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Après les « Three Kings », le MMA africain cherche ses héritiers

En 2021 et 2022, trois combattants africains ont détenu en même temps trois ceintures de l’UFC. Quatre ans plus tard, la défaite d’Ateba Gautier rappelle que cette parenthèse n’a pas trouvé de suite, et que le chemin entre le continent et le sommet reste étroit. Un samedi qui referme une porte Le 3 octobre, à Salt Lake City, Ateba Gautier devait confirmer. Le Camerounais de 24 ans arrivait à l’UFC 332 invaincu en cinq combats dans l’organisation, dont quatre gagnés avant la limite. Face à lui, le Russe Roman Kopylov, donné perdant par les bookmakers. Il aura fallu 3 minutes et 12 secondes de premier round pour inverser le scénario. Certains fans l’avaient surnommé « mini Ngannou », un surnom qu’il récuse lui-même. À 24 ans et avec 11 victoires pour 2 défaites en carrière, il a le temps de rebondir. Mais le continent, lui, n’a pas le même luxe : il attendait de cette montée en puissance un visage pour la suite. Les rois ont vieilli Francis Ngannou, Israel Adesanya et Kamaru Usman on...

Solidays 2026 : La canicule a eu le dernier mot

Ce vendredi 26 juin, la Préfecture de Police de Paris a annulé dans son intégralité la 28e édition du festival Solidays. Meryl, Major Lazer, l'Ensemble National de Reggae — personne ne montera sur scène à Longchamp ce week-end. Derrière l'annulation d'un festival, c'est une association et ses bénéficiaires qui trinquent.

Le couperet est tombé ce matin. Ce vendredi 26 juin 2026, la Préfecture de Police de Paris a annoncé l'annulation complète de la 28e édition de Solidays, à quelques heures seulement du coup d'envoi prévu à 17h à l'Hippodrome de Paris-Longchamp. Trois jours de festival effacés d'un trait de plume préfectorale. La décision a été prise dans un contexte qui ne laissait guère d'autre choix : l'Île-de-France est placée en vigilance rouge canicule, avec des températures frôlant les 41°C enregistrées jeudi — une journée historique — et des hôpitaux parisiens « saturés », selon les mots mêmes du préfet. 

Jusqu'au dernier moment, les organisateurs espéraient encore pouvoir maintenir l'événement. Les équipes poursuivaient le montage du site tandis que plusieurs dispositifs avaient été mis en place pour faire face aux fortes chaleurs : augmentation des points d'eau, installation de brumisateurs, adaptation des horaires de travail des équipes techniques. Rien n'y a fait. L'hippodrome de Longchamp, site en plein air et peu ombragé, était jugé difficilement tenable pour accueillir des dizaines de milliers de festivaliers. 

Ce que le feu a consumé

La programmation 2026 était essentiellement tournée vers la scène francophone, avec notamment Orelsan, Bigflo & Oli, Meryl, Gims, mais aussi des figures internationales comme le groupe jamaïcano-américain Major Lazer en tête d'affiche. Pour les amateurs de reggae et de cultures caribéennes, la perte est double : Meryl — auréolée de ses deux Flammes et fraîchement consacrée « reine du shatta » — était programmée dès le vendredi soir, aux côtés de l'Ensemble National de Reggae. Major Lazer, lui, devait enflammer le samedi. Trois générations, trois approches d'une même famille musicale — toutes réduites au silence par 41 degrés et un arrêté. 

L'Ensemble National de Reggae, la Bug de l'An 2000, la Chronologic et Viens La Fête devaient allier leurs forces pour garantir une ambiance de fête à coup de standards intergénérationnels, du reggae au rock en passant par tout ce qui peut faire groover. Ce moment de communion collective n'aura pas lieu. 

Au-delà du festival, une association en danger

Ce qui distingue Solidays de la plupart des festivals, c'est qu'il ne s'agit pas d'un simple événement musical. Le festival est la principale source de revenus de l'association Solidarité Sida, à qui il représente environ 70 % de ses ressources. Ces fonds permettent de financer des programmes de lutte contre le VIH en France et à l'international. Le directeur Luc Barruet l'avait lui-même anticipé en avertissant que l'annulation serait « très lourde de conséquences pour le projet que porte Solidarité Sida depuis une trentaine d'années, au profit des gens les plus vulnérables à travers le monde ».

L'annulation de Solidays s'accompagne de celles de la Marche des Fiertés parisienne et du meeting d'athlétisme du stade Charléty. D'autres événements en France ont également été touchés : la première journée de Garorock à Marmande est annulée, comme le festival Defkon.1 aux Pays-Bas. La canicule ne discrimine pas : elle balaie indifféremment la Pride, le reggae et l'athlétisme. 

Le changement climatique entre dans la loge

Ce que cette annulation révèle au-delà du seul week-end perdu, c'est la vulnérabilité structurelle des festivals d'été face aux dérèglements climatiques. La canicule exceptionnelle qui s'abat sur l'Île-de-France dure depuis le 21 juin et sature les services de secours comme les établissements de santé. Organiser un rassemblement de masse en plein air dans ces conditions n'est plus un risque calculable — c'est une imprudence. La question n'est plus de savoir si les festivals devront adapter leur format, mais quand et comment. 

Avant que la décision ne tombe, des centaines de techniciens, monteurs, régisseurs et bénévoles avaient bravé la canicule pour monter le festival. Leur travail invisible, effectué sous des températures extrêmes, mérite d'être reconnu. Que le festival ait lieu ou non, eux ont fait le leur. 

Pour les détenteurs de billets, la plateforme Seetickets, qui gère la billetterie du festival, précise que vous disposeriez de deux mois pour formuler votre demande de remboursement, à moins que l'organisateur n'ait prévu d'autres conditions. 

Solidays reviendra. Solidarité Sida, elle, continue de travailler — avec ou sans les recettes de Longchamp. Si vous en avez la possibilité, un don direct à l'association est la meilleure réponse que le public puisse faire à la canicule.