Le monde du reggae vient de perdre l'un de ses repères historiques dans la presse spécialisée. Après vingt-cinq ans d'existence, le magazine allemand Riddim a annoncé, le 2 avril 2026, la fin définitive de son édition imprimée.
L'annonce a fait l'effet d'un coup de tonnerre parmi les amateurs et les abonnés de longue date. Pendant un quart de siècle, Riddim s'est imposé comme l'une des grandes références européennes du journalisme musical consacré au reggae et à ses cultures satellites. Interviews de fond, reportages, critiques d'albums, décryptages de scènes locales et internationales : la publication a traversé plusieurs générations d'artistes et de passionnés, témoignant d'une fidélité rare dans un secteur media en crise permanente.
C'est le site spécialisé Reggaeville qui a relayé la nouvelle, la qualifiant de coup dur et inattendu pour la communauté reggae mondiale. Mais la mort du papier ne signe pas celle du titre.
Riddim entame désormais une nouvelle vie sur sa plateforme numérique Riddim.world, qui devient le cœur de son activité éditoriale. Ce virage digital n'a rien d'une surprise : il s'inscrit dans une transformation structurelle de la presse musicale, confrontée depuis des années à l'effondrement du lectorat papier et à la mutation profonde des usages informationnels. Ce qui est remarquable ici, c'est que le magazine ait résisté aussi longtemps — 123 numéros en vingt-cinq ans, c'est une ténacité qui mérite d'être soulignée.
Au moment de tourner la page, la communauté reggae internationale n'a pas manqué de saluer ce travail de longue haleine. Dans un hommage adressé à l'équipe, on pouvait lire : « Au nom de la communauté reggae internationale, nous exprimons notre profonde gratitude pour ces 123 numéros de Riddim, pour le sang, la sueur et les larmes qui ont certainement accompagné cette aventure, et pour les analyses et connaissances précieuses que vous avez partagées avec le monde — et que vous continuerez à partager. »
La fin de l'édition papier ressemble moins à une disparition qu'à une métamorphose.
Longue vie à Riddim — rendez-vous en ligne pour les vingt-cinq prochaines années.