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Après les « Three Kings », le MMA africain cherche ses héritiers

En 2021 et 2022, trois combattants africains ont détenu en même temps trois ceintures de l’UFC. Quatre ans plus tard, la défaite d’Ateba Gautier rappelle que cette parenthèse n’a pas trouvé de suite, et que le chemin entre le continent et le sommet reste étroit. Un samedi qui referme une porte Le 3 octobre, à Salt Lake City, Ateba Gautier devait confirmer. Le Camerounais de 24 ans arrivait à l’UFC 332 invaincu en cinq combats dans l’organisation, dont quatre gagnés avant la limite. Face à lui, le Russe Roman Kopylov, donné perdant par les bookmakers. Il aura fallu 3 minutes et 12 secondes de premier round pour inverser le scénario. Certains fans l’avaient surnommé « mini Ngannou », un surnom qu’il récuse lui-même. À 24 ans et avec 11 victoires pour 2 défaites en carrière, il a le temps de rebondir. Mais le continent, lui, n’a pas le même luxe : il attendait de cette montée en puissance un visage pour la suite. Les rois ont vieilli Francis Ngannou, Israel Adesanya et Kamaru Usman on...

Qu’a fait la Chine pour le Venezuela ?

 

Sans effets de tribune ni envolées rhétoriques à la Trump ou à la Macron, Pékin a répondu à la crise vénézuélienne par une série d’actions concrètes. La Chine est partie d’un constat simple : pour Washington, le contrôle du pétrole vénézuélien constitue à la fois un levier stratégique et un moyen de contenir l’expansion chinoise en Amérique latine, région considérée comme un bastion historique de l’influence américaine.

Aux yeux de Pékin, l’agression contre le Venezuela dépasse donc largement le cadre national. Elle est perçue comme une attaque directe contre le projet d’un monde multipolaire et, plus largement, contre l’architecture géopolitique incarnée par les BRICS.

Quelques heures après l’annonce de l’enlèvement du président Nicolás Maduro, Xi Jinping convoque en urgence le Comité permanent du Bureau politique du Parti communiste chinois. La réunion, d’une durée précise de deux heures, se déroule dans la plus grande discrétion. Aucun communiqué, aucune menace publique. Le silence précède l’action. Selon les stratèges chinois, cette rencontre marque le déclenchement d’une « riposte asymétrique globale » face à toute agression visant un partenaire stratégique de la Chine dans l’hémisphère occidental.

Le Venezuela, dans cette lecture, n’est pas un simple allié : il constitue la tête de pont de la Chine en Amérique latine, au cœur même de la sphère d’influence des États-Unis.

La première phase de la réponse chinoise s’amorce le 4 janvier à 9 h 15. La Banque populaire de Chine annonce, sans publicité excessive, la suspension temporaire de toutes les transactions en dollars américains impliquant des entreprises liées au complexe militaro-industriel des États-Unis. Boeing, Lockheed Martin, Raytheon ou encore General Dynamics découvrent brutalement que leurs relations commerciales avec la Chine sont gelées, sans avertissement préalable.

Moins de trois heures plus tard, à 11 h 43, la State Grid Corporation of China, gestionnaire du plus vaste réseau électrique au monde, lance un audit technique complet de ses contrats avec des fournisseurs américains d’équipements électriques. Derrière la formule technocratique se dessine une réalité plus lourde : le début d’un découplage stratégique avec la technologie américaine.

À 14 h 17, c’est au tour de la China National Petroleum Corporation (CNPC) d’annoncer une réorganisation majeure de ses routes d’approvisionnement mondiales. Cette décision entraîne l’annulation de contrats pétroliers à destination des raffineries américaines, pour un montant annuel estimé à 47 milliards de dollars. Le pétrole initialement destiné à la côte est des États-Unis est redirigé vers l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud et d’autres pays du Sud global. En une seule séance, les prix du pétrole bondissent de 23 %.

Au-delà de l’impact immédiat sur les marchés, le signal est limpide : la Chine démontre sa capacité à exercer une pression énergétique massive sur les États-Unis sans recourir à la force militaire.

Dans le même temps, la China Ocean Shipping Company (COSCO), qui contrôle près de 40 % de la capacité mondiale de transport maritime, met en œuvre ce qu’elle qualifie d’« optimisation des itinéraires opérationnels ». Concrètement, les navires chinois commencent à contourner les grands ports américains — Long Beach, Los Angeles, New York ou Miami. En quelques heures, ces plateformes logistiques perdent jusqu’à 35 % de leur trafic de conteneurs. Pour des groupes comme Walmart, Amazon ou Target, fortement dépendants des flux maritimes chinois, les chaînes d’approvisionnement se grippent brutalement.

Ce qui frappe alors, ce n’est pas seulement la nature des mesures, mais leur synchronisation parfaite. Il ne s’agit pas d’une montée en puissance graduelle, mais d’un choc systémique, conçu pour désorganiser la capacité de réaction américaine.

À peine Washington commence-t-il à absorber l’onde de choc que Pékin enclenche une seconde séquence : la mobilisation du Sud global. Le 4 janvier à 4 h 22, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, propose à une trentaine de pays — dont le Brésil, l’Inde, l’Afrique du Sud, l’Iran, la Turquie et l’Indonésie — des conditions commerciales préférentielles immédiates. En contrepartie, ces États doivent s’engager publiquement à ne reconnaître aucun gouvernement vénézuélien issu d’une intervention ou d’un soutien américain.

En moins de vingt-quatre heures, dix-neuf pays acceptent l’offre. Le Brésil ouvre la marche, suivi par l’Inde, l’Afrique du Sud et le Mexique. L’idée d’un monde multipolaire cesse alors d’être un concept théorique pour prendre la forme d’une réalité diplomatique tangible. Par le levier économique, la Chine parvient à constituer, presque instantanément, une coalition de fait opposée à l’hégémonie américaine.

Le coup le plus structurant intervient le 5 janvier, lorsque Pékin active son arme financière. Le système chinois de paiements interbancaires transfrontaliers étend officiellement ses capacités afin de permettre des transactions internationales en dehors du réseau SWIFT, dominé par Washington. La Chine propose ainsi une alternative opérationnelle complète au système financier occidental : plus rapide, et surtout nettement moins coûteuse.

La réaction est immédiate. En quarante-huit heures, près de 89 milliards de dollars de transactions sont traités par ce nouveau canal. Trente-quatre banques centrales ouvrent des comptes opérationnels, accélérant un processus de dédollarisation qui touche l’une des principales sources de financement de l’économie américaine.

Enfin, sur le terrain technologique, Pékin rappelle un autre rapport de force fondamental. Contrôlant environ 60 % de la production mondiale de terres rares — indispensables aux semi-conducteurs et à l’électronique de pointe — la Chine annonce des restrictions temporaires d’exportation vers les pays ayant soutenu l’éviction de Nicolás Maduro. Apple, Microsoft, Google ou Intel, étroitement dépendants des chaînes d’approvisionnement chinoises, voient alors planer la menace d’un ralentissement, voire d’un arrêt partiel de leurs capacités de production.

Chacune de ces initiatives frappe un point névralgique de l’économie américaine. Ensemble, elles dessinent une stratégie cohérente, multidimensionnelle, et profondément asymétrique.

Alors, « qu’a fait la Chine pour le Venezuela ? », demandent amis comme adversaires. La réponse tient en peu de mots : sans déclarer la guerre, Pékin a agi. Elle a déplacé les lignes, redéfini les équilibres et imposé, par les faits, de nouvelles réalités géopolitiques.