À LA UNE

Lancement de l'ECO la monnaie commune de la CEDEAO pour 2027

Réunis à Lungi, en Sierra Leone, les chefs d'État de la CEDEAO ont réaffirmé leur ambition de lancer la monnaie unique ECO en 2027 — mais en acceptant, cette fois, de composer avec les réalités du terrain plutôt qu'avec le calendrier. Le sommet de Lungi n'a pas produit de rupture spectaculaire, mais un ajustement de méthode qui en dit long sur l'état réel du projet monétaire ouest-africain. Les dirigeants de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest ont confirmé l'objectif de 2027 pour le lancement de l'ECO, tout en actant un principe qui aurait pu être énoncé bien plus tôt : seuls les pays remplissant les critères de convergence macroéconomique entreront dans le dispositif au démarrage. Les autres suivront, accompagnés, à leur rythme. Une convergence qui reste le nœud du problème Ce basculement vers une entrée progressive n'est pas un simple ajustement technique. Il acte l'échec, au moins provisoire, d'une approche unifor...

Racisme décomplexé à la télévision

Comme c’est bien scénarisé. Cette séquence de Richard Millet sur Aya Nakamura, pour faire passer Pascal Praud pour un modérateur tout en conservant cette ligne éditoriale propre à la chaîne…

Stratégie : on invite un de ces innénombrables spécialistes en sujet chaud du moment pour lui soutirer un buzz de plus. Et hier, pour bien entamer la semaine, c’est l’écrivain Richard Millet dont les avis ne sont pas tout à fait neutre qui franchit le pas.

On prend un sujet qui n’a rien à voir comme ça on pourra dire qu’il s’agit d’un malencontreux dérapage, ou pire, que c’est sorti de son contexte. Et on attend. 

Tout à coup, sort la déclaration polémique. 


« Cette n... , cette chanteuse énorme malienne là… » 

Et voilà comment on maintient son audience, en se faisant, de surcroit, passer pour moins intolérant qu’on  ne veut bien le dire. Et en plus, pour une fois, ce n’est pas dirigé vers l’islam… Cette séquence est d’une succulence sans égal pour la direction de CNews. 


Rappelons que Richard Millet avait été évincé du comité de lecture de l’éditeur Gallimard en 2012 après avoir signé un pamphlet intitulé Éloge littéraire d’Anders Breivik, le terroriste et suprémaciste blanc norvégien, auteur des attentats d’Oslo et Utoya (77 morts, en 2011). Juste évincé, quelle sanction pour apologie de terrorisme...

L’auteur est un récidiviste en la matière. En 2011, sur France Culture, il déclarait  : « Quelqu’un qui à la troisième génération continue à s’appeler Mohammed quelque chose, pour moi, ne peut pas être français ». Edifiant. 


Alors on ne va pas faire les offusqués de propos discriminatoires à nouveau proférés sur cette chaîne TV. Ni du constat de cette nouvelle expression libre d’une intolérance décomplexée, mais nous espérons vraiment très fort que les associations, mouvements féministes, anti-racistes, et même que les autorités sauront s'emparer det énième dérapage et que monsieur Millet écopera d'un peu plus qu’un rappel à la loi pour grossophobie et racisme. Oui, nous sommes en droit d'espérer des sanctions même s'il y a bien longtemps qu’on y croit plus. Pas plus qu’on ne croit au fait que M. Millet n’avait plus son nom en tête. 


Jusqu’au Bhoutan ils savent son nom et vous, l’homme de culture qui venez pavaner dans « l’actualité », vous venez nous dire là que vous aviez omis son nom ? Et de fait, en bon écrivain aux mots aiguisés que vous êtes, vous avez décidé d’utiliser cette formule. Précisément. Votre langue n’a pas fourché, vous ne vous êtes pas repris, vous avez même insisté, arguant de votre droit. Puis de rappeler que vous avez été formé à l’école des honnêtes hommes « Notamment à Boileau qui appelle un chat un chat. » avant de formuler des excuses à Pascal Praud, (pas à Aya Nakamura dont vous ne prononcerez jamais le nom). 


Bien que vous soyez un écrivain avec pas moins de 80 ouvrages - un "invité de qualité" dixit Pascal Praud dans cette même séquence - le soft power français, le rayonnement culturel de la France, c’est elle. Pas vous. Car oui elle est française. Et elle s'appelle Aya Nakamura.