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Lancement de l'ECO la monnaie commune de la CEDEAO pour 2027

Réunis à Lungi, en Sierra Leone, les chefs d'État de la CEDEAO ont réaffirmé leur ambition de lancer la monnaie unique ECO en 2027 — mais en acceptant, cette fois, de composer avec les réalités du terrain plutôt qu'avec le calendrier. Le sommet de Lungi n'a pas produit de rupture spectaculaire, mais un ajustement de méthode qui en dit long sur l'état réel du projet monétaire ouest-africain. Les dirigeants de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest ont confirmé l'objectif de 2027 pour le lancement de l'ECO, tout en actant un principe qui aurait pu être énoncé bien plus tôt : seuls les pays remplissant les critères de convergence macroéconomique entreront dans le dispositif au démarrage. Les autres suivront, accompagnés, à leur rythme. Une convergence qui reste le nœud du problème Ce basculement vers une entrée progressive n'est pas un simple ajustement technique. Il acte l'échec, au moins provisoire, d'une approche unifor...

Bangladesh : glissements de terrain mortels les réfugiés rohingyas de nouveau touchés

Dix-sept morts, plus de 3 000 déplacés : les glissements de terrain qui ont frappé les camps de réfugiés rohingyas au Bangladesh en juillet ne relèvent pas seulement de la catastrophe naturelle. Human Rights Watch y voit la conséquence directe de choix politiques et d'un sous-financement chronique, alors que la saison des pluies ne fait que commencer.

Des collines dénudées, des abris de fortune

Depuis près d'une décennie, le Bangladesh accueille plus d'un million de réfugiés rohingyas, entassés dans des abris de bambou et de bâche plastique à flanc de collines déboisées. Ce terrain, déjà instable, se dérobe chaque mousson un peu plus. Entre le 4 et le 9 juillet, la Rohingya Coordination Platform a recensé 286 incidents liés aux intempéries à Cox's Bazar : 95 glissements de terrain, plus de 4 300 personnes déplacées, près de 2 800 abris endommagés, écoles, points d'eau et voies d'accès détruits. Plus de 1 000 réfugiés ont été évacués des zones à haut risque, mais beaucoup ont refusé de quitter leur habitation, faute d'alternative.

Human Rights Watch, qui a recueilli les témoignages de cinq réfugiés touchés par ces glissements de terrain et de quatre travailleurs humanitaires, pointe une défaillance structurelle antérieure à la crise actuelle. Un ingénieur spécialisé en eau et assainissement l'explique sans détour : les camps ont été construits dès l'origine à même les collines, sans système de drainage, et les renforcements durables restent aujourd'hui impossibles faute de budget et d'autorisation gouvernementale pour toute construction permanente.

Les nouveaux arrivants, premières victimes

La situation est plus précaire encore pour les réfugiés récemment arrivés, à qui aucun abri officiel n'est attribué. Un homme installé au Bangladesh depuis août 2024 a perdu ses deux filles et ses deux petits-enfants le 6 juillet, ensevelis dans l'abri qu'il avait lui-même bâti au bord d'une colline après plusieurs demandes de logement restées sans réponse.

Ce flux ne faiblit pas : entre novembre 2023, date de la reprise des combats entre l'armée du Myanmar et l'Armée d'Arakan, et mai 2026, au moins 152 000 Rohingyas ont fui vers Cox's Bazar, un chiffre triple des prévisions initiales pour 2025. Le gouvernement bangladais n'a toujours pas répondu à la demande du HCR d'élargir les 24 kilomètres carrés déjà alloués aux camps. Un travailleur humanitaire résume la ligne des autorités : ne pas laisser penser aux réfugiés que le Bangladesh serait un lieu d'installation permanente, ce qui se traduit par un refus systématique de nouvelles constructions.

Des financements qui se tarissent

Fin 2024, Dhaka avait pourtant validé la construction d'abris semi-permanents plus solides, et la reconstruction de 50 000 structures. Les coupes dans l'aide humanitaire annoncées en janvier 2025 ont interrompu ce chantier, tandis que les autorités forestières et certaines communautés d'accueil s'opposent à toute installation durable, invoquant la protection des terres forestières.

Le déficit budgétaire est aujourd'hui de 73,9 millions de dollars pour la coordination des abris et la gestion des camps, et de 23,2 millions pour la prévention des risques de catastrophe. La saison de la mousson, elle, se poursuit jusqu'en octobre. Pour Meenakshi Ganguly, directrice adjointe Asie de Human Rights Watch, la sécurité des abris devrait être traitée comme une question de droits humains, non comme une concession territoriale — et les gouvernements donateurs n'ont plus le luxe d'attendre le prochain glissement de terrain pour agir.