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Après les « Three Kings », le MMA africain cherche ses héritiers

En 2021 et 2022, trois combattants africains ont détenu en même temps trois ceintures de l’UFC. Quatre ans plus tard, la défaite d’Ateba Gautier rappelle que cette parenthèse n’a pas trouvé de suite, et que le chemin entre le continent et le sommet reste étroit. Un samedi qui referme une porte Le 3 octobre, à Salt Lake City, Ateba Gautier devait confirmer. Le Camerounais de 24 ans arrivait à l’UFC 332 invaincu en cinq combats dans l’organisation, dont quatre gagnés avant la limite. Face à lui, le Russe Roman Kopylov, donné perdant par les bookmakers. Il aura fallu 3 minutes et 12 secondes de premier round pour inverser le scénario. Certains fans l’avaient surnommé « mini Ngannou », un surnom qu’il récuse lui-même. À 24 ans et avec 11 victoires pour 2 défaites en carrière, il a le temps de rebondir. Mais le continent, lui, n’a pas le même luxe : il attendait de cette montée en puissance un visage pour la suite. Les rois ont vieilli Francis Ngannou, Israel Adesanya et Kamaru Usman on...

Le nouveau plan antiracisme français reste à mi-chemin

Le gouvernement vient de dévoiler son nouveau plan national de lutte contre le racisme, l'antisémitisme et les discriminations liées à l'origine. Un texte dense en mesures éducatives et mémorielles, mais qui esquive soigneusement la question qui fâche : celle de la discrimination exercée par l'État lui-même.

La semaine dernière, le gouvernement français a annoncé un nouveau Plan national de lutte contre le racisme, l'antisémitisme et les discriminations liées à l'origine. Adopté le 6 juillet et couvrant la période 2026-2029, ce plan d'action égrène 55 mesures centrées sur l'éducation et la formation, avec l'ambition de renforcer la mémoire du racisme, de l'antisémitisme et des autres formes de discrimination, tout en répondant à la recrudescence des crimes de haine dans le pays. Sur le papier, l'intention affichée est louable. Dans les faits, le texte n'aborde jamais frontalement la nature systémique et institutionnelle du racisme en France — et c'est précisément là que le bât blesse.

Un rendez-vous manqué avec les réparations

Ce plan ne saisit pas l'occasion de donner suite au discours prononcé en mai 2026 par le président Emmanuel Macron, dans lequel il évoquait la nécessité d'aborder la question des réparations liées à l'héritage de l'esclavage en France. La société civile et des représentants des territoires d'outre-mer avaient pourtant alerté le gouvernement sur les liens entre l'esclavage, l'héritage colonial français et la nécessité de mesures de justice réparatrice pour lutter contre les inégalités systémiques et le racisme contemporains. Ce silence n'est pas anodin : il confirme que la mémoire, aussi nécessaire soit-elle, reste ici cantonnée à un exercice pédagogique, déconnecté de toute réparation concrète.

Police : la formation sans la remise en question

Le plan prévoit une formation des policiers sur la question du racisme. Mais il fait l'impasse sur la réalité actuelle des pratiques policières discriminatoires, qui continuent d'alimenter la méfiance envers les autorités au sein des populations touchées à la fois par le profilage racial et par les crimes de haine. Former sans interroger les pratiques, c'est traiter le symptôme en ignorant la structure qui le produit.

Le texte mise également sur des « lieux de mémoire » destinés à sensibiliser élèves et fonctionnaires — policiers compris — à l'histoire, « pour mieux appréhender les mécanismes qui conduisent aux préjugés et aux discriminations ». De nouvelles ressources pédagogiques doivent voir le jour pour enseigner « l'histoire de l'esclavage [en France] et de ses traites ». La mémoire et l'éducation ont leur place dans l'évolution des mentalités. Mais ce plan rate une occasion cruciale : celle de relier ce travail mémoriel à une lutte plus large contre le racisme structurel et la discrimination d'État.

Des données qui manquent, une stratégie européenne qui avance

Le plan s'engage à « mesurer et débusquer les discriminations pour mieux les combattre », sans pour autant prévoir de structures permettant de collecter des données désagrégées sur l'égalité — une méthode que la France elle-même a qualifiée d'inconstitutionnelle. Les Nations unies ont pourtant fourni des orientations fondées sur les droits humains en matière de collecte de données, soulignant leur importance pour la protection des personnes racialisées.

En janvier 2026, la Commission européenne a adopté sa nouvelle Stratégie de l'UE contre le racisme pour la période 2026-2030, qui vise notamment à améliorer la collecte de données sur l'égalité par les États membres afin de lutter contre le racisme structurel. Un décalage qui souligne, une fois de plus, la frilosité française sur ce terrain.

Disposer d'un plan d'action antiracisme ne suffit pas. La France devrait cesser de considérer le racisme comme un problème de préjugés individuels, et reconnaître qu'il s'agit d'un phénomène systémique appelant des réponses systémiques.