Le 19 juin au 17 juillet 2027. La CAF a officialisé ce 2 mai les dates de la prochaine Coupe d'Afrique des nations, co-organisée pour la première fois de l'histoire par trois pays — Kenya, Tanzanie, Ouganda. Le pays hôte du match d'ouverture et celui de la finale seront communiqués ultérieurement.
L'annonce a le mérite de la clarté. Elle dit aussi autre chose : la CAF ne veut pas entendre parler d'un report. En février, l'institution avait déjà démenti des informations de presse évoquant un renvoi à 2028. Patrice Motsepe, son président, avait réaffirmé depuis Dar es-Salaam que l'engagement restait « intact ». Le communiqué du 2 mai enfonce le clou.
Le problème, c'est que les doutes, eux, restent entiers. Stades à construire ou à rénover, réseaux de transport insuffisants, capacité hôtelière limitée — les trois pays accusent des retards significatifs. Et ce n'est pas seulement une question d'infrastructures. Au Kenya, des élections législatives et présidentielle sont prévues un mois après la finale. Nicholas Musonye, président du Comité d'organisation kényan, a lui-même déclaré à l'AFP qu'un report serait « bénéfique » au vu du « climat tendu » qui entoure ces scrutins. Quand l'organisateur local appelle discrètement au report, c'est que la situation est sérieuse.
La CAF, elle, regarde au-delà des contingences immédiates. Attribuer la CAN à l'Afrique de l'Est, c'est un choix politique autant que sportif. La région n'avait plus accueilli le tournoi depuis l'Éthiopie en 1976 — cinquante ans d'absence. Face à une compétition historiquement captée par l'Afrique du Nord et l'Afrique de l'Ouest, le signal envoyé à Nairobi, Kampala et Dar es-Salaam est celui d'une reconnaissance tardive mais réelle.
Reste à transformer l'essai. Le tirage au sort des éliminatoires se tiendra le 19 mai. 48 équipes seront réparties en 12 groupes de quatre, avec un calendrier de qualifications en six journées : septembre-octobre 2026, novembre 2026, mars 2027. Les deux premiers de chaque groupe décrocheront leur billet pour la phase finale. Soudan du Sud, Lesotho, Érythrée, Burundi, Éthiopie et Somalie ont déjà validé leur participation au tour préliminaire.
D'ici là, la CAF a un an pour transformer un pari institutionnel en réalité opérationnelle. Le football est là. Les stades, pas encore tout à fait.