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Après les « Three Kings », le MMA africain cherche ses héritiers

En 2021 et 2022, trois combattants africains ont détenu en même temps trois ceintures de l’UFC. Quatre ans plus tard, la défaite d’Ateba Gautier rappelle que cette parenthèse n’a pas trouvé de suite, et que le chemin entre le continent et le sommet reste étroit. Un samedi qui referme une porte Le 3 octobre, à Salt Lake City, Ateba Gautier devait confirmer. Le Camerounais de 24 ans arrivait à l’UFC 332 invaincu en cinq combats dans l’organisation, dont quatre gagnés avant la limite. Face à lui, le Russe Roman Kopylov, donné perdant par les bookmakers. Il aura fallu 3 minutes et 12 secondes de premier round pour inverser le scénario. Certains fans l’avaient surnommé « mini Ngannou », un surnom qu’il récuse lui-même. À 24 ans et avec 11 victoires pour 2 défaites en carrière, il a le temps de rebondir. Mais le continent, lui, n’a pas le même luxe : il attendait de cette montée en puissance un visage pour la suite. Les rois ont vieilli Francis Ngannou, Israel Adesanya et Kamaru Usman on...

Fantan Mojah, voix consciente du reggae jamaïcain, est décédé à 49 ans

Le reggae jamaïcain perd l'une de ses voix les plus engagées. Le chanteur Fantan Mojah est décédé mardi 14 juillet 2026 au soir à l’hôpital de Kingston, en Jamaïque. Il avait 49 ans, à quelques semaines seulement de son cinquantième anniversaire prévu le 5 août prochain.

De son vrai nom Owen Moncrieffe, Fantan Mojah laisse derrière lui une œuvre marquée par la spiritualité rastafari, la conscience sociale et un attachement profond aux racines culturelles jamaïcaines. Avec des titres devenus incontournables comme « Stronger », « Hungry », « Nuh Build Great Man » ou encore « Most High Jah », il avait imposé une voix singulière au sein de la génération reggae des années 2000.

De St Elizabeth aux scènes internationales

Originaire de la paroisse de St Elizabeth, dans le sud-ouest de la Jamaïque, Fantan Mojah n'était pas destiné à une carrière musicale internationale. Son parcours est celui d'un artiste parti de loin, dont la trajectoire a changé après sa rencontre avec Joe Bogdanovich, dirigeant du label jamaïcain DownSound Entertainment.

Avant de connaître la reconnaissance, Owen Moncrieffe aurait notamment travaillé comme laveur de vitres. Cette rencontre lui ouvre les portes de l'industrie musicale jamaïcaine et accompagne son ascension rapide. Sous l'étiquette DownSound Records, il publie plusieurs morceaux qui contribuent à installer son nom parmi les figures montantes du reggae conscient.

La relation entre l'artiste et son label se détériore toutefois au fil des années, poussant Fantan Mojah à poursuivre sa carrière en indépendant.

« Rasta Got Soul », un hymne à l'identité rastafari

Parmi son répertoire, un titre occupe une place particulière : « Rasta Got Soul ». Véritable déclaration d'identité, la chanson célèbre la philosophie rastafari, la connexion spirituelle et l'héritage africain revendiqué par une partie du peuple jamaïcain.

À travers ses textes, Fantan Mojah s'inscrivait dans la tradition du reggae militant portée par des artistes comme Bob Marley, Burning Spear ou Capleton : une musique conçue comme un outil d'élévation, de transmission et de résistance culturelle.

Son style vocal, à la fois mélodique et puissant, lui avait permis de toucher un public bien au-delà de la Jamaïque, notamment en Europe, dans les Caraïbes et sur le continent africain.

Une santé fragile après son passage en Martinique

La disparition de Fantan Mojah ravive également le souvenir d'un épisode médical qui avait marqué ses dernières années. En 2024, alors qu'il était attendu en Martinique pour participer au festival Reggae Therapy aux côtés notamment de Alpha Blondy, Etana, Christopher Martin et Saël, l'artiste avait été hospitalisé au CHU de Fort-de-France après un malaise. Sa prestation avait alors été annulée et il était resté plusieurs semaines en convalescence sur l'île.

Cet épisode avait suscité une importante mobilisation de ses fans et de nombreux messages de soutien dans le monde reggae.

Une voix qui restera dans la mémoire du reggae

Avec la disparition de Fantan Mojah, le reggae perd un artiste qui aura incarné une génération attachée aux valeurs de conscience, de spiritualité et de dignité. Loin des tendances éphémères, il avait construit une carrière autour d'un message : celui d'une musique capable de parler aux peuples tout en restant connectée à ses racines.

À quelques jours de son cinquantième anniversaire, Owen « Fantan Mojah » Moncrieffe quitte la scène, mais ses chansons continueront de résonner auprès de ceux qui voient dans le reggae bien plus qu'un genre musical : une culture, une histoire et une voix.