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Lancement de l'ECO la monnaie commune de la CEDEAO pour 2027

Réunis à Lungi, en Sierra Leone, les chefs d'État de la CEDEAO ont réaffirmé leur ambition de lancer la monnaie unique ECO en 2027 — mais en acceptant, cette fois, de composer avec les réalités du terrain plutôt qu'avec le calendrier. Le sommet de Lungi n'a pas produit de rupture spectaculaire, mais un ajustement de méthode qui en dit long sur l'état réel du projet monétaire ouest-africain. Les dirigeants de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest ont confirmé l'objectif de 2027 pour le lancement de l'ECO, tout en actant un principe qui aurait pu être énoncé bien plus tôt : seuls les pays remplissant les critères de convergence macroéconomique entreront dans le dispositif au démarrage. Les autres suivront, accompagnés, à leur rythme. Une convergence qui reste le nœud du problème Ce basculement vers une entrée progressive n'est pas un simple ajustement technique. Il acte l'échec, au moins provisoire, d'une approche unifor...

Israël relance l’idée d’une Gaza vidée de sa population palestinienne

Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a réaffirmé mercredi la volonté du gouvernement israélien de mettre en œuvre un plan de départ massif des Palestiniens de Gaza, dans le cadre d’une stratégie présentée depuis plusieurs mois par les autorités israéliennes comme une « migration volontaire ».

Dans une déclaration publiée après l’assassinat ciblé de Mohammed Odeh, présenté comme le dernier commandant militaire du Hamas encore en fonction dans l’enclave, Katz a assuré qu’Israël poursuivrait son objectif d’empêcher durablement le mouvement islamiste de reprendre le contrôle du territoire — tout en avançant sur un projet d’émigration de la population palestinienne de Gaza.

« Nous nous sommes engagés à ce que le Hamas ne gouverne pas Gaza, ni civilement ni militairement, et il en sera ainsi. Le plan d’émigration volontaire de Gaza sera également mis en œuvre », a déclaré le ministre dans un message publié sur les réseaux sociaux. « Tout se fera en temps voulu et de la bonne manière. »

Ces déclarations interviennent alors que plusieurs organisations internationales, juristes et ONG israéliennes alertent depuis des mois sur le fait que les politiques menées par Israël dans la bande de Gaza pourraient relever d’une stratégie de déplacement forcé de population.

Une politique dénoncée comme un projet de nettoyage ethnique

Depuis le début de la guerre, plusieurs responsables israéliens ont publiquement évoqué la possibilité d’un départ à grande échelle des Palestiniens de Gaza vers d’autres pays. Cette perspective a gagné en visibilité après les déclarations de Donald Trump, qui avait évoqué l’idée de « nettoyer » Gaza afin de permettre sa reconstruction.

Dans la foulée, le gouvernement israélien a créé un bureau chargé de l’« émigration volontaire » et facilité les procédures de sortie du territoire pour certains Palestiniens souhaitant quitter l’enclave sans garantie de retour.

Mais pour de nombreuses organisations de défense des droits humains, le terme de « migration volontaire » ne résiste pas à l’analyse des conditions imposées à la population gazaouie depuis le début du conflit : destructions massives, déplacements internes répétés, pénuries alimentaires, effondrement des infrastructures civiles et pression militaire constante.

L’Association pour les droits civils en Israël avait notamment averti l’an dernier que :

« Créer des conditions de vie qui ne permettent ni la survie, ni la liberté, ni la dignité, et y soumettre les civils jusqu’à ce qu’ils disent vouloir partir n’est pas un plan visant à “encourager l’émigration volontaire”, mais un plan d’évacuation et d’expulsion forcées. »

En droit international, le transfert forcé de populations civiles est considéré comme un crime de guerre et peut également constituer un crime contre l’humanité.

Une contradiction avec les engagements pris dans le cadre du cessez-le-feu

Les propos de Katz soulèvent également des questions sur la compatibilité de cette stratégie avec les engagements pris dans le cadre du plan de cessez-le-feu soutenu par l’administration Trump et accepté par Israël l’année dernière.

Le deuxième point du texte prévoyait explicitement que :

« Gaza sera réaménagée au profit de la population de Gaza, qui a déjà trop souffert. »

Toute politique visant à encourager ou organiser un départ massif des habitants du territoire apparaît donc en contradiction avec l’esprit de cet engagement, qui reposait sur une reconstruction de Gaza pour ses habitants et non sans eux.

Interrogé sur cette contradiction, le ministère israélien de la Défense n’a pas répondu publiquement aux demandes de clarification concernant le respect des termes du cessez-le-feu.

Un discours qui s’inscrit aussi dans le contexte politique israélien

Ces déclarations interviennent dans un climat politique particulièrement tendu en Israël, alors que des élections doivent se tenir d’ici la fin du mois d’octobre.

Selon Mairav Zonszein, le gouvernement de Benjamin Netanyahu cherche également à consolider son positionnement sécuritaire auprès de l’opinion publique israélienne.

« Parce que nous envisageons une prolongation du cessez-le-feu et une désescalade de la situation en Iran et au Liban, Israël – et Netanyahu en particulier – cherchera des moyens de montrer qu’il agit sur le front de la sécurité, et cela implique d’exercer sa force militaire », explique-t-elle.

L’analyste estime également que le débat politique intérieur israélien a profondément évolué depuis le début de la guerre :

« Malheureusement, parler de nettoyage ethnique à Gaza ne vous nuira pas forcément sur le plan politique intérieur. En fait, cela pourrait même vous être utile. »

Au-delà des déclarations, c’est désormais la question de l’avenir même de Gaza qui se joue : celle d’un territoire destiné à être reconstruit pour sa population, ou transformé à travers le départ massif de ses habitants.