Un climat de tension sociale s’installe à Madagascar. Ce mercredi 9 juillet 2025, les employés de la JIRAMA, société nationale en charge de la distribution d’eau et d’électricité, ont lancé une grève générale nationale, entraînant la fermeture de tous les sites de travail dès 7h30. Un mouvement inédit, aux répercussions potentielles importantes sur la vie quotidienne de la population.
Bras de fer entre salariés et gouvernement
À l’origine de cette mobilisation : la volonté du gouvernement de réformer les statuts de l’entreprise, dans l’objectif affiché de moderniser son fonctionnement. Le ministère de l’Énergie et des Hydrocarbures envisage de moduler le cadre réglementaire de la JIRAMA, actuellement régie par le droit des sociétés commerciales.
Mais pour les syndicats, cette réforme masquerait une volonté de privatiser l’entreprise et de procéder à une réduction drastique des effectifs.
« Nous avons demandé l’annulation des nouveaux statuts fondés sur la loi des sociétés commerciales, mais nous n’avons reçu aucune réponse », ont déclaré les représentants syndicaux au média 2424.mg.
Les syndicats réclament un dialogue direct avec le chef de l’État
Face à ce qu’ils considèrent comme un dialogue bloqué, les syndicats appellent désormais à une rencontre directe avec le président de la République. Ils dénoncent les accusations dont ils font l’objet concernant les défaillances chroniques de l’entreprise : coupures d’électricité à répétition, pénuries d’eau et services publics défaillants.
« Nous ne pouvons pas être tenus pour responsables des dysfonctionnements sans être consultés sur les décisions structurelles qui concernent l’avenir de l’entreprise », soulignent les représentants syndicaux.
Une grève jugée illégale par le gouvernement
Le ministre de l’Énergie, Olivier Jean-Baptiste, a vivement réagi, qualifiant la grève d’"illégale", car aucun préavis n’aurait été déposé, ni auprès de son ministère, ni auprès de celui du Travail.
« Même si le droit de grève est reconnu, il y a des procédures à respecter. Les services de la JIRAMA sont essentiels et ne doivent pas être interrompus, qu’il s’agisse de la production, du transport ou de la distribution », a-t-il affirmé.
Des craintes face à une crise de grande ampleur
L’arrêt des activités de la JIRAMA fait redouter de nouvelles coupures généralisées d’eau et d’électricité, qui pourraient raviver la colère sociale. Déjà, ces manquements avaient provoqué ces derniers mois des manifestations, parfois violentes, dans plusieurs régions de l’île.
Le bras de fer entre le gouvernement et les salariés de la JIRAMA est désormais engagé. À la veille de discussions cruciales sur l’avenir du service public de l’énergie à Madagascar, la question d’un dialogue direct au plus haut niveau reste posée.