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Après les « Three Kings », le MMA africain cherche ses héritiers

En 2021 et 2022, trois combattants africains ont détenu en même temps trois ceintures de l’UFC. Quatre ans plus tard, la défaite d’Ateba Gautier rappelle que cette parenthèse n’a pas trouvé de suite, et que le chemin entre le continent et le sommet reste étroit. Un samedi qui referme une porte Le 3 octobre, à Salt Lake City, Ateba Gautier devait confirmer. Le Camerounais de 24 ans arrivait à l’UFC 332 invaincu en cinq combats dans l’organisation, dont quatre gagnés avant la limite. Face à lui, le Russe Roman Kopylov, donné perdant par les bookmakers. Il aura fallu 3 minutes et 12 secondes de premier round pour inverser le scénario. Certains fans l’avaient surnommé « mini Ngannou », un surnom qu’il récuse lui-même. À 24 ans et avec 11 victoires pour 2 défaites en carrière, il a le temps de rebondir. Mais le continent, lui, n’a pas le même luxe : il attendait de cette montée en puissance un visage pour la suite. Les rois ont vieilli Francis Ngannou, Israel Adesanya et Kamaru Usman on...

L'eau en Martinique : après des décennies d'abandon, le Sénat vote une autonomie de gestion

 

Le 31 mars, le Sénat a adopté un projet de loi donnant à la Collectivité territoriale de Martinique le pouvoir de gérer directement son eau, son assainissement et son énergie. Une avancée réelle — mais qui intervient après des années de coupures, de sous-investissement et de délégation à des opérateurs privés qui n'ont pas tenu leurs promesses.

Pour comprendre ce vote, il faut d'abord rappeler ce que vivent les Martiniquais depuis des années. En 2020, près de 40 000 habitants du centre et du sud de l'île ont été privés d'eau pendant plusieurs mois de sécheresse. En 2024, la situation s'est aggravée : la Martinique a été placée en situation de "crise sécheresse" pour la première fois de son histoire, avec des coupures régulières touchant particulièrement les communes du centre et du sud. En Martinique et en Guadeloupe, les coupures d'eau ont entraîné 20 % de jours de classe perdus en 2022. 

Ce n'est pas une fatalité climatique. C'est le résultat d'une gestion défaillante, fragmentée, et largement externalisée à des opérateurs privés.

Suez, la SME, et des décennies de sous-investissement

Les infrastructures gérées par la SME, filiale de Suez, ne respectent pas les normes réglementaires et introduisent des pollutions dans les rivières, menaçant la biodiversité. Alors que la situation est connue depuis plus d'une décennie, les communes martiniquaises continuent de déléguer la distribution de l'eau à des opérateurs privés comme Suez, alors même que ceux-ci ne respectent pas leurs engagements. 

Près de 70 % de l'eau potable provient de seulement quatre prises d'eau, et 94 % de l'eau potable dépend des rivières, sans diversification suffisante vers les nappes souterraines. Un système structurellement fragile, aggravé par des décennies de sous-investissement dans la maintenance des réseaux.

Des mobilisations citoyennes s'organisent depuis des années à travers des collectifs d'usagers, pour protester contre le manque d'approvisionnement, la pollution de l'eau, le prix de la facture, la mainmise des multinationales et la corruption des élus locaux. Ces voix ont longtemps été ignorées. Le vote du 31 mars est, en partie, leur victoire.

Ce que le vote du Sénat change concrètement

Le projet de loi adopté permet à la Collectivité territoriale de Martinique (CTM), via son Assemblée, de définir directement des règles sur son territoire en matière d'eau, d'assainissement et d'énergie. Il ouvre la voie à une autorité unique de l'eau, visant à mettre fin à l'éparpillement des compétences entre une multitude d'acteurs et de régulations.

Dans un communiqué, la CTM a salué « un signal politique fort qui reconnaît notre droit à construire des réponses adaptées à nos contraintes, à nos urgences et à nos ambitions. »

Sur l'énergie, le texte offre également de nouvelles marges de manœuvre : développement des énergies renouvelables, réglementation thermique des bâtiments, maîtrise de la demande, mobilité durable. Des leviers stratégiques pour une île qui importe encore l'essentiel de son énergie fossile.

Une victoire à nuancer

Personne ne devrait crier victoire trop vite. La sénatrice Catherine Conconne, qui a porté ce dossier, est elle-même prudente : « Il faudra encore trois à quatre ans avant d'atteindre une autorité unique. » Harmonisation des compétences, évaluation des actifs et passifs, coordination des acteurs — le chantier est long.

Et le processus législatif n'est pas terminé : le projet doit encore passer par l'Assemblée nationale avant d'entrer en vigueur.

Surtout, voter une réforme de gouvernance ne résout pas mécaniquement les problèmes concrets : réseaux vieillissants, unités de production à moderniser, dépendance structurelle aux rivières. Ces chantiers nécessiteront des investissements massifs et une volonté politique qui ne s'est pas encore traduite en actes suffisants.

L'enjeu derrière la loi

Ce vote sénatorial pose une question de fond qui dépasse la technique administrative : qui décide pour la Martinique ?

Pendant des décennies, la gestion de l'eau et de l'énergie martiniquaises a été pensée depuis Paris ou confiée à des multinationales hexagonales. Le résultat, tout le monde le connaît : des coupures à répétition, des enfants qui ne vont pas à l'école, des familles qui stockent l'eau dans des bidons, une ressource vitale transformée en variable d'ajustement budgétaire.

L'autonomie de gestion votée le 31 mars n'est pas la révolution. Mais elle acte un principe : la Martinique a le droit de construire ses propres réponses à ses propres urgences. C'est un point de départ. Ce qui en sera fait — ou non — appartient désormais aux élus et aux citoyens martiniquais d'en juger.