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Après les « Three Kings », le MMA africain cherche ses héritiers

En 2021 et 2022, trois combattants africains ont détenu en même temps trois ceintures de l’UFC. Quatre ans plus tard, la défaite d’Ateba Gautier rappelle que cette parenthèse n’a pas trouvé de suite, et que le chemin entre le continent et le sommet reste étroit. Un samedi qui referme une porte Le 3 octobre, à Salt Lake City, Ateba Gautier devait confirmer. Le Camerounais de 24 ans arrivait à l’UFC 332 invaincu en cinq combats dans l’organisation, dont quatre gagnés avant la limite. Face à lui, le Russe Roman Kopylov, donné perdant par les bookmakers. Il aura fallu 3 minutes et 12 secondes de premier round pour inverser le scénario. Certains fans l’avaient surnommé « mini Ngannou », un surnom qu’il récuse lui-même. À 24 ans et avec 11 victoires pour 2 défaites en carrière, il a le temps de rebondir. Mais le continent, lui, n’a pas le même luxe : il attendait de cette montée en puissance un visage pour la suite. Les rois ont vieilli Francis Ngannou, Israel Adesanya et Kamaru Usman on...

Libéria : le kickball, sport féminin emblématique et outil de réconciliation nationale

Au Libéria, le kickball s’est imposé comme le sport féminin par excellence, éclipsant même le football en termes de participation des femmes. Pratiqué dans les écoles, les quartiers et lors des compétitions nationales, ce sport hybride, qui combine des éléments du football américain et du baseball, est bien plus qu’un simple jeu : il incarne un vecteur de cohésion sociale et de reconstruction post-conflit.

Un sport né dans les écoles, devenu symbole national

Inventé dans les années 1960 par Cherry Jackson, enseignante dans une école de filles à Monrovia, le kickball a rapidement gagné en popularité. Ce sport simple, accessible et peu coûteux à pratiquer, s’est implanté dans les milieux scolaires comme un espace d’émancipation et de solidarité féminine.

Après des années de guerre civile dévastatrice, le kickball a pris un nouveau rôle. En 1994, la création de la Ligue nationale de kickball visait à favoriser la réconciliation nationale à travers le sport. Depuis, il est devenu un outil reconnu pour reconstruire les liens sociaux entre communautés divisées.

Une pratique tournée vers l'inclusion

Sous l’impulsion de figures comme Emmanuel Whea, président de la Fédération libérienne de kickball, le sport s’est progressivement professionnalisé. Bien que toujours majoritairement féminin, il commence à s’ouvrir aux hommes et suscite un intérêt croissant dans d'autres pays africains.

« Ce sport est notre sport traditionnel... Il nous rassemble, nous, les jeunes filles », affirme Saydah A. Yarbah, l’une des nombreuses joueuses pour qui le kickball est un refuge et une source de fierté.

Un sport encore confronté à des défis

Malgré son ancrage fort dans la société libérienne, le kickball reste confronté à plusieurs obstacles : manque de financement, infrastructures limitées, et sous-représentation des femmes dans les postes d’encadrement et de gouvernance. La majorité des entraîneurs et responsables de clubs restent des hommes, un paradoxe pour un sport largement pratiqué par des femmes.

Pourtant, sur les terrains en terre battue de Monrovia comme dans les régions rurales, le kickball continue de réunir, de soigner et de faire grandir une génération de jeunes filles, à la croisée du sport, de la culture et du vivre-ensemble.