernés, même si elle ne résout pas le problème à sa racine.