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Après les « Three Kings », le MMA africain cherche ses héritiers

En 2021 et 2022, trois combattants africains ont détenu en même temps trois ceintures de l’UFC. Quatre ans plus tard, la défaite d’Ateba Gautier rappelle que cette parenthèse n’a pas trouvé de suite, et que le chemin entre le continent et le sommet reste étroit. Un samedi qui referme une porte Le 3 octobre, à Salt Lake City, Ateba Gautier devait confirmer. Le Camerounais de 24 ans arrivait à l’UFC 332 invaincu en cinq combats dans l’organisation, dont quatre gagnés avant la limite. Face à lui, le Russe Roman Kopylov, donné perdant par les bookmakers. Il aura fallu 3 minutes et 12 secondes de premier round pour inverser le scénario. Certains fans l’avaient surnommé « mini Ngannou », un surnom qu’il récuse lui-même. À 24 ans et avec 11 victoires pour 2 défaites en carrière, il a le temps de rebondir. Mais le continent, lui, n’a pas le même luxe : il attendait de cette montée en puissance un visage pour la suite. Les rois ont vieilli Francis Ngannou, Israel Adesanya et Kamaru Usman on...

"Je veux juste manger de la vraie nourriture »

À écouter Adam, 34 ans, on pourrait croire qu’il suit un régime alimentaire à la mode. Pourtant, il s’en défend immédiatement. Ce qu’il revendique, c’est autre chose : une exigence simple, presque évidente. Et pourtant, c’est lui le relou de service.

« Je mange de tout… enfin, de tout ce qui ressemble encore à de la nourriture »

« Je ne suis ni végétarien, ni végétalien, ni carnivore militant. Je ne me revendique d’aucune chapelle alimentaire. Je mange de tout. Enfin… de tout ce qui ressemble encore à de la nourriture. »

Adam se définit comme « nutrigeant ». Un mot qu’il a forgé lui-même pour décrire une posture qu’aucune étiquette existante ne résume vraiment : savoir ce qu’il met dans son assiette. Pas de régime. Pas d’idéologie. Juste une ligne qu’il ne franchit pas.

Adam a une règle simple.

« Tout ce que tu trouves dans ma nourriture, tu devrais pouvoir le retrouver de manière isolée dans la nature. »

Cette phrase est quasiment la définition du mot « nutrigeant ». C’est son manifeste en une ligne.

« Je veux juste manger des trucs naturels. Mais c’est bizarre, parce que c’est moi qui passe pour un relou. J’ai le droit, et je fais le choix, de ne pas vouloir manger des aliments transformés remplis de composants dont je ne vois ni la nécessité ni l’intérêt dans une alimentation normale. Pas de E-machin, pas d’exhausteurs de goût, pas d’arômes chimiques. Tous mes ingrédients, tu les trouves aussi bien dans la nature que dans le dictionnaire. »

Faire ses courses : presque une enquête

Pour lui, le plus compliqué n’est pas de cuisiner. C’est de faire ses courses.

« Aujourd’hui, il faut presque enquêter avant d’acheter quelque chose. Même pour les fruits et légumes, je fais attention. Certains pays traitent à mort. Tu peux avoir l’impression d’acheter un produit sain alors qu’il a reçu une quantité énorme de pesticides ou de traitements post-récolte. »

Adam ne prétend pas atteindre la perfection. Il reconnaît que l’alimentation moderne rend impossible le contrôle absolu de tout ce que l’on consomme.

« Je ne suis pas obsédé. Je fais juste des arbitrages. Je préfère acheter moins mais mieux. Quand je lis une étiquette et que je vois une liste interminable d’ingrédients dont la moitié ressemble à une formule de laboratoire, je repose le produit. »

Il y a une autre chose qui le frappe, moins visible mais tout aussi révélatrice : la texture de ce qu’on mange.

« Tout est mou. Regardez les burgers, les pizzas, les nuggets, le pain de mie sans croûte, les céréales du matin… Quand est-ce qu’on mâche ? Qu’on se sert de nos dents pour autre chose que pour sourire ? »

Les bonbons, symbole d’une époque

Ce qui le choque le plus reste toutefois un rayon bien particulier : celui des bonbons.

« C’est probablement l’exemple le plus absurde. On donne ça à des enfants sans même se poser de questions. C’est ultra sucré, acidulé à l’extrême, souvent fabriqué avec de la gélatine de porc, des colorants, des arômes artificiels et des produits chimiques aux noms imprononçables. Et après, on vient nous parler de protection de l’enfance ! »

Il n’est pas contre la friandise. Il est contre l’imposture. Contre le fait qu’on appelle « goût fraise » quelque chose qui n’a jamais approché une fraise de sa vie. Contre le fait qu’on habitue des enfants à des saveurs artificiellement amplifiées, conçues pour donner envie d’y revenir encore et encore.

Pervertir le goût

Selon lui, le problème dépasse largement la question de la santé. L'industrie alimentaire ne se contente pas de produire des aliments : elle façonne les préférences des consommateurs. 

« On pervertit le goût. C’est ça qui me dérange le plus. On détourne l’être humain des goûts originels pour le conditionner à des goûts standardisés. Quand un enfant grandit avec des parfums de fraise qui n’ont jamais vu une fraise, comment veux-tu qu’il apprécie ensuite la subtilité d’un fruit mûr ou d’un légume de saison ? »

Sa réflexion est presque philosophique.

« La nature nous a donné un palais extrêmement fin. Elle a mis à notre disposition une multitude de goûts naturels, tous différents, tous associés à des propriétés et des bienfaits variés. Et nous, on devrait préférer des goûts inventés par l’homme, conçus pour être toujours plus intenses alors même que leurs méfaits sont de mieux en mieux documentés ? »

Il marque une pause avant de conclure :

« Désolé, mais je préfère faire confiance à la nature. »