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Après les « Three Kings », le MMA africain cherche ses héritiers

En 2021 et 2022, trois combattants africains ont détenu en même temps trois ceintures de l’UFC. Quatre ans plus tard, la défaite d’Ateba Gautier rappelle que cette parenthèse n’a pas trouvé de suite, et que le chemin entre le continent et le sommet reste étroit. Un samedi qui referme une porte Le 3 octobre, à Salt Lake City, Ateba Gautier devait confirmer. Le Camerounais de 24 ans arrivait à l’UFC 332 invaincu en cinq combats dans l’organisation, dont quatre gagnés avant la limite. Face à lui, le Russe Roman Kopylov, donné perdant par les bookmakers. Il aura fallu 3 minutes et 12 secondes de premier round pour inverser le scénario. Certains fans l’avaient surnommé « mini Ngannou », un surnom qu’il récuse lui-même. À 24 ans et avec 11 victoires pour 2 défaites en carrière, il a le temps de rebondir. Mais le continent, lui, n’a pas le même luxe : il attendait de cette montée en puissance un visage pour la suite. Les rois ont vieilli Francis Ngannou, Israel Adesanya et Kamaru Usman on...

Soudan du Sud : un État en crise permanente, dix ans après l’indépendance

 

Indépendant depuis juillet 2011, le plus jeune pays d’Afrique, le Soudan du Sud, reste plongé dans une instabilité chronique, miné par des rivalités ethniques, des ambitions politiques personnelles et la lutte pour le contrôle de ses ressources pétrolières.

Né au terme de décennies de guerre avec Khartoum (1955-1972 puis 1983-2005), l’État sud-soudanais avait nourri de grands espoirs lors de son accession à la souveraineté. Pourtant, malgré une période de transition de six ans (2005-2011), le pays a rapidement sombré dans une nouvelle guerre civile. En cause : la rupture entre le président Salva Kiir, issu de l’ethnie dinka, et son vice-président Riek Machar, représentant de l’ethnie nuer.

En 2013, Salva Kiir, ancien chef de l’Armée populaire de libération du Soudan, limoge son vice-président, soupçonné de nourrir des ambitions présidentielles. Cette décision déclenche des affrontements sanglants entre leurs partisans. Le conflit, attisé par des rivalités ethniques et territoriales (notamment entre Dinka, Nuer et Murle), provoque des centaines de milliers de morts et le déplacement de plus de 4 millions de personnes, dont un million vers l’Ouganda. En 2016, l’ONU évoquait même un « risque de génocide ».

Un accord de paix a été signé en 2018, avec un partage du pouvoir entre les deux anciens ennemis. Toutefois, les violences n’ont jamais complètement cessé. Des combats sporadiques ont continué jusqu’en 2020, et le pays reste classé dernier au monde selon l’indice de développement humain (IDH).

La crise a connu un nouveau tournant en mars 2025. À Nasir, dans le nord-est du pays, des affrontements ont éclaté entre l’armée sud-soudanaise et la « White Army », une milice nuer proche de Riek Machar. Le 26 mars, Salva Kiir a placé son vice-président en résidence surveillée, empêchant toute visite de médiateurs, qu’il s’agisse de l’envoyé spécial de l’IGAD, l’ancien Premier ministre kenyan Raila Odinga, ou des représentants de l’ONU.

Dans sa volonté d’isoler son rival, Kiir l’a également évincé de son propre parti. Le ministre de la Consolidation et de la Paix, Stephen Par Kuol, a été désigné président par intérim du Mouvement pour la libération du peuple du Soudan dans l’opposition (SPLM-IO), en remplacement de Machar.

Le 3 avril, Salva Kiir a reçu avec faste son allié ougandais, le président Yoweri Museveni. Leur rencontre a été encadrée par un important déploiement militaire ougandais à Juba, la capitale, dans une démonstration de force destinée à dissuader les partisans de Machar. En vain : fin avril, des combats ont repris dans le sud du pays, près de la frontière avec l’Ouganda.

Début mai, en représailles à des attaques imputées à la faction de Machar, l’aviation sud-soudanaise a bombardé la ville d’Old Fangak, dans la région du Nil supérieur. Un hôpital géré par Médecins sans frontières a été touché lors de ces frappes.

Treize ans après l’indépendance, le Soudan du Sud demeure un pays fracturé, où les espoirs d’un État stable et démocratique se heurtent sans cesse aux logiques de guerre et de pouvoir.