À LA UNE

Lancement de l'ECO la monnaie commune de la CEDEAO pour 2027

Réunis à Lungi, en Sierra Leone, les chefs d'État de la CEDEAO ont réaffirmé leur ambition de lancer la monnaie unique ECO en 2027 — mais en acceptant, cette fois, de composer avec les réalités du terrain plutôt qu'avec le calendrier. Le sommet de Lungi n'a pas produit de rupture spectaculaire, mais un ajustement de méthode qui en dit long sur l'état réel du projet monétaire ouest-africain. Les dirigeants de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest ont confirmé l'objectif de 2027 pour le lancement de l'ECO, tout en actant un principe qui aurait pu être énoncé bien plus tôt : seuls les pays remplissant les critères de convergence macroéconomique entreront dans le dispositif au démarrage. Les autres suivront, accompagnés, à leur rythme. Une convergence qui reste le nœud du problème Ce basculement vers une entrée progressive n'est pas un simple ajustement technique. Il acte l'échec, au moins provisoire, d'une approche unifor...

Yaksta : quand le microphone devient une question de survie

Kemaul Martin signe avec The Microphone Saved Me un deuxième album qui ne cherche pas à plaire — il cherche à dire vrai. Quinze titres, disponibles le 15 juin, qui s'écoutent comme un journal intime tenu à la lumière d'une conscience rastafari.

Le Bush Lawd ne plie pas

Il y a des artistes qui grandissent en s'adoucissant. Yaksta prend le chemin inverse. Depuis ses premiers travaux, Kemaul Martin s'est construit une réputation de voix singulière dans le reggae jamaïcain contemporain — organique, exigeante, spirituellement ancrée. Le surnom qu'il s'est forgé, « Bush Lawd », n'est pas un effet de style : c'est une posture, une ligne de conduite, une façon d'habiter la musique roots sans concession aux modes.

The Microphone Saved Me ne rompt pas avec cette trajectoire. Il l'assume jusqu'au bout.

Quinze titres pour dire ce qui ne se négocie pas

L'album s'organise autour de quatre axes — révolution, évolution, gratitude, amour — sans que la structure ne devienne contrainte. Roar et The Return, les deux singles avancés, ont déjà posé le ton dans les cercles reggae : percutants, sans ornement inutile, ils confirment que Yaksta n'est pas venu pour occuper le terrain mais pour le travailler.

Ce qui distingue le projet, c'est sa capacité à tenir plusieurs registres sans perdre sa colonne vertébrale. Order développe un plaidoyer pour l'unité entre les maisons rastafari avec la fluidité d'un hymne. Through It All et It's Okay abordent la persévérance sans pathos. Thankful avec Dre Tegs, For Sale avec Silk Boss, Life avec The Gideon, Splinters in My Heart avec Troyton Music, Pick Up réunissant Matthew Malcolm, Kayland Arnold et Sonic Gold — les collaborations élargissent l'espace sans diluer l'identité centrale. Next to Me referme l'album sur une réflexion plus intime, entre amour et responsabilité.

Yaksta démontre ici l'étendue de son écriture : commentaire social, ferveur spirituelle, récit personnel — le tout tenu par une voix qui sait où elle va.

La musique comme seul recours

Le titre de l'album n'est pas une métaphore de conférence de presse. C'est une déclaration littérale. « Cet album représente un cheminement vers une conscience divine en tant qu'homme », explique Yaksta. « Chaque chanson est née d'une expérience authentique. C'est un appel à rester conscient dans un monde saturé de distractions, à demeurer fidèle à la vérité lorsque le compromis semble plus facile, et à se rappeler que la croissance, la responsabilité et le sens du devoir demeurent des actes révolutionnaires. »

Dans un reggae jamaïcain où la surproduction menace constamment la profondeur, The Microphone Saved Me choisit l'autre chemin. Pas celui du calcul, mais celui de la nécessité.

The Microphone Saved Me est disponible le 15 juin sur toutes les plateformes de streaming.