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Après les « Three Kings », le MMA africain cherche ses héritiers

En 2021 et 2022, trois combattants africains ont détenu en même temps trois ceintures de l’UFC. Quatre ans plus tard, la défaite d’Ateba Gautier rappelle que cette parenthèse n’a pas trouvé de suite, et que le chemin entre le continent et le sommet reste étroit. Un samedi qui referme une porte Le 3 octobre, à Salt Lake City, Ateba Gautier devait confirmer. Le Camerounais de 24 ans arrivait à l’UFC 332 invaincu en cinq combats dans l’organisation, dont quatre gagnés avant la limite. Face à lui, le Russe Roman Kopylov, donné perdant par les bookmakers. Il aura fallu 3 minutes et 12 secondes de premier round pour inverser le scénario. Certains fans l’avaient surnommé « mini Ngannou », un surnom qu’il récuse lui-même. À 24 ans et avec 11 victoires pour 2 défaites en carrière, il a le temps de rebondir. Mais le continent, lui, n’a pas le même luxe : il attendait de cette montée en puissance un visage pour la suite. Les rois ont vieilli Francis Ngannou, Israel Adesanya et Kamaru Usman on...

Reggae Boyz : le rêve s'éteint à Guadalajara, encore

Mardi soir au stade Akron, la Jamaïque a de nouveau raté le train du Mondial. La RD Congo, sur un but de la tête d'Axel Tuanzebe à la 100e minute, a décroché sa première qualification en 52 ans. Pour les Reggae Boyz, c'est une nouvelle page douloureuse d'une longue histoire d'occasions manquées.

Il y a des défaites qui font mal, et il y a celles qui font mal deux fois. Celle de mardi soir à Guadalajara appartient à la deuxième catégorie. Non seulement parce que les Reggae Boyz ont tenu tête à la RD Congo pendant 90 minutes, non seulement parce qu'ils ont résisté jusqu'en prolongation — mais parce que cette élimination vient rappeler une réalité que les supporters jamaïcains connaissent trop bien : depuis 1998, la Jamaïque n'a plus foulé la pelouse d'une Coupe du monde. 28 ans. Une génération entière.

Un but, une tête, une nation dévastée

La RD Congo avait été la meilleure équipe sur le papier, avec deux tentatives excentrées de Meschack Elia en première période. Mais les Jamaïcains, portés par les percussions de Leon Bailey, ont tenu. Ils ont souffert, repoussé, résisté. Jusqu'à la 100e minute. Sur corner, Axel Tuanzebe reprenait victorieusement de la tête pour envoyer les Léopards au Mondial. 

Un but peu académique, frustrant dans sa simplicité — un corner, une déviation, et tout s'effondre. La Jamaïque a ensuite tenté de revenir, mais face à des Jamaïcains courageux, portés par les percussions de Leon Bailey, la RDC a subi sans jamais rompre.  

« Nous sommes vraiment désolés de ne pas avoir pu gagner », a déclaré le capitaine André Blake, la voix tremblante. « On leur a donné du fil à retordre, mais le football est ainsi. Nous avons tout donné, mais ça n'a pas suffi. »

Bailey, le talent qui ne suffit pas

Leon Bailey. C'est le nom qu'on retient de cette campagne jamaïcaine. L'ailier de l'Aston Villa a été le joueur le plus dangereux des Reggae Boyz, l'homme capable de débloquer une situation à lui seul. Il a frôlé le but à la 35e minute d'une frappe à 35 mètres. Il a semé la panique dans la défense congolaise à plusieurs reprises.

Mais Bailey seul ne peut pas porter une équipe entière jusqu'au Mondial. Et c'est là que réside la vraie question que la Jamaïque doit se poser : comment construire un collectif à la hauteur de ses individualités ?

Une campagne marquée par l'instabilité

Derrière la déception sportive, il y a une réalité structurelle. Les Reggae Boyz avaient déjà subi une déconvenue face à Curaçao lors du dernier tour des qualifications Concacaf. L'entraîneur intérimaire Rudolph Speid, arrivé pour redresser l'équipe après le départ de Steve McClaren, n'a pas eu le temps ni les conditions pour véritablement imprimer sa marque.

« Nous avons fait de notre mieux, mais les circonstances étaient difficiles », a-t-il déclaré après le match, laissant planer le doute sur son avenir. « Ce n'est pas à moi de décider. C'est au conseil d'administration de la JFF. »

Une phrase qui résume à elle seule le problème jamaïcain : une fédération qui navigue à vue, des décisions tardives, une préparation perpétuellement rattrapée par les événements. Tant que la Jamaica Football Federation ne se dotera pas d'un projet sportif cohérent sur plusieurs années, les Reggae Boyz resteront condamnés à courir après un train qu'ils n'arrivent jamais à attraper.

Ce que cette défaite dit du football caribéen

Il faut aussi replacer cette élimination dans son contexte régional. La Jamaïque était la dernière représentante des Caraïbes en lice pour le Mondial. Son élimination signifie qu'aucune nation caribéenne ne sera présente à la Coupe du monde 2026 — un Mondial organisé en Amérique du Nord, aux portes de la région.

C'est une absence qui interroge. Le football caribéen produit des talents de classe mondiale — Bailey, Michail Antonio, Bobby De Cordova-Reid — mais peine à transformer ces individualités en force collective capable de s'imposer sur la scène mondiale. La question du développement des infrastructures, de la formation et de la cohérence des projets fédéraux se pose avec une acuité particulière après cette nuit de Guadalajara.

2030, l'horizon à construire

André Blake a appelé à l'optimisme : « Nous devons garder espoir, rester positifs et travailler pour l'avenir. La Coupe du monde 2030 est déjà dans notre ligne de mire. »

Les mots sont beaux. Mais pour que 2030 ne soit pas une nouvelle désillusion, il faudra plus que des belles paroles. Il faudra un projet, une stabilité, un sélectionneur qui dure. Il faudra que la JFF comprenne enfin que les talents existent — ils jouent dans les meilleures ligues européennes — mais qu'un collectif, ça se construit dans la durée, pas dans l'urgence d'un barrage.

Les Reggae Boyz méritent mieux que ça. Les supporters jamaïcains aussi.