À LA UNE

Lancement de l'ECO la monnaie commune de la CEDEAO pour 2027

Réunis à Lungi, en Sierra Leone, les chefs d'État de la CEDEAO ont réaffirmé leur ambition de lancer la monnaie unique ECO en 2027 — mais en acceptant, cette fois, de composer avec les réalités du terrain plutôt qu'avec le calendrier. Le sommet de Lungi n'a pas produit de rupture spectaculaire, mais un ajustement de méthode qui en dit long sur l'état réel du projet monétaire ouest-africain. Les dirigeants de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest ont confirmé l'objectif de 2027 pour le lancement de l'ECO, tout en actant un principe qui aurait pu être énoncé bien plus tôt : seuls les pays remplissant les critères de convergence macroéconomique entreront dans le dispositif au démarrage. Les autres suivront, accompagnés, à leur rythme. Une convergence qui reste le nœud du problème Ce basculement vers une entrée progressive n'est pas un simple ajustement technique. Il acte l'échec, au moins provisoire, d'une approche unifor...

Togo : forte abstention aux municipales sur fond de tensions politiques

 

Jeudi 17 juillet, les Togolais étaient appelés aux urnes pour élire leurs conseillers municipaux. Mais dans la capitale Lomé comme dans d'autres régions du pays, les bureaux de vote sont restés largement vides, reflétant une apathie électorale généralisée et un climat politique tendu.

Une participation en nette baisse

À Lomé, les chiffres de la participation parlent d’eux-mêmes. Au quartier des Étoiles, seulement 64 électeurs sur 435 inscrits se sont déplacés dans un bureau, et 64 sur 403 dans un autre du même centre. À Baguida, situé à 12 kilomètres de la capitale, la tendance est similaire : 42 votants sur 405 inscrits, puis 75 sur 415 dans deux bureaux de vote distincts.

« Cette fois-ci, la participation n’est pas bonne. Même en 2019, c’était mieux. Il y avait de l’enthousiasme, on croyait encore au changement », confie Semon Aboudou, électeur.

Un scrutin sous tension

Ces élections municipales, organisées dans les 117 communes du pays pour pourvoir 1 527 sièges, se sont déroulées dans un contexte de défiance généralisée envers le pouvoir en place. Le président Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005 après la mort de son père, fait face à une contestation croissante, notamment depuis la réforme constitutionnelle adoptée cette année. Celle-ci pourrait lui permettre de se maintenir indéfiniment à la tête de l’État, désormais en tant que président du Conseil des ministres, un poste puissant sans limitation de mandat.

Des manifestations antigouvernementales en juin, durement réprimées, ont fait plusieurs morts et alimenté l’appel au boycott lancé par la société civile et la diaspora togolaise. Le collectif M66 – Mouvement du 6 Juin, composé d’artistes, de blogueurs et de militants, a été en première ligne pour dénoncer ce qu’il qualifie de confiscation du pouvoir.

Un espoir modeste, malgré tout

Dans les quartiers populaires, les attentes sociales restent fortes malgré la méfiance politique. Gilbertine Gbondji, électrice, espère simplement un avenir meilleur pour les générations à venir :

« J’ai abandonné l’école faute de moyens. Mais je veux que les plus jeunes puissent aller à l’école, avoir accès aux soins. J’espère juste de meilleures conditions de vie. »

500 listes candidates, résultats attendus

Malgré le contexte tendu, près de 500 listes, issues de partis, de regroupements citoyens ou de candidatures indépendantes, ont participé au scrutin. Le dépouillement est désormais terminé. Les résultats ont été acheminés vers les CELI (Commissions électorales locales indépendantes), avant d’être transmis à la CENI (Commission Électorale Nationale Indépendante), seule habilitée à proclamer les résultats officiels dans un délai de 72 heures.