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Après les « Three Kings », le MMA africain cherche ses héritiers

En 2021 et 2022, trois combattants africains ont détenu en même temps trois ceintures de l’UFC. Quatre ans plus tard, la défaite d’Ateba Gautier rappelle que cette parenthèse n’a pas trouvé de suite, et que le chemin entre le continent et le sommet reste étroit. Un samedi qui referme une porte Le 3 octobre, à Salt Lake City, Ateba Gautier devait confirmer. Le Camerounais de 24 ans arrivait à l’UFC 332 invaincu en cinq combats dans l’organisation, dont quatre gagnés avant la limite. Face à lui, le Russe Roman Kopylov, donné perdant par les bookmakers. Il aura fallu 3 minutes et 12 secondes de premier round pour inverser le scénario. Certains fans l’avaient surnommé « mini Ngannou », un surnom qu’il récuse lui-même. À 24 ans et avec 11 victoires pour 2 défaites en carrière, il a le temps de rebondir. Mais le continent, lui, n’a pas le même luxe : il attendait de cette montée en puissance un visage pour la suite. Les rois ont vieilli Francis Ngannou, Israel Adesanya et Kamaru Usman on...

Meryl, la Caraïbe comme langage musical


Entre consécration aux Flammes 2026 et succès commercial de La Dame. Il y a des artistes qui s’inscrivent dans un genre. Et puis il y a celles qui semblent les traverser sans jamais s’y enfermer. La chanteuse martiniquaise Meryl appartient à cette seconde catégorie, celle des figures qui redessinent les contours d’un paysage musical plutôt que de s’y conformer.

Lors de la cérémonie des Flammes 2026, dédiée aux musiques urbaines et diasporiques, l’artiste est distinguée dans trois catégories — dont celle de « morceau caribéen ou d’inspiration caribéenne » — qu’elle remporte pour Coco Chanel, un duo avec Eva Queen. Il s’agit de sa première victoire après plusieurs nominations, confirmant une reconnaissance progressive de son travail au sein de l’industrie musicale française.

Sur scène, le moment dépasse le cadre strict de la récompense. Visiblement émue, Meryl évoque son parcours et rend hommage à la réalisatrice Euzhan Palcy, figure majeure du cinéma antillais, citant l’esprit de son film Siméon. Un geste qui inscrit sa trajectoire dans une généalogie culturelle plus large, reliant création contemporaine et mémoire artistique ultramarine.

Dans le même temps, son album La Dame franchit un cap commercial significatif avec une certification disque d’or délivrée par le SNEP. Plusieurs titres issus du projet, dont Coco Chanel, rencontrent également un succès en streaming, consolidant la présence de Meryl dans le paysage de la pop urbaine francophone.

Une écriture musicale fondée sur la circulation des styles

L’album La Dame se distingue par une approche qui refuse l’uniformisation esthétique. Bouyon, konpa, dancehall, dembow, shatta ou encore Dennery Segment : les références caribéennes y sont nombreuses, mais jamais traitées comme des emprunts isolés.

Elles s’agrègent dans une logique de circulation, où les genres dialoguent plutôt qu’ils ne s’opposent.

Cette diversité musicale ne relève pas d’un positionnement opportuniste, mais d’un ancrage culturel assumé. Chez Meryl, les styles apparaissent moins comme des catégories que comme des espaces de continuité entre différentes scènes insulaires.

Des circulations entre Caraïbe et Afrique

Le projet s’ouvre également à des collaborations avec des artistes issus de scènes africaines et diasporiques contemporaines, parmi lesquels Théodora, Yorssy, Le Juiice ou encore R2.

Ces collaborations participent d’un mouvement plus large de rapprochement entre scènes urbaines caribéennes et africaines, déjà à l’œuvre depuis plusieurs années.

Le morceau Chaos illustre particulièrement cette dynamique. Il réunit des artistes issus de Guadeloupe, de Martinique, de Guyane et du Congo dans une construction collective qui met en tension diversité des esthétiques et cohérence du projet. Le titre fonctionne comme un espace de confrontation autant que de mise en relation des scènes concernées.

Une trajectoire scénique en consolidation

Au-delà des enregistrements, la trajectoire de Meryl se matérialise également sur scène. Deux dates à l’Accor Arena sont annoncées pour les 26 et 27 octobre 2026, dont la seconde est déjà complète.

Ce passage vers des formats de concert de grande capacité confirme une montée en puissance dans les grandes salles françaises.

Une position singulière dans le paysage francophone

Ce qui caractérise aujourd’hui Meryl dans le paysage musical français tient moins à une signature sonore immédiatement identifiable qu’à une capacité à articuler plusieurs espaces culturels.

Ses morceaux fonctionnent comme des points de passage entre différentes scènes caribéennes, tout en intégrant des influences africaines et urbaines plus larges.

Cette approche contribue à rendre visible une réalité souvent fragmentée : celle d’une Caraïbe musicale multiple, traversée par des circulations constantes entre territoires, langues et esthétiques.

Une reconnaissance encore en construction

La reconnaissance institutionnelle et commerciale dont bénéficie Meryl s’inscrit dans un mouvement plus large de visibilité accrue des artistes ultramarins dans la musique française. Elle n’en constitue toutefois qu’une étape.

Si les distinctions et le succès de La Dame confirment une dynamique ascendante, la trajectoire de l’artiste reste en construction. Elle témoigne d’un déplacement progressif des centres de gravité de la pop francophone, où les scènes caribéennes occupent une place de plus en plus structurante.

Dans ce contexte, Meryl apparaît moins comme une exception que comme un révélateur : celui d’un espace musical en recomposition, où les frontières stylistiques deviennent de plus en plus poreuses.