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Après les « Three Kings », le MMA africain cherche ses héritiers

En 2021 et 2022, trois combattants africains ont détenu en même temps trois ceintures de l’UFC. Quatre ans plus tard, la défaite d’Ateba Gautier rappelle que cette parenthèse n’a pas trouvé de suite, et que le chemin entre le continent et le sommet reste étroit. Un samedi qui referme une porte Le 3 octobre, à Salt Lake City, Ateba Gautier devait confirmer. Le Camerounais de 24 ans arrivait à l’UFC 332 invaincu en cinq combats dans l’organisation, dont quatre gagnés avant la limite. Face à lui, le Russe Roman Kopylov, donné perdant par les bookmakers. Il aura fallu 3 minutes et 12 secondes de premier round pour inverser le scénario. Certains fans l’avaient surnommé « mini Ngannou », un surnom qu’il récuse lui-même. À 24 ans et avec 11 victoires pour 2 défaites en carrière, il a le temps de rebondir. Mais le continent, lui, n’a pas le même luxe : il attendait de cette montée en puissance un visage pour la suite. Les rois ont vieilli Francis Ngannou, Israel Adesanya et Kamaru Usman on...

Droits d'auteur : deux albums majeurs de MC Solaar vont disparaître des bacs

Le tribunal judiciaire de Paris a ordonné à Universal Music France de retirer deux albums emblématiques de MC Solaar, Prose combat et Paradisiaque, du marché et des plateformes de streaming. Au cœur de ce contentieux : les droits d'auteur d'un photographe, Philippe Bordas, sur les pochettes et images intérieures, révélant les fragilités du droit d'auteur à l'ère du numérique et l'impact sur la mémoire musicale du rap français.

La malédiction des premiers albums

Pour les amateurs de rap français et de musique, cette décision du 5 décembre résonne douloureusement. Les deux albums concernés, sortis en 1994 et 1997, avaient déjà été retirés des rayons entre 2002 et 2021 et interdits de streaming. Même sort pour Qui sème le vent récolte le tempo (1991), premier essai de MC Solaar et immense succès du rap francophone. La raison de ces longues absences : une bataille juridique homérique autour de la répartition des royalties, opposant Solaar et Universal pendant vingt ans.

Cette fois, l'origine du problème est différente, mais le résultat identique : Prose combat, de l'avis général le meilleur disque du roi Solaar, disparaît à nouveau avec des tubes aussi essentiels qu'Obsolète ou Nouveau Western.

Un contentieux à trois bandes

Le litige oppose Universal Music France à Philippe Bordas, photographe et écrivain ayant réalisé les pochettes et photographies intérieures de ces albums. Le jugement dessine une situation complexe : le tribunal condamne solidairement Universal et Sentinel Ouest (la société de MC Solaar) à verser 12 000 euros à Bordas pour « contrefaçon », et simultanément Universal à verser 40 000 euros à Sentinel Ouest pour préjudice.

Comment en est-on arrivé là ? Répondant à Télérama, Philippe Bordas en appelle au respect du copyright, des droits qui, insiste-t-il, sont de plus en plus remis en cause par les majors du disque et les géants du numérique. « J'ai signé un contrat avec Universal l'autorisant à utiliser mes images jusqu'à une date donnée, et pour tous les supports existants. Or, à cette époque, ces "supports existants" ne comprenaient pas Instagram et les plateformes de streaming, puisqu'ils n'existaient pas. »

Le photographe, couronné en 2004 du prix Nadar récompensant chaque année un ouvrage consacré à la photographie ancienne ou contemporaine, et auteur en 2006 d'un livre de voyage et d'une exposition avec le rappeur, affirme avoir tenté de négocier. « Mais mes courriers sont restés sans réponse. »

Les photographes, parents pauvres de l'industrie musicale

Cette affaire met en lumière une réalité persistante dans l'industrie musicale : les créateurs visuels, essentiels à l'identité d'un album, restent souvent marginalisés face aux géants du secteur. « Les photographes ne sont pas les artistes les plus respectés dans les maisons de disques », confie le juriste anonyme. Une réalité qui révèle les déséquilibres de pouvoir au sein d'une industrie où certains créateurs peinent à faire valoir leurs droits.

Concrètement, des milliers de CD et de vinyles devront être pilonnés, et les clichés de Philippe Bordas disparaître des plateformes de streaming. Remettre en ligne et dans les bacs ces albums avec de nouvelles pochettes représente du temps et de l'argent. « Mais Universal peut encore faire appel de la décision du tribunal », rappelle le juriste.

MC Solaar, « victime collatérale »

À l'en croire, MC Solaar, « qui reste un ami », même s'il n'a pas eu récemment de ses nouvelles, est « une victime collatérale » du contentieux qui l'oppose à la maison de disques. Le rappeur n'a pas répondu à nos sollicitations et garde le silence sur cette nouvelle tempête juridique.

Sous couvert d'anonymat, un juriste spécialiste du droit d'auteur au sein d'une major décrypte la situation : « Il semble que quelqu'un ait été un peu léger du côté d'Universal à propos de l'exploitation des photos. » Ce qui expliquerait pourquoi le tribunal a condamné Universal à verser un préjudice à Sentinel Ouest, la première étant censée fournir à la seconde ce qu'on appelle une « jouissance paisible des droits » au moment de la republication conjointe des disques. « Ce qui n'a manifestement pas été le cas. »

Impact culturel et mémoire du rap français

Au-delà du droit et des contrats, cette affaire révèle combien la musique urbaine repose sur un écosystème fragile de créateurs : musiciens, producteurs, photographes et graphistes. Derrière chaque album se cache une mémoire culturelle qu'il est difficile de préserver lorsque les droits sont mal définis face à l'évolution technologique.

Pour les fans, ces albums ne sont pas de simples produits : ils racontent l'histoire du rap français, de ses premiers succès et de son influence sur plusieurs générations. Leur indisponibilité, même temporaire, menace la circulation d'une culture vivante et d'une mémoire partagée. On espère seulement qu'en ce moment l'auteur de la chanson Solaar pleure ne pleure pas pour de vrai.

Les « collisions destructrices » d'un système chaotique

En 2024, évoquant brièvement ses vingt années de guerre juridique contre Universal pour récupérer le droit d'exploiter ses quatre premiers albums, MC Solaar déclarait à Télérama : « Comme le système solaire, ma musique est stochastique : elle n'a rien de stable, se produit par l'effet du hasard. […] Dans un tel système chaotique, forcément, il peut y avoir des collisions destructrices, des éclipses. »

Prémonition ? Cette nouvelle affaire confirme cette métaphore : à l'ère du numérique, les zones grises du droit d'auteur peuvent transformer la légende d'un artiste en véritable casse-tête juridique. Mais elle rappelle surtout que derrière chaque morceau, chaque pochette, chaque image, se joue un combat pour préserver la mémoire et l'identité d'une culture musicale. Un combat où les créateurs les plus vulnérables restent souvent sacrifiés sur l'autel des intérêts économiques des majors.