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Après les « Three Kings », le MMA africain cherche ses héritiers

En 2021 et 2022, trois combattants africains ont détenu en même temps trois ceintures de l’UFC. Quatre ans plus tard, la défaite d’Ateba Gautier rappelle que cette parenthèse n’a pas trouvé de suite, et que le chemin entre le continent et le sommet reste étroit. Un samedi qui referme une porte Le 3 octobre, à Salt Lake City, Ateba Gautier devait confirmer. Le Camerounais de 24 ans arrivait à l’UFC 332 invaincu en cinq combats dans l’organisation, dont quatre gagnés avant la limite. Face à lui, le Russe Roman Kopylov, donné perdant par les bookmakers. Il aura fallu 3 minutes et 12 secondes de premier round pour inverser le scénario. Certains fans l’avaient surnommé « mini Ngannou », un surnom qu’il récuse lui-même. À 24 ans et avec 11 victoires pour 2 défaites en carrière, il a le temps de rebondir. Mais le continent, lui, n’a pas le même luxe : il attendait de cette montée en puissance un visage pour la suite. Les rois ont vieilli Francis Ngannou, Israel Adesanya et Kamaru Usman on...

PSG champion : pourquoi ne parle-t-on que des casseurs ?

La France a fêté le back-to-back européen du Paris Saint-Germain dans une liesse collective sans précédent. Partout sur les réseaux sociaux, des millions d'images témoignaient d'une joie populaire authentique, massive, diverse. Et pourtant, ce que les médias mainstream ont surtout retenu, c'est 890 interpellations. Faisons les comptes.

Budapest, 30 mai 2026 : une nuit dans l'histoire

À la Puskás Aréna de Budapest, le Paris Saint-Germain a battu Arsenal aux tirs au but (1-1, 4 t.a.b. à 3) pour décrocher sa deuxième Ligue des Champions consécutive. Après avoir éliminé Monaco, Chelsea, Liverpool, et le Bayern Munich, les Rouge et Bleu sont devenus le premier club français à réaliser un back-to-back européen. Une performance que seuls quelques clubs au monde ont réussie depuis la création de la Ligue des Champions moderne.

À Paris, dès le coup de sifflet final, quelque chose d'extraordinaire a commencé. Pas une émeute. Pas un pillage. Une fête. Une fête populaire, massive, multiculturelle, qui a débordé les rues, les places, les quais, et bien sûr les réseaux sociaux, dans une avalanche d'images d'une joie rare et contagieuse.

Le Champ-de-Mars illuminé, la Tour Eiffel habillée aux couleurs du club, les Champs-Élysées noirs de monde, les klaxons dans toutes les villes de France jusque dans les communes les plus reculées : c'est ça, la réalité de cette nuit. Des millions de Françaises et de Français, de toutes origines et de toutes générations, ont fêté ensemble. Et ça, c'est une nouvelle qui mérite d'être dite.

Les réseaux sociaux contre le prisme médiatique

Ce qui frappe dans la couverture de l'après-victoire, c'est le fossé entre ce que montraient les réseaux sociaux et ce que choisissaient d'amplifier les médias mainstream. D'un côté : des milliers de vidéos de jeunes et de familles sur les boulevards, de supporters en larmes, de gamins brandissant des maillots, de vieux et de jeunes chantant ensemble, de scènes d'une humanité débordante. De l'autre : une boucle télévisuelle focalisée sur quelques feux, quelques affrontements localisés, le tout commenté comme si Paris avait sombré dans l'insurrection.

Ce traitement n'est pas anodin. Il repose sur une mécanique narrative bien rodée : choisir le conflit comme angle unique, ignorer le contexte de masse, et construire une image de chaos là où régnait la fête. C'est une orientation. Et à Dreadlocks Tribune, on préfère appeler les choses par leur nom.

