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Après les « Three Kings », le MMA africain cherche ses héritiers

En 2021 et 2022, trois combattants africains ont détenu en même temps trois ceintures de l’UFC. Quatre ans plus tard, la défaite d’Ateba Gautier rappelle que cette parenthèse n’a pas trouvé de suite, et que le chemin entre le continent et le sommet reste étroit. Un samedi qui referme une porte Le 3 octobre, à Salt Lake City, Ateba Gautier devait confirmer. Le Camerounais de 24 ans arrivait à l’UFC 332 invaincu en cinq combats dans l’organisation, dont quatre gagnés avant la limite. Face à lui, le Russe Roman Kopylov, donné perdant par les bookmakers. Il aura fallu 3 minutes et 12 secondes de premier round pour inverser le scénario. Certains fans l’avaient surnommé « mini Ngannou », un surnom qu’il récuse lui-même. À 24 ans et avec 11 victoires pour 2 défaites en carrière, il a le temps de rebondir. Mais le continent, lui, n’a pas le même luxe : il attendait de cette montée en puissance un visage pour la suite. Les rois ont vieilli Francis Ngannou, Israel Adesanya et Kamaru Usman on...

Jean-Claude Naimro, cinquante ans de dialogue musical

Il aurait pu choisir un grand auditorium, une salle à la mesure d'une carrière de cinquante ans. Jean-Claude Naimro a préféré le Cabaret sauvage. Ce 21 février 2026, le pianiste martiniquais et figure emblématique de Kassav' fête un demi-siècle de musique dans une salle à taille humaine — parce que c'est là, au plus près du public, que la musique respire vraiment.

Une carrière ancrée dans la scène et la proximité

Avec Kassav', Jean-Claude Naimro s'est produit pendant plus de quatre décennies devant des milliers de spectateurs, parfois dans des stades, en France et à l'étranger. Mais pour fêter un demi-siècle de musique, il a choisi une salle plus intimiste. « Une petite salle, c'est beaucoup plus convivial. On a un rapport plus direct avec le public et un contact plus facile entre musiciens », explique le pianiste, désormais septuagénaire.

Le programme de la soirée a été testé en Martinique en novembre dernier, lors d'un concert dans les Jardins de l'Appaloosa. Avec son synthétiseur Yamaha CS01 en bandoulière, Naimro avait descendu la scène pour jouer au milieu du public, observant quelles compositions fonctionnaient et lesquelles devaient être ajustées. « Je suis très strict. J'ai toujours fait les choses avec minutie », confie-t-il.

Le répertoire de cette soirée anniversaire se concentrera sur ses propres morceaux, tels que Kolé Séré, succès en duo avec Jocelyne Béroard et Philippe Lavil, ou En Mouvmen, récemment remixé avec Straika D. Pour les lecteurs de Dreadlocks Tribune, ce nom ne surprendra pas : figure du reggae antillais, Straika D incarne exactement ce pont naturel entre les musiques caribéennes que Naimro a toujours su traverser avec aisance — lui que l'on retrouvait d'ailleurs dans le public des Reggae Dancehall Awards de Dreadlocks TV en décembre 2024, fidèle à une scène qu'il n'a jamais quittée des yeux. Un remix qui dit beaucoup sur sa curiosité intacte après cinquante ans. « Ce qui est important, c'est de faire aussi bien du studio que de la scène », rappelle-t-il, formé au piano classique.

L'Antillais de l'équipe nationale du makossa

Arrivé en métropole en 1969, Jean-Claude Naimro a d'abord accompagné des artistes de variété française tels qu'Eddy Mitchell ou Michel Fugain. Mais son parcours le distingue surtout dans le registre africain : près de 350 albums auxquels il a participé concernent majoritairement des artistes du continent.

Son lien avec le Cameroun est particulier. « J'ai travaillé avec pratiquement tous les artistes de ce pays entre la fin des années 70 et les années 90, à tel point que certains pensent que je suis l'un des leurs », s'amuse Naimro. Il a notamment collaboré avec Sam Fan Thomas, Ben Decca, André-Marie Tala, Manu Dibango et bien d'autres, devenant l'un des piliers de ce collectif surnommé l'« équipe nationale du makossa ».

Le studio Johanna : laboratoire et passerelle

Ces collaborations ont souvent eu lieu au studio Johanna, en proche banlieue parisienne. « C'était un studio expérimental, pas très cher, où l'on pouvait essayer des choses », explique Naimro. Des ingénieurs du son antillais et africains, ainsi que Jacob Desvarieux, étaient des habitués des lieux.

Sa force ? « Trouver un jeu personnel qui s'adapte à la musique africaine », tout en respectant les contraintes de chaque style et chaque artiste. Cette capacité à dialoguer musicalement explique qu'il ait été sollicité par des noms comme Miriam Makeba, Meiway, Syran Mbenza ou Trio Madjesi.

Une vision du musicien avant tout

Pour Jean-Claude Naimro, ces collaborations n'ont jamais eu de dimension militante. « Je me contentais d'être pianiste », insiste-t-il. Son approche repose sur l'échange, la sensibilité et le dialogue musical — des valeurs qu'il souhaite partager avec le public lors de son anniversaire au Cabaret sauvage.

Cinquante ans, et toujours en mouvement

Un Yamaha CS01 en bandoulière, 350 albums au compteur, de Kingston à Douala en passant par Paris — Jean-Claude Naimro n'a jamais joué dans une seule langue musicale. À 50 ans de carrière, il ne célèbre pas un bilan, il continue une conversation. Celle qui commence quand un pianiste martiniquais descend de scène pour jouer au milieu du public, et que tout le monde comprend, quelle que soit sa langue.