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Après les « Three Kings », le MMA africain cherche ses héritiers

En 2021 et 2022, trois combattants africains ont détenu en même temps trois ceintures de l’UFC. Quatre ans plus tard, la défaite d’Ateba Gautier rappelle que cette parenthèse n’a pas trouvé de suite, et que le chemin entre le continent et le sommet reste étroit. Un samedi qui referme une porte Le 3 octobre, à Salt Lake City, Ateba Gautier devait confirmer. Le Camerounais de 24 ans arrivait à l’UFC 332 invaincu en cinq combats dans l’organisation, dont quatre gagnés avant la limite. Face à lui, le Russe Roman Kopylov, donné perdant par les bookmakers. Il aura fallu 3 minutes et 12 secondes de premier round pour inverser le scénario. Certains fans l’avaient surnommé « mini Ngannou », un surnom qu’il récuse lui-même. À 24 ans et avec 11 victoires pour 2 défaites en carrière, il a le temps de rebondir. Mais le continent, lui, n’a pas le même luxe : il attendait de cette montée en puissance un visage pour la suite. Les rois ont vieilli Francis Ngannou, Israel Adesanya et Kamaru Usman on...

COP30 : Curupira, l’esprit mythique de la forêt amazonienne, désigné mascotte officielle

Plutôt qu’un arbre emblématique comme le fromager, un palmier comme le wassaï ou un animal totem tel que le jaguar ou le toucan, c’est un personnage mythique de l’imaginaire amazonien qui a été choisi pour incarner la COP30 : Curupira. Un choix hautement symbolique, qui met en lumière les figures protectrices de la forêt dans toute l’Amazonie.

Un esprit aux pieds retournés

Issu du folklore brésilien, Curupira est un esprit masculin légendaire dont le nom vient du tupi-guarani curumin pira – littéralement « garçon-corps ». Il est généralement représenté comme un petit être couvert de feuillage, avec une chevelure rouge flamboyante, des dents pointues… et surtout, les pieds tournés vers l’arrière, un détail célèbre censé égarer ceux qui le poursuivent.

Protecteur farouche de la forêt, il punit les chasseurs et bûcherons mal intentionnés. Figure centrale dans de nombreux contes populaires, il a aussi fait l’objet d’études universitaires, notamment dans le mémoire de Sandro Figueiredo Borges et Carine Silva dos Santos (Légendes de l’Amazonie transfrontalière, 2022), qui souligne son importance dans les récits reliant le Brésil à la Guyane française.

Une figure commune à toute l’Amazonie

L’Amazonie s’étend sur plus de 5 millions de km² et traverse neuf pays : Brésil, Bolivie, Pérou, Colombie, Équateur, Venezuela, Suriname, Guyana et Guyane française. Curupira, sous différentes formes, habite l’imaginaire de nombreuses communautés autochtones.

Au Pérou, il prend les traits de Chullachaqui, esprit trompeur et protecteur. En Colombie, on invoque Madre Monte, déesse végétale, tandis qu’en Équateur et en Bolivie, c’est Sachamama, la "mère de la forêt", qui veille sur les terres. Sur le plateau des Guyanes, on le retrouve sous les noms de Makilili en Guyane, Ampuku ou Winti-Boskopu au Suriname, ou encore Watramama au Guyana.

Le choix de Curupira comme mascotte vise ainsi à fédérer ces multiples identités autour d’un même message : la défense d’un écosystème vital pour l’équilibre climatique mondial.

Un symbole fort pour une COP décisive

L’annonce officielle, faite le 1er juillet par l’organisation de la COP30 qui se tiendra à Belém (Brésil), précise que Curupira "reflète l’engagement de la présidence brésilienne à consolider les actions visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre". Il reste encore à savoir si la mascotte prendra une forme tangible – peluche, figurine, porte-clés – ou si elle restera un symbole abstrait.

À ce jour, toutes les COP n'ont pas eu de mascotte. La COP29 prévue en Azerbaïdjan s’en est passée, tandis qu'à Dubaï pour la COP28, une tortue marine avait été choisie, reprenant un symbole déjà utilisé en 2017 lors de la COP23 à Bonn, présidée par les Fidji.

Curupira pourrait ainsi devenir une figure emblématique des actions de sensibilisation prévues en marge du sommet, notamment auprès du jeune public et dans les espaces citoyens. À travers lui, c’est tout un imaginaire enraciné dans les récits ancestraux qui est convoqué pour penser l’avenir de la planète.