890 interpellations sur 66,7 millions d'habitants : le chiffre qu'on ne vous dit pas

Population française recensée au 1er janvier 2026 : 69 100 000 habitants. On retire les enfants de moins de 4 ans — environ 2 350 000 — estimant qu'on n'a pas encore vraiment conscience de sa fanatisation sous cet âge. Reste une population de référence de 66 750 000 personnes. Face à ce chiffre, posons le bilan officiel définitif annoncé par le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez : 890 interpellations sur l'ensemble du territoire national. Le résultat du calcul est sans appel : 0,0013% de la population française. Une personne sur 74 944.

Disons-le franchement : diviser par la population totale, c'est un choix rhétorique. Le nôtre. Mais regardons aussi avec la fourchette haute des participants aux célébrations — mettons 5 millions de personnes dans les rues de France ce soir-là. On obtient 0,018%. Avec 2 millions de participants : 0,045%. Le chiffre reste infime. Et dans tous les cas, il reste ce qu'il est : négligeable.

Mais surtout, posons la vraie question symétrique : les médias, eux, donnent-ils un dénominateur ? Non. Ils donnent 890 en valeur absolue, adressé à 67 millions de téléspectateurs. C'est aussi un choix rhétorique — et c'est précisément parce qu'il s'adresse à l'ensemble des Français que nous lui répondons sur le même terrain. Nous avons simplement choisi de rendre le nôtre visible.

0,0013%. Ou 0,018%. Ou 0,045%. C'est le pourcentage de la population française qui a créé des troubles cette nuit-là. Et c'est ce chiffre-là — quel que soit le dénominateur qu'on choisit — qui a monopolisé les gros titres, les journaux de 20h, les éditoriaux du lendemain.

Pour mettre ce chiffre en perspective : le taux d'abstention lors d'une élection législative ordinaire dépasse 50%. Personne n'en fait un titre catastrophiste sur la mort du civisme. Là, on nous brandit 890 individus comme preuve que la France a perdu la tête.

Une mécanique bien connue

On connaît ce procédé. Il est vieux comme la peur sociale. Prendre la minorité agissante, la grossir, la mettre en boucle, et laisser croire que c'est le tout. Le but n'est pas d'informer. Le but est d'orienter. De faire en sorte que la liesse collective — populaire, diverse, incontrôlable dans sa joie — soit associée dans les mémoires non pas à la fierté, mais au désordre.

Pourquoi ? Parce que des millions de personnes qui fêtent ensemble, qui se retrouvent dans une émotion commune par-delà les clivages habituels, c'est une image qui dérange certains récits. L'image d'une France populaire qui rit, qui pleure, qui chante dans les rues — ça ne cadre pas avec la litanie du déclin, de la fracture, de l'ensauvagement.

Alors on zoome sur les 890. Et on fait l'impasse sur les millions.

Fally Ipupa, SDM, Big Ali : la fête populaire dans sa diversité

Il faut dire aussi ce que cette victoire a produit culturellement dans sa célébration officielle elle-même. Pour la soirée de retour au Parc des Princes, le PSG avait programmé Fally Ipupa, figure de la musique congolaise et africaine francophone de renommée mondiale, SDM, l'un des visages du rap français, et Big Ali, maître de cérémonie des grands événements. Une programmation qui dit quelque chose de la composition réelle du public parisien et de la fanbase du club. Une diversité que les caméras de télévision n'ont, là encore, pas jugé utile de mettre en avant.

Ce que cette nuit révèle vraiment

La victoire du PSG en Ligue des Champions pour la deuxième année consécutive est un événement sportif majeur. Mais au-delà du football, ce qui s'est passé cette nuit est un fait social et culturel d'ampleur : une population entière qui a trouvé, le temps d'une nuit, un motif de joie commune. Dans un pays qui n'en manque pas, de raisons de se diviser.

890 interpellations ne nient pas cette réalité. Elles n'en définissent pas la nature. Et si les médias avaient consacré autant de colonnes à la joie des 66 millions qu'aux faits divers des 890, peut-être aurions-nous une image plus juste — et plus honnête — de ce que cette France-là est capable de produire quand elle se retrouve.

Nous, on a vu les réseaux sociaux cette nuit. On a vu la rue. Et on a vu quelque chose de beau.