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Pacte européen sur la migration : le droit d'asile entre en procédure

C'est entré en vigueur aujourd'hui, 12 juin 2026. Le Pacte de l'Union européenne sur la migration et l'asile — adopté en mai 2024, deux ans de délai d'application — est désormais du droit contraignant pour les vingt-sept. Dix textes législatifs. Une refonte complète de la manière dont l'Europe gère ses frontières, instruit les demandes de protection, et répartit — ou évite de répartir — ses responsabilités. Ce que ça change pour ceux qui arrivent Le Pacte renforce considérablement le contrôle aux frontières extérieures de l'Union européenne. Toute personne arrivant de manière irrégulière, qu'elle sollicite ou non une protection internationale, est désormais soumise à un filtrage systématique dans des zones dédiées. Concrètement : avant même qu'une demande d'asile soit instruite, chaque arrivant est enregistré, photographié, prélevé biométriquement. La base de données Eurodac est élargie : elle intégrera désormais des images faciales et des donn...

Coupe du Monde #7 : Dix lions pour un mondial

Pendant 6 jours, on a regardé ce Mondial sous un autre angle : le ballon connecté, les maillots comme manifestes identitaires, l'empire des sites de paris, la nouvelle géographie du football mondial, l'interdiction des vuvuzelas. Aujourd'hui, la compétition commence. Il est temps de parler football.

Ce jeudi 11 juin, à 21h, l'Estadio Azteca de Mexico donne le coup d'envoi de la plus grande Coupe du monde de l'histoire. Quarante-huit équipes. Cent quatre matchs. Trente-huit jours. Et pour la première fois depuis que ce tournoi existe, dix nations africaines sur la pelouse.

Dix.

Ce chiffre mérite qu'on s'y arrête. Pas comme un symbole. Comme un fait brut, lourd de tout ce que le football africain a accumulé de frustrations, d'exploits isolés et de promesses non tenues depuis 1970.

Le même match, une autre histoire

Le hasard – ou la FIFA, ce qui revient souvent au même – a voulu que ce Mondial 2026 s'ouvre exactement comme celui de 2010 : Mexique contre Afrique du Sud. Seize ans après le nul 1-1 à Johannesburg, le but de Siphiwe Tshabalala et l'égalisation de Rafael Marquez, les deux mêmes nations se retrouvent sous les projecteurs pour lancer la compétition. 

Mais le contexte est inversé. En 2010, l'Afrique du Sud portait les espoirs de tout un continent depuis son propre sol. En 2026, ce sont les Bafana Bafana qui foulent la pelouse d'un stade étranger, mythique entre tous. Les Mexicains bénéficient de l'avantage du terrain, avec des dizaines de milliers de supporters dans les gradins, et la pression de réussir leur entrée dans la compétition. 

Pour l'Afrique du Sud, l'enjeu est différent. Revenir sur la scène mondiale après seize ans d'absence, face au pays hôte, dans l'enceinte qui a accueilli trois matches d'ouverture de Coupe du monde. Un résultat positif contre le pays hôte constituerait l'une des premières surprises de cette édition. Ce serait aussi, pour les Bafana Bafana, le signe que leur retour est plus qu'anecdotique. 

Le tirage : des affiches de gala, des trajectoires différentes

Les dix sélections africaines ne sont pas concentrées dans une seule partie du tableau. Elles sont réparties dans plusieurs groupes, ce qui offrira au continent des affiches très variées dès la phase de groupes. 

Certaines ont hérité du feu. Le Maroc débutera dans un groupe où le Brésil fait figure d'immense favori. L'Algérie aura droit à une affiche de prestige contre l'Argentine. Le Sénégal croisera la route de la France — le même adversaire qu'en 2002, la même affiche, vingt-quatre ans plus tard. D'autres ont un groupe plus prenable : la Côte d'Ivoire se retrouve dans le groupe E avec l'Allemagne, Curaçao et l'Équateur. Si la Mannschaft fait figure de favorite naturelle, les Éléphants peuvent raisonnablement envisager une qualification. 

Et puis il y a le Cap-Vert, néophyte absolu, et la RD Congo, revenant épique. Les Congolais, qui avaient éliminé lors des barrages africains les géants camerounais et nigérians, ont qualifié une dixième équipe du continent. La RD Congo défiera le Portugal, l'Ouzbékistan et la Colombie dans le groupe K. 

Ce qu'on attend vraiment

Le Maroc reste la référence. Depuis la demi-finale de Qatar 2022, les Lions de l'Atlas ont redéfini ce que l'Afrique peut espérer d'un Mondial. L'effet de surprise ne jouera plus. Mais une équipe solide sur toutes les lignes, portée par Hakimi et Brahim Diaz, n'a pas besoin de la surprise pour inquiéter le Brésil.

Le Sénégal de Sadio Mané, 34 ans et toujours l'arme principale des Lions, vise au moins les quarts. L'Algérie, absente depuis 2014 et son huitième de finale mémorable contre l'Allemagne, revient avec une équipe différente mais une ambition identique.

Derrière eux, l'Égypte de Mohamed Salah — qui fêtera ses 34 ans le 15 juin, jour de son entrée en lice contre la Belgique — porte sur ses épaules toute une génération de supporters qui n'ont jamais vu leur sélection gagner un match en phase finale de Coupe du monde.

Ce que ces dix équipes représentent

Dix représentants sur quarante-huit, c'est le résultat direct du nouveau format voulu par la FIFA. On peut débattre des motivations commerciales et géopolitiques derrière l'élargissement à 48 équipes — et on l'a fait dans cette série. Il n'empêche : pour des dizaines de millions de supporters sur le continent et dans la diaspora, c'est dix fois plus de raisons de se lever la nuit, de vivre un match comme une affaire personnelle, de transmettre quelque chose à ceux qui n'ont pas connu 1990 ou 2002.

Dans les 44 autres pays d'Afrique qui ne participent pas à cette Coupe du monde 2026, chacun a ses favoris et y va de ses pronostics. La République centrafricaine, qui n'a jamais participé à un Mondial, regarde. Le Rwanda regarde. Le Zimbabwe regarde. Ils regardent Mané, Salah, Hakimi, et cette génération de footballeurs africains formés en Europe, revenus en sélection avec la conviction que le plafond de verre peut encore être brisé.

Il a été fissuré au Qatar. Il peut s'effondrer ici.