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Lancement de l'ECO la monnaie commune de la CEDEAO pour 2027

Réunis à Lungi, en Sierra Leone, les chefs d'État de la CEDEAO ont réaffirmé leur ambition de lancer la monnaie unique ECO en 2027 — mais en acceptant, cette fois, de composer avec les réalités du terrain plutôt qu'avec le calendrier. Le sommet de Lungi n'a pas produit de rupture spectaculaire, mais un ajustement de méthode qui en dit long sur l'état réel du projet monétaire ouest-africain. Les dirigeants de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest ont confirmé l'objectif de 2027 pour le lancement de l'ECO, tout en actant un principe qui aurait pu être énoncé bien plus tôt : seuls les pays remplissant les critères de convergence macroéconomique entreront dans le dispositif au démarrage. Les autres suivront, accompagnés, à leur rythme. Une convergence qui reste le nœud du problème Ce basculement vers une entrée progressive n'est pas un simple ajustement technique. Il acte l'échec, au moins provisoire, d'une approche unifor...

RDC. Dix-septième flambée, zéro vaccin.

La République démocratique du Congo affronte une nouvelle flambée d'Ebola. La dix-septième depuis 1976. Cette fois, la souche en cause est le variant Bundibugyo. Il n'existe aucun vaccin contre lui.

Les cas suspects ont été recensés principalement dans les zones de santé de Mongwalu et de Rwampara, en province de l'Ituri. Des cas ont également été signalés à Bunia, capitale provinciale. L'Ituri, c'est l'est profond du Congo. Plus de mille kilomètres de Kinshasa. Des routes défoncées. Une sécurité en lambeaux. 

À ce stade, 88 décès vraisemblablement liés au virus ont été enregistrés, sur 336 cas suspects, selon le dernier bilan de l'Africa CDC publié samedi 17 mai. Ces chiffres sont à manier avec précaution : seuls quatre décès ont pour l'instant été confirmés en laboratoire. Le foyer se situe dans une zone difficilement accessible, peu d'échantillons ont été testés. Le reste repose sur des suspicions cliniques. Ce qui signifie que le bilan réel est probablement encore inconnu. 

La souche change tout.

Ebola n'est pas un virus unique. C'est une famille. Le variant Zaïre, responsable des épidémies les plus meurtrières, dispose aujourd'hui d'un vaccin approuvé et d'un traitement. Le variant Bundibugyo, à l'origine de cette épidémie, ne bénéficie d'aucun vaccin à ce jour. Les équipes déployées sur le terrain n'ont donc pas d'outil préventif disponible. Elles travaillent à l'isolement, au traçage, aux enterrements sécurisés. Les mêmes méthodes qu'en 1976. 

Un contexte qui aggrave tout.

L'une des grandes inquiétudes de l'Africa CDC tient à la proximité des zones touchées avec l'Ouganda et le Soudan du Sud. Bunia se trouve près de la frontière ougandaise. La flambée a déjà fait un mort en Ouganda voisin. La contagion transfrontalière n'est plus une hypothèse. C'est un fait. 

L'Africa CDC souligne également un risque de propagation lié aux importants mouvements de population, notamment ceux liés à l'exploitation minière, ainsi qu'aux crises sécuritaires dans les zones concernées. Des attaques de groupes armés ont fait des dizaines de morts et déplacé des milliers de personnes en Ituri au cours de l'année écoulée. 

On ne circoncit pas une épidémie dans un territoire de guerre. Les chaînes de transmission restent ouvertes tant que les populations fuient.

Le financement, nerf de la guerre.

Lors de la précédente flambée, qui a duré trois mois, l'OMS a rencontré d'importantes difficultés pour acheminer les vaccins, qui n'ont été disponibles qu'une semaine après la confirmation de l'épidémie. Les responsables de la santé se sont inquiétés de l'impact des récentes coupes dans les financements américains. Les États-Unis avaient soutenu les précédentes réponses aux épidémies d'Ebola en RDC, notamment en 2021, lorsque l'USAID avait mobilisé jusqu'à 11,5 millions de dollars pour appuyer les efforts menés à travers l'Afrique. 

Ces financements ont été réduits. L'administration Trump a restructuré l'USAID. Le vide ne s'est pas comblé tout seul.

Une répétition sans fin.

La flambée actuelle survient environ cinq mois après la déclaration officielle de la fin de la précédente épidémie d'Ebola en RDC, en décembre 2025, qui avait fait 43 morts. L'épidémie la plus meurtrière, entre 2018 et 2020, avait fait près de 2 300 morts pour 3 500 malades. En cinquante ans, le virus a tué plus de 15 000 personnes sur le continent. 

Dix-sept flambées. Toujours dans les mêmes provinces. Toujours les mêmes manques : routes, laboratoires, financement, sécurité. La RDC est le deuxième plus vaste pays d'Afrique. Elle est aussi l'un des plus sous-dotés en infrastructures sanitaires. Ce n'est pas un hasard. C'est le résultat d'un siècle de prédation et de décennies d'ajustements structurels.

Ebola revient. Parce que les conditions qui l'accueillent n'ont pas changé.