À LA UNE

Lancement de l'ECO la monnaie commune de la CEDEAO pour 2027

Réunis à Lungi, en Sierra Leone, les chefs d'État de la CEDEAO ont réaffirmé leur ambition de lancer la monnaie unique ECO en 2027 — mais en acceptant, cette fois, de composer avec les réalités du terrain plutôt qu'avec le calendrier. Le sommet de Lungi n'a pas produit de rupture spectaculaire, mais un ajustement de méthode qui en dit long sur l'état réel du projet monétaire ouest-africain. Les dirigeants de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest ont confirmé l'objectif de 2027 pour le lancement de l'ECO, tout en actant un principe qui aurait pu être énoncé bien plus tôt : seuls les pays remplissant les critères de convergence macroéconomique entreront dans le dispositif au démarrage. Les autres suivront, accompagnés, à leur rythme. Une convergence qui reste le nœud du problème Ce basculement vers une entrée progressive n'est pas un simple ajustement technique. Il acte l'échec, au moins provisoire, d'une approche unifor...

Kenya : répression sévère lors de la commémoration du Saba Saba

 

La journée du 7 juillet 2025 à Nairobi a été marquée par un imposant dispositif sécuritaire et une répression brutale des manifestations. Cette date, hautement symbolique dans l’histoire politique du Kenya, commémore le 35ᵉ anniversaire des émeutes pro-démocratie de 1990, connues sous le nom de "Saba Saba".

Dès l’aube, les autorités avaient verrouillé l’accès à la capitale : grands axes bloqués, transports publics suspendus, écoles fermées, rideaux baissés dans plusieurs centres commerciaux. Malgré ces mesures, plusieurs centaines de manifestants, en majorité des jeunes, ont tenté de rejoindre le centre-ville.

La police kényane a rapidement dispersé les rassemblements à l’aide de gaz lacrymogènes, de canons à eau, et dans certains cas, de tirs à balles réelles. De violents affrontements ont éclaté, notamment dans le quartier de Kangemi, à l’ouest de Nairobi. D’autres villes du pays, comme Nakuru, Nyeri ou Embu, ont également connu des manifestations, parfois réprimées par des unités montées à cheval.

Ce regain de tensions s’inscrit dans le sillage d’une série de mobilisations entamées en juin, à la suite de la mort en détention du blogueur Albert Ojwang. Selon la Commission nationale des droits humains, dix-neuf personnes ont déjà perdu la vie lors de précédentes manifestations. Le parquet a engagé des poursuites pour meurtre contre six personnes, dont trois policiers, tous ayant plaidé non coupable.

Initialement lancé pour raviver la mémoire des luttes démocratiques, l’appel au rassemblement du 7 juillet a vite pris une dimension plus large. Les manifestants dénoncent désormais la corruption, les violences policières et les disparitions de militants. Face à cette contestation grandissante, le gouvernement maintient une posture sécuritaire, sans dialogue apparent.