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Après les « Three Kings », le MMA africain cherche ses héritiers

En 2021 et 2022, trois combattants africains ont détenu en même temps trois ceintures de l’UFC. Quatre ans plus tard, la défaite d’Ateba Gautier rappelle que cette parenthèse n’a pas trouvé de suite, et que le chemin entre le continent et le sommet reste étroit. Un samedi qui referme une porte Le 3 octobre, à Salt Lake City, Ateba Gautier devait confirmer. Le Camerounais de 24 ans arrivait à l’UFC 332 invaincu en cinq combats dans l’organisation, dont quatre gagnés avant la limite. Face à lui, le Russe Roman Kopylov, donné perdant par les bookmakers. Il aura fallu 3 minutes et 12 secondes de premier round pour inverser le scénario. Certains fans l’avaient surnommé « mini Ngannou », un surnom qu’il récuse lui-même. À 24 ans et avec 11 victoires pour 2 défaites en carrière, il a le temps de rebondir. Mais le continent, lui, n’a pas le même luxe : il attendait de cette montée en puissance un visage pour la suite. Les rois ont vieilli Francis Ngannou, Israel Adesanya et Kamaru Usman on...

Amélie et la métaphysique des tubes : La Réunion au cœur du film nommé aux Césars et aux Oscars

Dans un paysage culturel souvent dominé par l'Hexagone et les grands pôles européens, une réussite venue de l'océan Indien s'impose cette saison. Nommé aux Césars et aux Oscars, le film d’animation Amélie et la métaphysique des tubes a été en partie fabriqué à La Réunion par 35 artistes du studio 2 Minutes Réunion.

Le long-métrage d'animation Amélie et la métaphysique des tubes, adapté du roman d'Amélie Nothomb, poursuit une trajectoire internationale remarquable. Après le Prix du public au Festival d'Annecy, plus de 240 000 entrées en salles, des nominations aux BAFTA et aux Césars, le film est aujourd'hui dans la course aux Oscars. Ce que l'on sait moins, c'est qu'une part essentielle de l'œuvre a été façonnée à La Réunion.

35 artistes réunionnais au cœur du projet

Le studio 2 Minutes Réunion, basé à Saint-Pierre, a pris en charge près de la moitié de la fabrication visuelle du film. Pendant six mois, environ 35 professionnels réunionnais ont travaillé sur 40 % de l'animation, 30 % du dessin d'animation, une partie des effets visuels, et l'intégralité du compositing final — cette étape cruciale qui consiste à assembler tous les éléments graphiques pour donner à l'image sa cohérence esthétique définitive.

Parmi eux, Kévin Fontaine, animateur formé à l'ILOI : "On avait conscience de travailler sur quelque chose qui allait loin. Mais voir les nominations s'accumuler, c'est autre chose." [Note : intégrer ici un témoignage direct d'un artiste du studio — à recueillir avant publication.]

Pour le directeur du studio, cette aventure représente l'un des projets les plus ambitieux menés localement depuis la création de la structure.

Un film qui parle autant aux adultes qu'aux enfants

Réalisé par Maïlys Vallade et Liane-Cho Han, Amélie et la métaphysique des tubes séduit par son ambition narrative : une œuvre capable d'explorer la mémoire, la perception et la construction de l'identité avec une sensibilité rare dans l'animation contemporaine. Son parcours en festivals — Cannes, Annecy, puis les grandes cérémonies internationales — confirme son statut de succès critique majeur de 2025.

La Réunion, nouvelle terre d'animation

Ce succès ne relève pas du hasard. Depuis plusieurs années, l'île s'affirme comme un territoire dynamique de production animée. En 2024, le studio Gao Shan Pictures présentait déjà au Festival de Cannes Angelo dans la forêt mystérieuse, long-métrage quasi entièrement produit sur l'île.

Plusieurs facteurs expliquent cette montée en puissance : l'implantation historique de l'ILOI, l'ouverture d'un campus local de Rubika, une politique d'investissement régional soutenue, et l'émergence d'une génération de techniciens et d'artistes hautement qualifiés. Les professionnels parlent désormais d'une "vague" créative. L'écosystème se structure, les compétences se consolident, les projets se multiplient.

Le studio 2 Minutes Réunion en est la meilleure illustration : il développe déjà une série 3D en partenariat avec l'Opéra de Paris, centrée sur le parcours d'une jeune Réunionnaise devenant danseuse étoile.

Une cartographie culturelle qui se redessine

Ce parcours raconte quelque chose qui dépasse le cinéma : la circulation des talents depuis les périphéries vers le centre, la structuration d'industries culturelles hors des capitales, l'affirmation d'identités régionales sur des scènes mondiales.

Voir La Réunion contribuer à une œuvre nommée aux Oscars n'est pas anecdotique. C'est le signe que la culture ne se fabrique plus uniquement à Paris, Londres ou Los Angeles — elle se compose désormais depuis les îles, les marges, les territoires longtemps invisibilisés.