En 2021 et 2022, trois combattants africains ont détenu en même temps trois ceintures de l’UFC. Quatre ans plus tard, la défaite d’Ateba Gautier rappelle que cette parenthèse n’a pas trouvé de suite, et que le chemin entre le continent et le sommet reste étroit. Un samedi qui referme une porte Le 3 octobre, à Salt Lake City, Ateba Gautier devait confirmer. Le Camerounais de 24 ans arrivait à l’UFC 332 invaincu en cinq combats dans l’organisation, dont quatre gagnés avant la limite. Face à lui, le Russe Roman Kopylov, donné perdant par les bookmakers. Il aura fallu 3 minutes et 12 secondes de premier round pour inverser le scénario. Certains fans l’avaient surnommé « mini Ngannou », un surnom qu’il récuse lui-même. À 24 ans et avec 11 victoires pour 2 défaites en carrière, il a le temps de rebondir. Mais le continent, lui, n’a pas le même luxe : il attendait de cette montée en puissance un visage pour la suite. Les rois ont vieilli Francis Ngannou, Israel Adesanya et Kamaru Usman on...
Dance Theatre of Harlem : le retour d'un ballet révolutionnaire à Paris
le
Obtenir le lien
Facebook
X
Pinterest
E-mail
Autres applications
Après quarante ans d'absence, le Dance Theatre of Harlem (DTH) signe un retour historique en France. Du 26 au 28 février 2026, l'iconique compagnie new-yorkaise investira le Palais des Congrès de Paris, renouant avec un public français qui n'avait plus vu la troupe sur scène depuis les années 1980. Plus qu'un événement chorégraphique, cette venue marque le retour d'un symbole majeur de l'histoire culturelle afro-américaine et du ballet mondial.
Un ballet né dans le feu des luttes pour les droits civiques
Fondé en 1969 par Arthur Mitchell et Karel Shook, en plein cœur du mouvement des droits civiques, le Dance Theatre of Harlem est né d'une idée alors jugée radicale : le ballet appartient à tout le monde. Ancien danseur étoile du New York City Ballet — le premier Noir à occuper ce rang dans une grande compagnie américaine —, Arthur Mitchell refuse que cet art reste confiné à une élite blanche et bourgeoise. Au lendemain de l'assassinat de Martin Luther King Jr., il crée à Harlem une école et une compagnie destinées à ouvrir les portes du ballet classique aux enfants afro-américains et aux communautés défavorisées.
"Nous voulions prouver qu'avec la formation appropriée et les opportunités, les danseurs noirs pouvaient exceller dans n'importe quel style", déclarait Mitchell dans une interview au New York Times en 2013. À travers l'enseignement, la discipline et l'exigence artistique, le DTH devient rapidement un outil d'émancipation, mais aussi un manifeste politique silencieux : prouver, par l'excellence, que la virtuosité n'a ni couleur ni origine sociale.
Quarante ans d'absence : pourquoi un tel vide ?
La dernière tournée française du DTH remonte à 1984. Entre-temps, la compagnie a traversé des périodes turbulentes : difficultés financières, fermeture temporaire entre 2004 et 2012, puis renaissance progressive sous la direction artistique de Virginia Johnson, ancienne danseuse étoile de la troupe, puis de Robert Garland depuis 2022.
Ce retour en France s'inscrit dans un contexte de regain d'intérêt pour les esthétiques afro-diasporiques en Europe. Après le succès de compagnies comme Alvin Ailey ou des chorégraphes comme Kyle Abraham, le public français redécouvre une histoire du ballet longtemps invisibilisée. Les institutions culturelles hexagonales, longtemps réticentes à programmer des compagnies perçues comme "communautaires", semblent enfin reconnaître la portée universelle de ces récits.
Une signature artistique unique
Le style du Dance Theatre of Harlem repose sur un équilibre subtil entre rigueur classique et créativité contemporaine. La compagnie s'appuie sur les fondements du ballet académique tout en les enrichissant d'influences culturelles afro-américaines et d'une sensibilité résolument moderne.
Cette identité singulière permet au DTH d'aborder, par le mouvement, des thématiques sociales actuelles : représentation, diversité, héritage culturel, transmission. Sans jamais céder au didactisme, la danse devient un langage politique, esthétique et profondément humain.
Au programme : Balanchine, Garland et Stevie Wonder
Pour son retour parisien, le Dance Theatre of Harlem présentera deux programmes distincts en alternance. Le programme A comprendra notamment Valse Fantaisie de George Balanchine et Return de Robert Garland, sur une partition mélangeant Bach et Radiohead. Le programme B mettra en avant Higher Ground, pièce audacieuse créée en 2018 par Garland sur les musiques de Stevie Wonder, ainsi que des extraits du répertoire néoclassique de la compagnie.
Cette programmation éclectique reflète la vision multiculturelle chère à Arthur Mitchell : faire dialoguer les époques, les genres et les univers musicaux sans hiérarchie, du classicisme de Bach à l'afrofuturisme de James Blake.
Firebird, un retour exclusif et symbolique
Moment fort de cette série de représentations : le retour sur scène du mythique Firebird, donné en exclusivité à Paris. Créée en 1982 par John Taras d'après la chorégraphie originale de George Balanchine, cette pièce emblématique a marqué l'histoire de la compagnie et contribué à sa reconnaissance internationale lors de sa première tournée mondiale.
Œuvre puissante et visionnaire, Firebird incarne à elle seule l'audace du Dance Theatre of Harlem : revisiter les grands classiques du ballet russe à travers un prisme nouveau, inclusif et résolument contemporain. Le costume de l'oiseau de feu, redessiné en 1982 avec des motifs inspirés de l'art africain, reste gravé dans la mémoire collective de la danse.
Infos pratiques
Dance Theatre of Harlem
Palais des Congrès de Paris, Auditorium
26, 27 et 28 février 2026
Programme A : 26 et 28 février à 20h
Programme B : 27 février à 20h
Tarifs : de 35€ à 85€
Billetterie disponible sur palaisdescongresdeparis.fr
Un ballet pour le XXIᵉ siècle
Depuis bientôt 60 ans, le Dance Theatre of Harlem occupe une place à part dans le paysage chorégraphique mondial. Par son histoire, son exigence artistique et sa capacité à se réinventer, la compagnie s'est imposée comme l'une des plus passionnantes du XXIᵉ siècle.
Son retour en France ne relève pas de la nostalgie. Il pose une question essentielle : combien d'autres compagnies, combien d'autres récits avons-nous laissé disparaître de nos scènes par manque de curiosité ou excès de conservatisme ? En 2026, voir danser le DTH à Paris, c'est aussi mesurer le chemin qu'il reste à parcourir.