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Après les « Three Kings », le MMA africain cherche ses héritiers

En 2021 et 2022, trois combattants africains ont détenu en même temps trois ceintures de l’UFC. Quatre ans plus tard, la défaite d’Ateba Gautier rappelle que cette parenthèse n’a pas trouvé de suite, et que le chemin entre le continent et le sommet reste étroit. Un samedi qui referme une porte Le 3 octobre, à Salt Lake City, Ateba Gautier devait confirmer. Le Camerounais de 24 ans arrivait à l’UFC 332 invaincu en cinq combats dans l’organisation, dont quatre gagnés avant la limite. Face à lui, le Russe Roman Kopylov, donné perdant par les bookmakers. Il aura fallu 3 minutes et 12 secondes de premier round pour inverser le scénario. Certains fans l’avaient surnommé « mini Ngannou », un surnom qu’il récuse lui-même. À 24 ans et avec 11 victoires pour 2 défaites en carrière, il a le temps de rebondir. Mais le continent, lui, n’a pas le même luxe : il attendait de cette montée en puissance un visage pour la suite. Les rois ont vieilli Francis Ngannou, Israel Adesanya et Kamaru Usman on...

Yaksta : quand le microphone devient une question de survie

Kemaul Martin signe avec The Microphone Saved Me un deuxième album qui ne cherche pas à plaire — il cherche à dire vrai. Quinze titres, disponibles le 15 juin, qui s'écoutent comme un journal intime tenu à la lumière d'une conscience rastafari.

Le Bush Lawd ne plie pas

Il y a des artistes qui grandissent en s'adoucissant. Yaksta prend le chemin inverse. Depuis ses premiers travaux, Kemaul Martin s'est construit une réputation de voix singulière dans le reggae jamaïcain contemporain — organique, exigeante, spirituellement ancrée. Le surnom qu'il s'est forgé, « Bush Lawd », n'est pas un effet de style : c'est une posture, une ligne de conduite, une façon d'habiter la musique roots sans concession aux modes.

The Microphone Saved Me ne rompt pas avec cette trajectoire. Il l'assume jusqu'au bout.

Quinze titres pour dire ce qui ne se négocie pas

L'album s'organise autour de quatre axes — révolution, évolution, gratitude, amour — sans que la structure ne devienne contrainte. Roar et The Return, les deux singles avancés, ont déjà posé le ton dans les cercles reggae : percutants, sans ornement inutile, ils confirment que Yaksta n'est pas venu pour occuper le terrain mais pour le travailler.

Ce qui distingue le projet, c'est sa capacité à tenir plusieurs registres sans perdre sa colonne vertébrale. Order développe un plaidoyer pour l'unité entre les maisons rastafari avec la fluidité d'un hymne. Through It All et It's Okay abordent la persévérance sans pathos. Thankful avec Dre Tegs, For Sale avec Silk Boss, Life avec The Gideon, Splinters in My Heart avec Troyton Music, Pick Up réunissant Matthew Malcolm, Kayland Arnold et Sonic Gold — les collaborations élargissent l'espace sans diluer l'identité centrale. Next to Me referme l'album sur une réflexion plus intime, entre amour et responsabilité.

Yaksta démontre ici l'étendue de son écriture : commentaire social, ferveur spirituelle, récit personnel — le tout tenu par une voix qui sait où elle va.

La musique comme seul recours

Le titre de l'album n'est pas une métaphore de conférence de presse. C'est une déclaration littérale. « Cet album représente un cheminement vers une conscience divine en tant qu'homme », explique Yaksta. « Chaque chanson est née d'une expérience authentique. C'est un appel à rester conscient dans un monde saturé de distractions, à demeurer fidèle à la vérité lorsque le compromis semble plus facile, et à se rappeler que la croissance, la responsabilité et le sens du devoir demeurent des actes révolutionnaires. »

Dans un reggae jamaïcain où la surproduction menace constamment la profondeur, The Microphone Saved Me choisit l'autre chemin. Pas celui du calcul, mais celui de la nécessité.

The Microphone Saved Me est disponible le 15 juin sur toutes les plateformes de streaming.