Moins de deux ans après avoir renversé Ali Bongo Ondimba, le président de transition gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema officialise la création de sa propre formation politique, à quelques mois des élections législatives prévues pour le 27 septembre. Son parti, baptisé Union démocratique des bâtisseurs (UDB), entend structurer sa majorité et affirmer une rupture avec l’héritage Bongo.
Une entrée en scène politique très calculée
C’est le 5 juillet, lors d’un rassemblement au Palais des sports de Libreville, que l’UDB a été présenté au public. La rhétorique était celle d’un renouveau : « reconstruction du contrat social », « transformation du pays », « pluralisme démocratique »… autant de formules pour accompagner le slogan du parti : « inclusivité, développement, félicité ».
Ce lancement intervient dans un climat de transition politique encore fragile, mais Brice Oligui Nguema, plébiscité avec 94,85 % des suffrages lors de la dernière consultation populaire, semble bien décidé à pérenniser son pouvoir par les urnes.
Une formation au service d’un homme
L’UDB s’annonce comme la machine électorale du président Oligui Nguema. Dans sa déclaration fondatrice, le parti présente les résultats du référendum constitutionnel comme une « brillante victoire présidentielle », et affiche sa volonté de rompre avec « plus de cinquante ans de gouvernance de la dynastie Bongo ».
Se posant en défenseur d’une démocratie rénovée, le chef de l’État a promis des primaires internes pour désigner les candidats du parti aux législatives, avec un mot d’ordre : donner la voix à la base. Il affirme également rejeter les pratiques électoralistes et les formes de manipulation des électeurs.
Un PDG affaibli mais toujours en lice
L’UDB devra faire face à un adversaire historique : le Parti démocratique gabonais (PDG), longtemps hégémonique sous Omar puis Ali Bongo, de 1967 à 2023. Mais affaibli par le putsch et les divisions internes, le PDG peine à se relever, bien que certains de ses cadres les plus pragmatiques rejoignent déjà les rangs de la nouvelle majorité.
Les Bongo en contre-attaque judiciaire
Pendant que le nouveau pouvoir s’organise, la famille Bongo poursuit sa riposte sur le plan judiciaire. En mai, Sylvia Bongo Ondimba et son fils Noureddin Bongo Valentin ont quitté le Gabon pour l’Angola, avant de témoigner pour la première fois en tant que partie civile devant la justice française. Ils accusent les nouvelles autorités gabonaises de torture, affirmant détenir des éléments de preuve audio et vidéo.
Ce volet judiciaire, bien que déconnecté du processus électoral national, contribue à entretenir les tensions autour de la transition, dans un pays qui reste sous surveillance internationale.