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Lancement de l'ECO la monnaie commune de la CEDEAO pour 2027

Réunis à Lungi, en Sierra Leone, les chefs d'État de la CEDEAO ont réaffirmé leur ambition de lancer la monnaie unique ECO en 2027 — mais en acceptant, cette fois, de composer avec les réalités du terrain plutôt qu'avec le calendrier. Le sommet de Lungi n'a pas produit de rupture spectaculaire, mais un ajustement de méthode qui en dit long sur l'état réel du projet monétaire ouest-africain. Les dirigeants de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest ont confirmé l'objectif de 2027 pour le lancement de l'ECO, tout en actant un principe qui aurait pu être énoncé bien plus tôt : seuls les pays remplissant les critères de convergence macroéconomique entreront dans le dispositif au démarrage. Les autres suivront, accompagnés, à leur rythme. Une convergence qui reste le nœud du problème Ce basculement vers une entrée progressive n'est pas un simple ajustement technique. Il acte l'échec, au moins provisoire, d'une approche unifor...

EBOLA 2026 : L'Africa CDC identifie dix pays à risque de contamination.

L'alerte est sérieuse. Réuni en conférence de presse le 23 mai, le président de l'Agence sanitaire de l'Union africaine (Africa CDC), Jean Kaseya, a nommé dix pays africains exposés à un risque de propagation du virus Ebola : le Soudan du Sud, le Rwanda, le Kenya, la Tanzanie, l'Éthiopie, le Congo-Brazzaville, le Burundi, l'Angola, la République centrafricaine et la Zambie. En toile de fond, une épidémie qui frappe l'est de la RDC — son épicentre — et qui a déjà franchi une première frontière, celle de l'Ouganda.

La RDC face à sa 17e épidémie

C'est un chiffre qui dit à lui seul l'histoire tourmentée de ce pays avec le virus : la RDC affronte sa 17e épidémie d'Ebola. Selon Jean Kaseya, elle constitue « la deuxième plus importante que nous connaissons au monde ». Le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a de son côté alerté le 22 mai sur une propagation « rapide » : près de 750 cas suspects et 177 décès recensés dans un pays de 100 millions d'habitants, dont une grande partie vit dans des zones où les infrastructures sanitaires restent précaires.

L'Organisation mondiale de la santé a déclenché une alerte sanitaire internationale. La souche en cause est la variante Bundibugyo — pour laquelle il n'existe à ce jour ni vaccin ni traitement homologué. Les mesures d'endiguement reposent donc essentiellement sur la détection rapide des cas, le traçage des contacts et le respect des gestes barrières. Des outils dont l'efficacité est directement corrélée aux moyens disponibles sur le terrain.

Cinq cas confirmés en Ouganda, les transports suspendus

L'Ouganda a franchi un cap supplémentaire dans la crise. Après avoir confirmé deux premiers cas le 15 mai, dont un décès, le ministère de la Santé ougandais a annoncé le 23 mai trois nouvelles contaminations, portant le total à cinq. Parmi eux : un chauffeur qui avait transporté le premier cas confirmé, une professionnelle de santé contaminée lors de soins prodigués à ce même patient, et une ressortissante congolaise arrivée en Ouganda par voie aérienne. Les deux premiers sont actuellement sous traitement. Tous les contacts identifiés font l'objet d'un suivi.

Dès le 21 mai, Kampala avait suspendu l'ensemble des transports publics à destination de la RDC — décision révélatrice de la gravité perçue par les autorités régionales.

Un virus moins contagieux que le Covid, mais dévastateur

Rappel utile dans un contexte où la panique peut précéder l'information : Ebola n'est pas aussi contagieux que le Covid-19 ou la rougeole. La transmission se fait par contact direct avec les fluides corporels d'une personne infectée, et non par voie aérienne. Ce facteur a jusqu'ici limité les pandémies mondiales.

Mais le virus reste d'une létalité redoutable, et son bilan africain sur cinquante ans dépasse les 15 000 morts. La fièvre hémorragique qu'il provoque frappe des populations déjà vulnérables, dans des territoires souvent en proie à des conflits armés — comme l'est de la RDC, où l'accès humanitaire est structurellement compromis.

Une crise sanitaire dans un désert politique

Ce qui se joue ici ne se réduit pas à une question virologique. Dix pays identifiés à risque, une souche sans vaccin disponible, un épicentre en zone de guerre : les conditions sont réunies pour une aggravation rapide. La réponse internationale, elle, tarde toujours à se matérialiser à la hauteur des enjeux — et les coupes budgétaires qui frappent les agences onusiennes depuis plusieurs mois n'arrangent rien.

L'Afrique, une fois de plus, affronte une urgence sanitaire avec les moyens qu'on a bien voulu lui laisser.