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Après les « Three Kings », le MMA africain cherche ses héritiers

En 2021 et 2022, trois combattants africains ont détenu en même temps trois ceintures de l’UFC. Quatre ans plus tard, la défaite d’Ateba Gautier rappelle que cette parenthèse n’a pas trouvé de suite, et que le chemin entre le continent et le sommet reste étroit. Un samedi qui referme une porte Le 3 octobre, à Salt Lake City, Ateba Gautier devait confirmer. Le Camerounais de 24 ans arrivait à l’UFC 332 invaincu en cinq combats dans l’organisation, dont quatre gagnés avant la limite. Face à lui, le Russe Roman Kopylov, donné perdant par les bookmakers. Il aura fallu 3 minutes et 12 secondes de premier round pour inverser le scénario. Certains fans l’avaient surnommé « mini Ngannou », un surnom qu’il récuse lui-même. À 24 ans et avec 11 victoires pour 2 défaites en carrière, il a le temps de rebondir. Mais le continent, lui, n’a pas le même luxe : il attendait de cette montée en puissance un visage pour la suite. Les rois ont vieilli Francis Ngannou, Israel Adesanya et Kamaru Usman on...

Blackface et déguisements du KKK : le tribunal de Troyes relaxe les neuf prévenus

 

Le tribunal judiciaire de Troyes a relaxé vendredi 9 janvier les neuf personnes poursuivies pour s'être déguisées en membres du Ku Klux Klan et grimées en blackface lors d'une soirée costumée. Une décision qui suscite incompréhension et indignation, mais qui révèle également une inquiétante et croissante permissivité.

Les faits remontent au 18 octobre 2025, à l'aérodrome de Brienne-le-Château, dans l'Aube. Lors d'une soirée organisée par un club de parachutisme, cinq personnes arborent des tenues évoquant explicitement le Ku Klux Klan, trois autres se griment en blackface, tandis qu'un photographe immortalise la scène. Les images et vidéos, largement diffusées sur les réseaux sociaux, déclenchent immédiatement une vague de réactions.

Des poursuites pour provocation à la haine

Les neuf participants, âgés de 21 à 56 ans, comparaissaient pour « provocation publique à la haine ou à la violence en raison de l'origine, de l'ethnie, de la nation, de la race ou de la religion ». Parmi eux figuraient deux pompiers de Paris, immédiatement suspendus de leurs fonctions après la révélation de l'affaire.

La Fédération française de parachutisme (FFP) avait engagé des poursuites, son président Yves Marie Guillaud qualifiant les faits d'« intolérables » et annonçant la convocation des neuf personnes devant la commission de discipline. SOS Racisme et la Licra s'étaient également constituées parties civiles.

Le parquet avait requis 5 000 euros d'amende, dont 4 000 avec sursis, à l'encontre de chacun des prévenus.

Une interprétation strictement juridique

Dans son jugement, la présidente du tribunal a estimé que « si la scène représentée peut heurter, elle ne contient aucun appel à la haine ou à la violence », selon des propos rapportés par L'Est Éclair. Une analyse strictement juridique qui interroge au regard de la portée historique et symbolique du Ku Klux Klan et du blackface, deux pratiques intimement liées à l'histoire du racisme, de la ségrégation et des violences envers les populations noires.

Cette décision fait écho à une tendance récurrente dans le traitement judiciaire des affaires à caractère raciste : la non-reconnaissance de la circonstance aggravante raciste. L'affaire Michel Zecler en constitue un exemple frappant. Malgré les témoignages attestant de propos racistes ("sale nègre") lors du passage à tabac du producteur de musique en novembre 2020, les magistrats instructeurs n'ont pas retenu cette circonstance aggravante lors du renvoi des quatre policiers devant les juridictions pénales en juin 2025, faute de "preuve suffisante".

Pourtant, dans sa décision rendue publique le 7 novembre 2025, la Défenseure des droits Claire Hédon a reconnu le caractère raciste des violences, s'appuyant sur les déclarations constantes de la victime et les témoignages de plusieurs personnes présentes. Elle a également déploré "l'absence de réponse disciplinaire" de la Préfecture de police de Paris, quatre ans après les faits.

Lors de l'audience à Troyes, l'une des personnes jugées avait affirmé « ne pas savoir ce que le Ku Klux Klan avait fait », une ligne de défense qui a suscité de vives réactions.

Des sanctions administratives toujours en suspens

Si la justice pénale a tranché en faveur de la relaxe, les conséquences disciplinaires restent à venir. Une enquête administrative interne avait été ouverte concernant les deux pompiers de Paris impliqués. À l'époque, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, fraîchement nommé place Beauvau, avait exprimé son indignation à l'Assemblée nationale, promettant des « sanctions extrêmement fermes ».

La commission de discipline de la Fédération française de parachutisme doit également se prononcer sur le cas des neuf personnes.

Un décalage croissant entre signalements et condamnations

Cette décision s'inscrit dans une tendance préoccupante : alors que les signalements de provocation à la haine raciale explosent, les condamnations, elles, restent faibles et stables.

Selon les données de PHAROS, la plateforme de signalement des contenus illicites en ligne, les signalements pour provocation publique à la haine et à la discrimination raciale ont bondi de 5 093 cas en 2018 à 13 518 en 2023. Dans le même temps, les condamnations pour ce motif sont passées de 79 en 2018 à 71 en 2019, dernières données disponibles pour cette infraction spécifique.

Plus révélateur encore : la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) relève que près de la moitié des affaires pénales pour infractions racistes font l'objet de classements sans suite. En 2024, sur les 9 400 crimes et délits à caractère raciste enregistrés par le ministère de l'Intérieur, seule une infime fraction aboutit à une condamnation effective.

Que dit le droit ?

La loi française réprime pourtant fermement le racisme sous plusieurs formes. L'article 24 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse sanctionne la provocation publique à la haine ou à la violence en raison de l'origine, de l'ethnie, de la race ou de la religion d'un an d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende. Cette infraction ne nécessite pas que des violences aient effectivement été commises : la simple provocation suffit.

Par ailleurs, l'article 225-1 du Code pénal définit comme discriminatoire toute distinction opérée entre les personnes physiques en raison de leur origine ou de leur appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une prétendue race ou une religion déterminée. Les actes discriminatoires sont punis de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende.

Enfin, la circonstance aggravante de racisme peut être retenue lorsqu'une infraction est commise en raison de l'appartenance ou de la non-appartenance, vraie ou supposée, de la victime à une ethnie, une nation, une prétendue race ou une religion déterminée. Cette circonstance alourdit considérablement les peines encourues.

Le paradoxe est donc frappant : alors que l'arsenal juridique existe et se veut dissuasif, son application concrète se heurte à des obstacles d'interprétation qui, dans les faits, limitent fortement sa portée.

Un débat de fond sur le racisme symbolique

Cette affaire relance un débat de fond sur la reconnaissance institutionnelle du racisme symbolique, la banalisation des imaginaires suprémacistes et la difficulté persistante à faire reconnaître le caractère violent de certaines représentations, même en l'absence d'appel explicite à la haine.

Pour de nombreuses associations et observateurs, elle illustre le décalage entre l'expérience vécue des personnes racisées et l'interprétation strictement juridique des faits par les tribunaux. Un fossé que la société française peine encore à combler, et qui se creuse à mesure que les actes racistes se multiplient sans réponse pénale à la hauteur.