Depuis jeudi 9 juillet et jusqu'au 14 juillet, Sainte-Anne accueille la 39ème édition de son Festival Gwoka. Cette année, place à ceux qui portent la musique traditionnelle guadeloupéenne aux quatre coins du monde, dans un rendez-vous placé sous le thème « Gwoka ka wouvè zèl ay » et marqué par l'hommage à Patrick Solvet, l'un des artisans historiques de l'événement.
Une musique bannie devenue patrimoine mondial
Le Gwoka n'a pas toujours eu droit de cité. Longtemps proscrite, réprimée, cette musique portée par les tambours ka a fini par s'imposer comme un marqueur identitaire fort pour les Guadeloupéens, avant d'être inscrite en 2014 au patrimoine culturel immatériel de l'Humanité par l'UNESCO. Trente-neuf ans après sa création, le Festival Gwoka de Sainte-Anne continue d'explorer toutes les dimensions de cette tradition : elle se joue, s'écoute, s'écrit, se lit, s'étudie. Les organisateurs revendiquent une volonté constante de placer les musiques traditionnelles guadeloupéennes, et le Gwoka en particulier, à hauteur des autres musiques du monde, dans ce qu'ils décrivent comme une dynamique de dialogue avec d'autres patrimoines immatériels.
Les ambassadeurs du Gwoka à l'honneur
L'édition 2026 met en lumière celles et ceux qui portent les sonorités du Gwoka bien au-delà de la Guadeloupe. Franck Nicolas, Sonny Troupé, Arnaud Dolmen, Ydriss Bonalair, Dominique Tauliaut, Mano Fala et Jonathan Jurion figurent parmi les artistes attendus, aux côtés de musiciens actifs en Guadeloupe et dans l'ensemble du bassin caribéen. Un choix de programmation qui traduit l'ambition du festival : donner à voir l'envergure internationale d'une musique qui, après avoir été interdite, rayonne aujourd'hui sur plusieurs continents.
Un triptyque vers le 40ème anniversaire
Cette édition s'inscrit dans un projet pensé sur trois ans par les organisateurs, conçu pour accompagner le festival jusqu'à son 40ème anniversaire. L'an dernier, le thème « Fè kô é sa ki taw » invitait à s'approprier le patrimoine culturel et à en assurer la transmission intergénérationnelle. Cette année, « Gwoka ka wouvè zèl ay » célèbre l'ouverture au monde. L'an prochain, le festival s'interrogera sur son bilan et ses perspectives à travers le thème « Ki chimen trasé pour Gwoka ».
Trois années, trois questions, un même fil conducteur : celui d'une nervure culturelle guadeloupéenne où histoire, présent et avenir se rencontrent pour affirmer l'identité créole de la Guadeloupe et de tous les Guadeloupéens.