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Lancement de l'ECO la monnaie commune de la CEDEAO pour 2027

Réunis à Lungi, en Sierra Leone, les chefs d'État de la CEDEAO ont réaffirmé leur ambition de lancer la monnaie unique ECO en 2027 — mais en acceptant, cette fois, de composer avec les réalités du terrain plutôt qu'avec le calendrier. Le sommet de Lungi n'a pas produit de rupture spectaculaire, mais un ajustement de méthode qui en dit long sur l'état réel du projet monétaire ouest-africain. Les dirigeants de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest ont confirmé l'objectif de 2027 pour le lancement de l'ECO, tout en actant un principe qui aurait pu être énoncé bien plus tôt : seuls les pays remplissant les critères de convergence macroéconomique entreront dans le dispositif au démarrage. Les autres suivront, accompagnés, à leur rythme. Une convergence qui reste le nœud du problème Ce basculement vers une entrée progressive n'est pas un simple ajustement technique. Il acte l'échec, au moins provisoire, d'une approche unifor...

La Manigance : le shatta orchestre son union ultramarine

Ils sont quinze. Quinze voix venues de la Caraïbe et de l’océan Indien, réunies sur un même riddim, avec une ambition claire : faire du shatta un langage collectif capable de dépasser les frontières insulaires et de s’imposer durablement dans l’Hexagone. La Manigance, projet porté par les labels AntiHero et Because, s’inscrit dans cette dynamique. Un posse-cut ultramarin assumé, pensé comme une réponse tropicale à Bande organisée, le collectif marseillais qui avait marqué l’année 2020.

Depuis plusieurs mois, le shatta martiniquais ne se contente plus des sound systems locaux. Il s’invite dans les playlists nationales, fait trembler les clubs hexagonaux et impose son esthétique brute, festive et sans détour. La Manigance, sortie ce jeudi 18 décembre, capitalise sur cette percée tout en cherchant à lui donner une dimension structurante : celle d’un mouvement fédérateur.

Un laboratoire créatif ultramarin

À l’origine du projet, un séminaire musical organisé en novembre à La Réunion. Quelques jours de travail intensif, de connexions humaines et artistiques, pensés comme un véritable laboratoire créatif. Martinique, Guadeloupe, La Réunion, île Maurice : les territoires se croisent, les influences dialoguent, les egos s’effacent au profit d’une énergie commune.

De cette rencontre est né un morceau collectif à l’efficacité immédiate. La Manigance coche toutes les cases du titre fédérateur : ambiance calibrée pour la fête, flows qui s’enchaînent sans rupture, production solide et identité sonore assumée. Un shatta moderne, décomplexé, taillé pour la scène comme pour les plateformes.

Une collaboration rare, un signal fort

Les collaborations ultramarines de cette ampleur restent encore trop rares pour ne pas être soulignées. Le casting en dit long sur les ambitions du projet. On y retrouve Kamelon et Mikado, auteurs d’une relecture shatta remarquée du tube breton La Belette, qui a marqué les tops de streaming en 2025. Le Guadeloupéen TKS 2G est également de la partie, dans le sillage de son succès Paddle aux côtés de Maureen, figure incontournable du shatta actuel.

Autour d’eux gravitent Aknose, Junior, Kikitox, Le Jem’ss, LiJay, Nken, P.L.L et Vanou, complétant une line-up qui reflète la diversité et la vitalité des scènes ultramarines. Côté production, Da Nillo, DJ Glad, DJ Sebb et YSN, épaulés par Mikado, assurent une ossature sonore cohérente et percutante.

Plus qu’un titre, une stratégie

La Manigance ne se contente pas d’aligner les performances. Le projet revendique un message clair : l’unité comme force créative. En reprenant les codes du posse-cut — cet art de réunir plusieurs artistes sur un même titre — le collectif propose une version ultramarine d’un format classique, réadapté à ses réalités culturelles.

L’objectif est assumé : dépasser le cadre insulaire, parler au public hexagonal et inscrire le shatta dans une trajectoire durable. Non plus comme une simple tendance exotique, mais comme une expression musicale structurée, portée par des artistes conscients de leur impact.

Avec La Manigance, le shatta avance groupé. Et dans une industrie où la visibilité se conquiert autant par la stratégie que par le talent, cette union pourrait bien marquer un tournant. Dreadlocks Tribune suivra de près la suite du mouvement.