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Lancement de l'ECO la monnaie commune de la CEDEAO pour 2027

Réunis à Lungi, en Sierra Leone, les chefs d'État de la CEDEAO ont réaffirmé leur ambition de lancer la monnaie unique ECO en 2027 — mais en acceptant, cette fois, de composer avec les réalités du terrain plutôt qu'avec le calendrier. Le sommet de Lungi n'a pas produit de rupture spectaculaire, mais un ajustement de méthode qui en dit long sur l'état réel du projet monétaire ouest-africain. Les dirigeants de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest ont confirmé l'objectif de 2027 pour le lancement de l'ECO, tout en actant un principe qui aurait pu être énoncé bien plus tôt : seuls les pays remplissant les critères de convergence macroéconomique entreront dans le dispositif au démarrage. Les autres suivront, accompagnés, à leur rythme. Une convergence qui reste le nœud du problème Ce basculement vers une entrée progressive n'est pas un simple ajustement technique. Il acte l'échec, au moins provisoire, d'une approche unifor...

Kenya : le cannabis rasta reste hors-la-loi


Un tribunal kényan a rejeté mercredi la demande d'un groupe rastafari réclamant le droit de fumer du cannabis à des fins religieuses, tout en appelant à ouvrir le débat sur l'avenir de la réglementation de la plante.

Au Kenya, la communauté rastafari revendique depuis longtemps un usage sacramentel de l'herbe, pilier de sa pratique spirituelle. Elle avait saisi la justice pour obtenir une exemption aux lois antidrogues, invoquant la liberté de culte. Mercredi, le tribunal a débouté les plaignants sur l'ensemble de leurs demandes, estimant qu'ils n'avaient pas démontré en quoi la législation en vigueur portait concrètement atteinte à leurs libertés religieuses.

Une loi de 1994 toujours en vigueur

Le texte qui encadre la possession de cannabis au Kenya date de 1994. Il prévoit jusqu'à dix ans d'emprisonnement et une lourde amende pour quiconque en détient, sans distinction d'usage. Les rastafaris dénoncent depuis des années un texte qu'ils accusent d'être instrumentalisé par les forces de l'ordre, qui s'en serviraient comme prétexte récurrent pour les harceler, notamment lors de contrôles ciblant leur apparence ou leur appartenance communautaire.

Si le juge a fermé la porte à une exemption religieuse, il n'a pas balayé la question d'un revers de main. Il a appelé à l'ouverture d'une réflexion nationale sur la réglementation du cannabis, pointant son usage récréatif déjà largement répandu dans le pays — un aveu implicite du décalage entre la loi et les pratiques réelles.

Le rastafarisme en progression

Au-delà du contentieux judiciaire, l'affaire éclaire une dynamique plus large : le rastafarisme, porté par ses valeurs de mysticisme, de panafricanisme et de végétarisme, semble gagner du terrain au Kenya, en particulier chez les jeunes générations. Une progression qui pourrait, à terme, peser davantage sur le débat public que n'importe quelle décision de justice.