À LA UNE

Après les « Three Kings », le MMA africain cherche ses héritiers

En 2021 et 2022, trois combattants africains ont détenu en même temps trois ceintures de l’UFC. Quatre ans plus tard, la défaite d’Ateba Gautier rappelle que cette parenthèse n’a pas trouvé de suite, et que le chemin entre le continent et le sommet reste étroit. Un samedi qui referme une porte Le 3 octobre, à Salt Lake City, Ateba Gautier devait confirmer. Le Camerounais de 24 ans arrivait à l’UFC 332 invaincu en cinq combats dans l’organisation, dont quatre gagnés avant la limite. Face à lui, le Russe Roman Kopylov, donné perdant par les bookmakers. Il aura fallu 3 minutes et 12 secondes de premier round pour inverser le scénario. Certains fans l’avaient surnommé « mini Ngannou », un surnom qu’il récuse lui-même. À 24 ans et avec 11 victoires pour 2 défaites en carrière, il a le temps de rebondir. Mais le continent, lui, n’a pas le même luxe : il attendait de cette montée en puissance un visage pour la suite. Les rois ont vieilli Francis Ngannou, Israel Adesanya et Kamaru Usman on...

Accords USA-Iran : le grand absent s'appelle Gaza

 

À lire les différents points de l'accord conclu entre Washington et Téhéran, un détail saute aux yeux : Gaza n'existe pas.

Le document évoque le nucléaire iranien, les inspections de l'Agence internationale de l'énergie atomique, la levée progressive des sanctions, la réouverture du détroit d'Ormuz, les avoirs gelés de l'Iran, les mécanismes de désescalade au Liban et même les modalités d'une future normalisation régionale. Mais Gaza ? Rien. Pas une ligne. Pas une clause. Pas même une référence indirecte.

Cette absence n'est pas un oubli diplomatique. Elle constitue probablement le message le plus important de l'accord.

Depuis des mois, la question palestinienne était présentée comme l'un des grands enjeux géopolitiques du Moyen-Orient. Les images de destruction, les dizaines de milliers de victimes, les mises en garde des organisations humanitaires et les manifestations internationales semblaient avoir replacé Gaza au centre des préoccupations mondiales. Pourtant, lorsque les deux puissances qui se sont affrontées indirectement pendant des décennies se retrouvent à la table des négociations, la priorité devient ailleurs : nucléaire, sécurité maritime, sanctions économiques, équilibre régional.

Le contraste est saisissant.

L'Iran a obtenu que le Liban soit explicitement intégré aux discussions. Les questions relatives au Hezbollah, aux cessez-le-feu et aux mécanismes de prévention des affrontements figurent parmi les sujets traités. Pourtant, le mouvement Hamas, pourtant présenté depuis des années comme un maillon de « l'axe de la résistance » soutenu par Téhéran, disparaît pratiquement du paysage diplomatique.

Comme si Gaza était devenue un dossier clos.

Comme si les grandes puissances avaient déjà acté que l'avenir de l'enclave serait décidé ailleurs, plus tard, ou peut-être jamais.

Cette omission révèle une réalité souvent masquée par les discours officiels : dans les négociations internationales, les priorités ne sont pas nécessairement les tragédies humaines les plus visibles. Elles sont déterminées par les rapports de force, les intérêts stratégiques et les équilibres de puissance. Le détroit d'Ormuz représente une artère essentielle du commerce mondial. Le programme nucléaire iranien constitue une préoccupation majeure pour Washington. Les sanctions touchent directement les marchés énergétiques internationaux. Gaza, malgré son importance morale et politique, ne pèse pas du même poids dans cette équation.

Certains observateurs y voient même un tournant historique. Le fait que l'accord mentionne le Liban mais ignore totalement Gaza pourrait signifier que la question palestinienne n'est plus considérée comme un levier indispensable dans la relation entre les États-Unis et l'Iran. Un expert du Middle East Institute résume crûment cette réalité : l'accord traite du Liban mais « ne dit rien de Gaza ». Selon cette lecture, Téhéran a bataillé pour préserver ses intérêts stratégiques régionaux, tandis que le Hamas n'a obtenu aucune garantie ni aucune mention spécifique.

La leçon est brutale.

Pendant des décennies, de nombreux acteurs politiques du Moyen-Orient ont affirmé que la question palestinienne constituait le cœur de tous les conflits régionaux. L'accord américano-iranien semble raconter une autre histoire : lorsqu'il s'agit de conclure un compromis entre États, Gaza peut être reléguée au second plan, voire disparaître complètement du texte.

L'absence d'un mot est parfois plus éloquente que des pages entières de déclarations.

Et dans cet accord, le silence sur Gaza résonne comme un constat inquiétant : pour les négociateurs, la guerre continue peut-être, mais la question palestinienne ne figure plus parmi les priorités immédiates.