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Lancement de l'ECO la monnaie commune de la CEDEAO pour 2027

Réunis à Lungi, en Sierra Leone, les chefs d'État de la CEDEAO ont réaffirmé leur ambition de lancer la monnaie unique ECO en 2027 — mais en acceptant, cette fois, de composer avec les réalités du terrain plutôt qu'avec le calendrier. Le sommet de Lungi n'a pas produit de rupture spectaculaire, mais un ajustement de méthode qui en dit long sur l'état réel du projet monétaire ouest-africain. Les dirigeants de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest ont confirmé l'objectif de 2027 pour le lancement de l'ECO, tout en actant un principe qui aurait pu être énoncé bien plus tôt : seuls les pays remplissant les critères de convergence macroéconomique entreront dans le dispositif au démarrage. Les autres suivront, accompagnés, à leur rythme. Une convergence qui reste le nœud du problème Ce basculement vers une entrée progressive n'est pas un simple ajustement technique. Il acte l'échec, au moins provisoire, d'une approche unifor...

À Bruxelles, une exposition confronte l'Europe à son passé colonial


 
Jusqu'au 14 mars 2027, la Maison de l'histoire européenne, à quelques pas du Parlement européen, consacre une exposition à cinq siècles de domination coloniale britannique, française, portugaise, espagnole et néerlandaise. Un geste rare pour une institution longtemps restée silencieuse sur cette part de l'histoire du continent.

Une matrice coloniale toujours active

Intitulée « Postcolonial ? », l'exposition retrace l'expansion des empires européens depuis les Caraïbes jusqu'à l'Indonésie, en passant par le continent africain. Elle ne se limite pas à un inventaire chronologique : le parcours interroge la persistance, soixante-dix ans après les indépendances, de rapports de domination économiques, culturels et symboliques hérités de la colonisation. C'est cette continuité que les commissaires désignent sous le terme de matrice coloniale, une structure qui n'aurait jamais réellement disparu, seulement changé de forme.

Le dispositif mêle œuvres d'art, documents d'archives et témoignages filmés de citoyens européens descendants de peuples colonisés, confrontés à des questions d'identité et de discrimination qui traversent encore les sociétés du continent.

Des récits intimes face à l'histoire officielle

Parmi les voix recueillies, celle de l'artiste londonienne Sabrina Tirvengadum, née dans une famille mauricienne, retrace la découverte de ses origines indiennes : ses ancêtres avaient été amenés comme travailleurs sous contrat dans les plantations de l'île Maurice par les colons britanniques, une main-d'œuvre engagée dans des conditions proches de la servitude après l'abolition officielle de l'esclavage dans les années 1830. L'artiste espère que la visibilité donnée à cette histoire familiale contribuera à apaiser le traumatisme générationnel qu'elle perçoit dans sa communauté.

L'exposition consacre également une place à la contribution des soldats coloniaux dans les deux conflits mondiaux du XXe siècle, une participation que la commissaire Ayoko Mensah, journaliste franco-togolaise, qualifie de déterminante pour l'issue de la Seconde Guerre mondiale. Le parcours s'arrête aussi sur l'un des épisodes les plus sombres de la décolonisation : le massacre de Thiaroye, fin 1944 au Sénégal, quand des tirailleurs africains réclamant leur solde ont été abattus par l'armée française, faisant selon les historiens plusieurs centaines de morts.

Décoloniser l'institution elle-même

Inaugurée en 2017 non loin des institutions communautaires, la Maison de l'histoire européenne s'était alors présentée comme le lieu de mémoire du projet européen. Son exposition permanente reste pourtant largement silencieuse sur la période des luttes d'indépendance postérieures à 1945. « Postcolonial ? » constitue, selon Ayoko Mensah, la première étape d'un chantier plus large visant à remettre l'histoire coloniale au centre du récit de la modernité européenne, et à interroger les formes contemporaines de néocolonialisme.

Depuis 2025, l'experte britannique Roshi Naidoo, spécialiste de la décolonisation des collections muséales occidentales, conduit un examen critique de l'exposition permanente du musée. Ce chantier, prévu sur au moins trois ans, doit produire ses premiers résultats visibles en 2027. L'un des objectifs affichés est de rompre avec un narratif eurocentré : Ayoko Mensah relève par exemple que le musée fait actuellement remonter la civilisation européenne à l'Antiquité gréco-romaine sans mentionner l'apport de la culture égyptienne, alors que la Grèce antique lui doit une dette largement documentée — donc, souligne-t-elle, une dette envers l'Afrique.

L'exposition est gratuite et reste accessible jusqu'au 14 mars 2027.