Réunis à Lungi, en Sierra Leone, les chefs d'État de la CEDEAO ont réaffirmé leur ambition de lancer la monnaie unique ECO en 2027 — mais en acceptant, cette fois, de composer avec les réalités du terrain plutôt qu'avec le calendrier. Le sommet de Lungi n'a pas produit de rupture spectaculaire, mais un ajustement de méthode qui en dit long sur l'état réel du projet monétaire ouest-africain. Les dirigeants de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest ont confirmé l'objectif de 2027 pour le lancement de l'ECO, tout en actant un principe qui aurait pu être énoncé bien plus tôt : seuls les pays remplissant les critères de convergence macroéconomique entreront dans le dispositif au démarrage. Les autres suivront, accompagnés, à leur rythme. Une convergence qui reste le nœud du problème Ce basculement vers une entrée progressive n'est pas un simple ajustement technique. Il acte l'échec, au moins provisoire, d'une approche unifor...
Ramsès & Billy ze Kick — « Radio Gaza »
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Ramsès et Billy ze Kick reviennent avec « Radio Gaza », un morceau d'engagement rare dans le paysage reggae français contemporain. Sobre, direct, porté par deux voix singulières et une production épurée d'Early J Records, il rappelle à quoi sert le reggae quand il se souvient de lui-même.
Il est des voix qu'on croyait posées, et qui reviennent au moment où l'on ne s'y attend plus — non pour occuper le terrain, mais pour rappeler à quoi il sert. C'est ce que font Ramsès et Billy ze Kick avec « Radio Gaza » : un morceau sobre, sans effets de manche, qui prend position là où tant d'autres se taisent.
Car c'est une réalité : les artistes qui se sont ouvertement exprimés sur le massacre en cours à Gaza — qui dénoncent, qui nomment, qui refusent la justification d'une élimination du Hamas comme écran à la destruction d'un peuple — sont rares. Dans le paysage musical français, ils se comptent sur les doigts d'une main. Alors quand deux figures qui ont contribué à ancrer le reggae dans la culture populaire française choisissent de prendre la parole sur ce sujet, ce n'est pas anodin.
Ce qui frappe d'abord, c'est la nature même de l'engagement. Pas de glorification, pas de posture. De la compassion, de l'indignation, de l'incompréhension face à une folie documentée chaque jour en images. Un retour aux missions premières du reggae — musique de résistance, de conscience, de fraternité — à une époque où le genre, en France, tend à se réfugier dans des territoires plus confortables. Les deux artistes assument eux-mêmes ce rôle d'Aînés : non pas une posture nostalgique, mais une responsabilité.
Ce qui frappe ensuite, c'est la singularité vocale des deux artistes. Ramsès et Billy ze Kick n'ont jamais chanté comme tout le monde. Leurs voix — haut perchées, assumées, immédiatement reconnaissables — sont le fruit d'une prise de risque artistique délibérée, celle-là même qui fit leur identité et, en son temps, leur succès. La production d'Early J Records leur laisse toute la place : épurée, sans emphase, sans habillage inutile — juste le texte et ces deux timbres singuliers, dans une tradition où le texte demeure central.
« Radio Gaza » n'est pas un morceau conçu pour accompagner un moment. C'est un morceau qui demande qu'on s'arrête sur ce qui est dit. Le message n'habille pas la musique : il en constitue la raison d'être. Car malgré tout ce qu'il dénonce, il n'est pas un morceau de désespoir. Il porte, comme le reggae l'a toujours fait, la conviction que la parole peut encore quelque chose. Dans le reggae français contemporain, cette ambition — faire réfléchir autant que ressentir — est devenue suffisamment rare pour être soulignée. Pour ça seul, il mérite d'être entendu.
Le titre est disponible sur toutes les plateformes depuis le 29 mai