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Après les « Three Kings », le MMA africain cherche ses héritiers

En 2021 et 2022, trois combattants africains ont détenu en même temps trois ceintures de l’UFC. Quatre ans plus tard, la défaite d’Ateba Gautier rappelle que cette parenthèse n’a pas trouvé de suite, et que le chemin entre le continent et le sommet reste étroit. Un samedi qui referme une porte Le 3 octobre, à Salt Lake City, Ateba Gautier devait confirmer. Le Camerounais de 24 ans arrivait à l’UFC 332 invaincu en cinq combats dans l’organisation, dont quatre gagnés avant la limite. Face à lui, le Russe Roman Kopylov, donné perdant par les bookmakers. Il aura fallu 3 minutes et 12 secondes de premier round pour inverser le scénario. Certains fans l’avaient surnommé « mini Ngannou », un surnom qu’il récuse lui-même. À 24 ans et avec 11 victoires pour 2 défaites en carrière, il a le temps de rebondir. Mais le continent, lui, n’a pas le même luxe : il attendait de cette montée en puissance un visage pour la suite. Les rois ont vieilli Francis Ngannou, Israel Adesanya et Kamaru Usman on...

Les BET Awards 2026 ont tenu leurs promesses

Lauryn Hill en légende, Teyana Taylor en larmes, Druski dans l'histoire : la grand-messe de la culture noire américaine a tenu toutes ses promesses.

Les BET Awards, c'est bien plus qu'une remise de prix. C'est un thermomètre. Un miroir tendu à une industrie, une communauté, une époque. L'édition 2026, tenue dimanche au Peacock Theater de Los Angeles, a confirmé ce statut avec une cérémonie dense, émotionnelle et politiquement consciente, portée par des hommages qui ont fait trembler les murs — et quelques discours qui méritent d'être entendus.

Lauryn Hill, vivante et debout

Vingt minutes. C'est le temps qu'a duré l'hommage rendu à Lauryn Hill avant qu'elle ne monte sur scène pour accepter le Living Legend Icon Award. Vingt minutes pendant lesquelles SZA, Doechii, Lizzo, Queen Latifah, Common, et ses propres enfants Selah et Zion Marley ont revisité le catalogue d'une artiste qui, en 1998, a changé la définition même de ce que pouvait être un album de R&B. The Miseducation of Lauryn Hill reste, près de trente ans plus tard, une référence absolue. Hill a souri, chanté dans son coin, applaudi — puis elle a pris le micro, interprété « Ex-Factor » de façon impromptue, avant de clôturer la soirée sur « Everything Is Everything ».

Son discours d'acceptation n'était pas une litanie de remerciements. C'était une déclaration.

« Je me bats pour vous. Et me battre pour vous, c'est me battre pour moi-même, c'est me battre pour mes enfants, c'est me battre pour ma communauté. »

Présentée par Ice Cube, Hill a rappelé, par sa seule présence, que la grandeur artistique n'est pas une affaire de tendances. Elle endure.

Teyana Taylor : vingt ans de travail

La deuxième grande émotion de la soirée est venue d'une surprise soigneusement orchestrée. Alors que Teyana Taylor s'attendait à recevoir le prix Icône de l'année, elle ne savait pas que c'est Janet Jackson en personne qui allait le lui remettre. La réaction de Taylor — larmes, embrassade, stupéfaction visible — a résumé à elle seule ce que représente Jackson pour toute une génération d'artistes.

« Ils ne m'ont pas dit que Janet venait. Je ne serai plus rien sans toi. »

Jackson a salué l'étendue artistique de Taylor : chanteuse platine, actrice Golden Globe pour One Battle After Another, réalisatrice, productrice, chorégraphe. Taylor, elle, a su résumer vingt ans de carrière en une formule sans fioriture :

« J'ai travaillé comme une dingue pendant 20 ans. Alors je n'accepte pas ce que j'ai gagné avec arrogance. Je l'accepte avec gratitude. »

Sylvia Rhone et la question de l'IA

Le prix BET Ultimate Icon Award est allé à Sylvia Rhone, dirigeante musicale pionnière, première femme noire à avoir dirigé une major appartenant à un groupe du Fortune 500. Présentée par Kelly Rowland, saluée par Missy Elliott et Busta Rhymes dans une vidéo hommage, Rhone a bâti des carrières aussi diverses que celles de Tracy Chapman, Erykah Badu, Lil Wayne, Travis Scott ou Tyler, the Creator.

Mais c'est sa conclusion qui a résonné le plus fort dans la salle :

« Nous créons l'algorithme. L'algorithme ne nous crée pas. Nous devons honorer le musicien. Nous devons rémunérer le créateur. »

Dans un secteur où l'intelligence artificielle redessine les contours de la création et de la propriété intellectuelle, ces mots sonnent comme un avertissement autant que comme un manifeste.

Druski, le plus jeune présentateur de l'histoire

La soirée avait démarré sur une note spectaculaire : Druski, humoriste et créateur de contenu, descendant des cintres dans un harnais sur une interprétation chorale de « Revolution » de Kirk Franklin. À 31 ans, il est devenu le plus jeune présentateur de l'histoire des BET Awards, surpassant Kevin Hart qui détenait ce record depuis 2011.

Tout au long de la cérémonie, il a tenu son personnage avec aisance — aparté avec Martin Lawrence, taquinerie avec Latto, parodie du freestyle de Jay-Z au Roots Picnic. Les BET Awards avaient trouvé leur maître de cérémonie de la génération numérique.

Hommages et mémoire

La cérémonie a également pris le temps de se souvenir. La séquence In Memoriam, introduite par Erica Campbell de Mary Mary, a rendu hommage au compositeur de gospel Richard Smallwood, au producteur légendaire Clive Davis — disparu en début de semaine à 94 ans — ainsi qu'à Malcolm-Jamal Warner et d'autres figures marquantes. Un hommage a aussi été rendu à D'Angelo, avec les apparitions de ses trois enfants, avant que Ari Lennox, BJ the Chicago Kid, George Clinton et RAYE ne revisitent son œuvre.

Ce que dit cette cérémonie

Les BET Awards 2026 ont confirmé une chose : la culture noire américaine continue de se raconter elle-même, à ses conditions, avec sa propre hiérarchie des valeurs. Lauryn Hill debout. Teyana Taylor en larmes. Sylvia Rhone qui interpelle l'industrie. Ce ne sont pas des détails de production. Ce sont des signaux.