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Lancement de l'ECO la monnaie commune de la CEDEAO pour 2027

Réunis à Lungi, en Sierra Leone, les chefs d'État de la CEDEAO ont réaffirmé leur ambition de lancer la monnaie unique ECO en 2027 — mais en acceptant, cette fois, de composer avec les réalités du terrain plutôt qu'avec le calendrier. Le sommet de Lungi n'a pas produit de rupture spectaculaire, mais un ajustement de méthode qui en dit long sur l'état réel du projet monétaire ouest-africain. Les dirigeants de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest ont confirmé l'objectif de 2027 pour le lancement de l'ECO, tout en actant un principe qui aurait pu être énoncé bien plus tôt : seuls les pays remplissant les critères de convergence macroéconomique entreront dans le dispositif au démarrage. Les autres suivront, accompagnés, à leur rythme. Une convergence qui reste le nœud du problème Ce basculement vers une entrée progressive n'est pas un simple ajustement technique. Il acte l'échec, au moins provisoire, d'une approche unifor...

Affaire Blow : le tribunal donne raison à l’art, pas à l’Elysée

Le tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre a prononcé ce jeudi 21 mai la relaxe du peintre François Moulin, dit « Blow », ainsi que celle d'Anthony Vila, commissaire de l'exposition, et de Philippe Verdol, organisateur de l'événement. En cause : une toile. Une toile que l'Élysée avait jugé suffisamment dangereuse pour mériter un procès. Le tribunal n'a pas suivi.

Une œuvre, un scandale, un procès

Tout commence avec l'exposition Exposé.e.s au chlordécone, tenue au Centre des Arts et de la culture de Pointe-à-Pitre. Parmi les œuvres présentées, la toile « Non-Lieu » de Blow représente un indépendantiste tenant une tête coupée aux traits rappelant ceux d'Emmanuel Macron. L'Élysée y voit une caricature violente du chef de l'État et décide de poursuivre.

Les audiences des 26 et 27 mars derniers se tiennent dans une salle comble. Une dizaine d'avocats assurent la défense du peintre seul. Vila et Verdol sont eux aussi assistés de conseils. Le soutien populaire est visible, palpable : on ne vient pas seulement assister à un procès, on vient témoigner d'une solidarité.

« Non-Lieu » — le titre de la toile était déjà, en soi, une anticipation du verdict.


La liberté d'expression contre le confort présidentiel

La procureure Caroline Calbo avait requis une dispense de peine — formule juridique ambiguë qui aurait reconnu la culpabilité des prévenus sans les sanctionner. Une sortie par la petite porte, ni acquittement ni condamnation réelle. Les avocats de la défense, eux, avaient demandé la relaxe pleine et entière, arguant que l'œuvre relevait de la liberté d'expression artistique. Leur argument central : « Non-Lieu » n'est pas une incitation à la violence contre le président. C'est une dénonciation du scandale du chlordécone — ce pesticide interdit ailleurs mais utilisé aux Antilles pendant des décennies, avec la complicité active ou passive de l'État français.


Le tribunal a suivi la défense. Les trois prévenus sont relaxés.

« Il n'y avait rien d'autre à faire, ils n'avaient pas à faire le procès donc je ne suis ni étonné ni content. Ça m'a tenu en haleine pendant plus d'un an mais il fallait bien que ça arrive à cette fin. Je vais continuer à peindre tant pis pour ceux que ça peut provoquer. »

François Moulin alias « Blow », artiste peintre


Le chlordécone derrière la toile

On aurait tort de réduire cette affaire à une confrontation entre un artiste provocateur et un président susceptible. Derrière la tête coupée, il y a quarante ans d'empoisonnement des terres et des corps antillais. Le chlordécone, classé cancérigène possible, a contaminé durablement les sols de Guadeloupe et de Martinique. Des générations portent les conséquences sanitaires de décisions prises à Paris. L'État a tardé, minimisé, nié.

Peindre ce scandale avec la violence symbolique qu'il mérite, c'est ce qu'a fait Blow. Le procès lui a donné une tribune imprévue. La relaxe lui donne raison.

Le droit a dit ce que la politique n'a pas eu le courage de reconnaître : représenter la violence d'État, ce n'est pas commettre une violence.