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Lancement de l'ECO la monnaie commune de la CEDEAO pour 2027

Réunis à Lungi, en Sierra Leone, les chefs d'État de la CEDEAO ont réaffirmé leur ambition de lancer la monnaie unique ECO en 2027 — mais en acceptant, cette fois, de composer avec les réalités du terrain plutôt qu'avec le calendrier. Le sommet de Lungi n'a pas produit de rupture spectaculaire, mais un ajustement de méthode qui en dit long sur l'état réel du projet monétaire ouest-africain. Les dirigeants de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest ont confirmé l'objectif de 2027 pour le lancement de l'ECO, tout en actant un principe qui aurait pu être énoncé bien plus tôt : seuls les pays remplissant les critères de convergence macroéconomique entreront dans le dispositif au démarrage. Les autres suivront, accompagnés, à leur rythme. Une convergence qui reste le nœud du problème Ce basculement vers une entrée progressive n'est pas un simple ajustement technique. Il acte l'échec, au moins provisoire, d'une approche unifor...

Teknival de Cornusse : délit de fête

 

Donc ça, c'est interdit ? Le week-end du 2 mai, jusqu'à 40 000 personnes ont convergé vers un champ de tir militaire à Cornusse, dans le Cher — …à deux pas de Bourges, ville natale de Laurent Nuñez. Une free-party. Un teknival. Écouter du son fort, diffusé par un énorme sound system, une question de liberté publique qui nous concerne tous. Un rassemblement illégal, selon les autorités. Suffisamment grave pour mobiliser 600 gendarmes, dépêcher un ministre sur place et faire tourner les chaînes d'info en boucle pendant trois jours. Des jeunes qui se réunissent pour faire la fête, passer un bon moment en écoutant de la musique. Vraiment ?

En tant que parent, si mon enfant me dit qu'il va à une soirée dans un champ avec de la musique forte, je n'ai pas l'impression qu'il s'apprête à commettre un crime d'État. Et pourtant.

On apprend que le site est un terrain militaire. Dangereux, dit la préfecture — des munitions non explosées pourraient s'y trouver. Troublante révélation non ? Cela signifie-t-il qu'on a laissé des décennies durant un champ de tir de la DGA potentiellement miné sans jamais vraiment s'en préoccuper ? Aaaah ce n'est pas le sujet ? Le sujet, ce sont les teuffeurs. Pardon.

On apprend aussi que les organisateurs ont installé des bennes, organisé des pauses nettoyage, trié les déchets. Le site est propre, témoignent les participants. Mince! Vite, un autre motif. La drogue. Trente-trois blessés, dont cinq graves liés à la consommation de stupéfiants, annonce Nuñez. Sur 40 000 personnes présentes. Soit un taux de 0,08 %. Un samedi soir ordinaire dans n'importe quelle ville de France fait probablement pire.

Parce qu'il faut le dire : les organisateurs ont joué un coup. Bourges, ville natale de Nuñez, porteur du projet Ripost — ce n'est pas un hasard. C'était une invitation. Ils l'ont forcé à venir sur leur terrain, au sens propre. Et pendant qu'il posait devant les caméras avec les gendarmes, eux démontraient point par point que l'image du teuffeur crasseux et incontrôlable est une fiction : bennes à ordures, pauses nettoyage, tri des déchets, 40 000 personnes mobilisées sans incident majeur. La vraie démonstration de force du week-end, ce n'était pas celle des 600 gendarmes. C'était la leur. Et tout le monde l'a vu — y compris ceux qui organiseront, financeront ou rejoindront le prochain.

Et les médias dans tout ça ? Pas un pour modérer, minorer, ou simplement dire qu'on croit rêver. Envoyés spéciaux dépêchés dans le Cher, éditos graves, décomptes des verbalisations égrainés en direct. Comme si aucun de ces journalistes n'avait jamais, un jour, dans une vie antérieure, mis les pieds dans une grande fête non déclarée en préfecture. Une fête.

Mais le plus fascinant reste ailleurs. Rendez-vous compte : ces DJs parviennent à tenir 40 000 personnes mobilisées, debout, concentrées, pendant des jours et des nuits entières. Quand il est quasi impossible à un professeur de maintenir l'attention d'un élève plus de vingt minutes. C'est évidemment la preuve d'une drogue auditive. Ils en redemandent, d'ailleurs. Scandaleux.

Remarquez, avant, on savait faire la fête correctement. Il y avait les bals de fin d'année, la salle des fêtes, le parquet ciré. On ne se salissait pas dans un champ au milieu de nulle part. Ces jeunes-là ne dansent pas — ils se vautrent. Et ils appellent ça faire la fête.

On pourrait objecter que la loi existe. C'est vrai. Depuis 2001, la loi sur la sécurité quotidienne encadre les rassemblements musicaux de grande ampleur : déclaration préalable, possibilité d'interdiction, saisie du matériel. L'objectif affiché est triple — sécurité, nuisances sonores, prévention des trafics. Rien à redire sur le principe.

Mais le projet "Ripost" franchit un autre seuil. Il ne s'agit plus d'encadrer : il crée un délit de participation. Être présent devient punissable. Tu as une sono, un terrain, des amis. Tu envoies un message pour que chacun puisse en inviter d'autres. C'est spontané, convivial, humain — à condition d'avoir préalablement convié un type en écharpe tricolore. Sinon, Trésor Public. Au rythme où ça va, bientôt on n'aura plus le droit d'en parler, sous peine d'apologie de free party.

Ce qui est révélateur dans toute cette agitation, c'est le choix politique qu'elle expose : criminaliser la fête plutôt que l'encadrer. Dépenser des millions en dispositif répressif plutôt qu'en réduction des risques. Envoyer le préfet de police en grande pompe plutôt que des médiateurs. Faire des gros titres plutôt que de la politique de santé publique.

Et pendant ce temps, à l'Assemblée nationale, on sniffe tranquillement. Mais là, au moins, c'est de l'alcool mondain.

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