Alors que le Soudan du Sud commémore ce 9 juillet le 14ᵉ anniversaire de son indépendance, la crise dans le nord-est du pays s’aggrave. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a annoncé avoir procédé à des largages aériens d’aide humanitaire dans les comtés de Nasir et d’Ulang, au cœur de la région du Haut-Nil, théâtre d’un conflit armé depuis la fin février.
Une zone coupée du monde depuis des mois
Les violences qui déchirent le Haut-Nil ont rendu la région quasiment inaccessible pour les humanitaires. Depuis plus de quatre mois, le PAM n’avait pu intervenir dans cette zone, même par voie aérienne. Le transport fluvial, pourtant plus économique, reste également bloqué : 1 500 tonnes d’aide humanitaire attendent toujours d’être acheminées depuis le sud du pays.
Des civils à nouveau pris pour cible
Mardi 8 juillet, de nouveaux bombardements de l’armée gouvernementale ont touché plusieurs villages du comté de Nasir, poussant une fois encore des habitants à fuir. Le militant de la société civile Ter Manyang Gatwech dénonce des attaques délibérées contre des zones civiles, pour lesquelles aucun bilan officiel n’a encore été communiqué. Depuis le début des affrontements, plus de 130 000 personnes ont été déplacées et ont perdu tout moyen de subsistance.
Une famine imminente
Selon les estimations du PAM, près de 40 000 habitants de la région sont aujourd’hui menacés de famine. Mary-Ellen McGroarty, directrice du PAM au Soudan du Sud, tire la sonnette d’alarme :
« Sans une augmentation significative de l’aide, les comtés de Nasir et d’Ulang risquent de sombrer dans une famine généralisée. »
Au-delà des problèmes d’accès, l’intervention humanitaire est freinée par le manque de financements, alors que les besoins ne cessent de croître.
Une crise politique toujours en cours
Cette recrudescence des violences survient dans un contexte politique tendu. Depuis mars, le vice-président Riek Machar est assigné à résidence sur ordre du président Salva Kiir, suite à des affrontements dans la région. Ce verrouillage du dialogue politique accentue l’instabilité générale, laissant présager une résolution du conflit encore lointaine.