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Après les « Three Kings », le MMA africain cherche ses héritiers

En 2021 et 2022, trois combattants africains ont détenu en même temps trois ceintures de l’UFC. Quatre ans plus tard, la défaite d’Ateba Gautier rappelle que cette parenthèse n’a pas trouvé de suite, et que le chemin entre le continent et le sommet reste étroit. Un samedi qui referme une porte Le 3 octobre, à Salt Lake City, Ateba Gautier devait confirmer. Le Camerounais de 24 ans arrivait à l’UFC 332 invaincu en cinq combats dans l’organisation, dont quatre gagnés avant la limite. Face à lui, le Russe Roman Kopylov, donné perdant par les bookmakers. Il aura fallu 3 minutes et 12 secondes de premier round pour inverser le scénario. Certains fans l’avaient surnommé « mini Ngannou », un surnom qu’il récuse lui-même. À 24 ans et avec 11 victoires pour 2 défaites en carrière, il a le temps de rebondir. Mais le continent, lui, n’a pas le même luxe : il attendait de cette montée en puissance un visage pour la suite. Les rois ont vieilli Francis Ngannou, Israel Adesanya et Kamaru Usman on...

L'Espagne championne du monde, la vista est venue d'un dreadlocks

Après 90 minutes où l'Albiceleste n'a pas tiré une seule fois au but, il aura fallu une prolongation et l'entrée d'un joker de luxe pour faire sauter le cadenas argentin. Nico Williams, dreadlocks au vent, aura été l'homme du sacre espagnol.

Vingt tentatives. C'est le nombre de frappes qu'il aura fallu à l'Espagne pour venir à bout d'une défense argentine drapée dans le fer toute la soirée. Vingt tentatives, et une main — ou plutôt une tête — étrangère au onze de départ pour, enfin, faire chavirer New York.

Dimanche, au stade de New York New Jersey, la Roja a dominé cette finale de bout en bout. Lamine Yamal en générateur de dangers dans le premier quart d'heure, Dani Olmo, Pedri, Pau Cubarsí sollicitant tour à tour un Emiliano Martínez des grands soirs : l'Argentine, elle, n'aura strictement rien proposé offensivement en quatre-vingt-dix minutes. Une défense de fer, un verrou, mais aucune munition en face. Le 0-0 s'imposait à la pause comme au terme du temps réglementaire.

Un entrant qui change tout

C'est dans ce contexte cadenassé qu'entre en jeu, à la 75e minute, un joueur à dreadlocks connu pour dynamiter les couloirs : Nico Williams. L'ailier de l'Athletic Bilbao n'a pas mis longtemps à électriser le côté gauche espagnol. Une tête repoussée par Martínez à la 93e, un but refusé à la 96e pour une faute discrète de Mikel Merino sur un défenseur argentin — la Roja frappe à la porte, encore et encore.

L'Argentine, elle, s'enfonce. Réduite à dix après l'expulsion d'Enzo Fernández pour un second carton jaune, elle subit une prolongation à sens unique.

La passe qui délivre un peuple

Et puis vient la 106e minute. Une remise de la tête, en retrait, presque instinctive : Nico Williams, en repoussant un ballon qui filait vers la sortie, sert idéalement Ferran Torres au second poteau. L'attaquant du FC Barcelone, entré lui aussi en cours de match, conclut d'un plat du pied puissant sous la barre. 1-0. L'Espagne explose.

« C'est le destin. On a gagné pour notre peuple. Ce n'est pas mon but, c'est celui de 47 millions de personnes », confiera Ferran Torres au coup de sifflet final.

Seize ans après son premier sacre planétaire, l'Espagne décroche sa deuxième étoile. Mais derrière le nom qui inscrit le but, c'est bien la vista d'un entrant à dreadlocks qui aura débloqué cette finale à cadenas. Une passe décisive née d'un réflexe de sauvetage, devenue le geste qui aura offert un titre mondial à tout un pays.