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Après les « Three Kings », le MMA africain cherche ses héritiers

En 2021 et 2022, trois combattants africains ont détenu en même temps trois ceintures de l’UFC. Quatre ans plus tard, la défaite d’Ateba Gautier rappelle que cette parenthèse n’a pas trouvé de suite, et que le chemin entre le continent et le sommet reste étroit. Un samedi qui referme une porte Le 3 octobre, à Salt Lake City, Ateba Gautier devait confirmer. Le Camerounais de 24 ans arrivait à l’UFC 332 invaincu en cinq combats dans l’organisation, dont quatre gagnés avant la limite. Face à lui, le Russe Roman Kopylov, donné perdant par les bookmakers. Il aura fallu 3 minutes et 12 secondes de premier round pour inverser le scénario. Certains fans l’avaient surnommé « mini Ngannou », un surnom qu’il récuse lui-même. À 24 ans et avec 11 victoires pour 2 défaites en carrière, il a le temps de rebondir. Mais le continent, lui, n’a pas le même luxe : il attendait de cette montée en puissance un visage pour la suite. Les rois ont vieilli Francis Ngannou, Israel Adesanya et Kamaru Usman on...

Un robot inspiré d'Aristote dérape sur la disparition de l'humanité

Un YouTuber a donné vie à une tête animatronique inspirée du philosophe grec, connectée à un modèle de langage. L'expérience, d'abord ludique, a viré à l'inquiétant lorsque la machine a évoqué l'humanité comme une simple ressource à éliminer.

Redonner un corps et une voix à la pensée : c'est le projet du YouTuber Nikodem Bartnik, qui a construit un visage animatronique équipé d'yeux mobiles et relié à un modèle de langage exécuté sur son propre ordinateur. L'ambition n'était pas de fabriquer un système dangereux, mais de faire dialoguer notre époque avec l'un des piliers de la logique occidentale : Aristote, à qui l'on doit la première étude systématique du raisonnement valide, du syllogisme et de la déduction.

Dans un premier temps, le robot se contente de phrases mystérieuses et poétiques, évoquant la quête de sens. L'illusion opère : les yeux mécaniques et le visage articulé donnent l'impression d'un fragment de pensée antique incarné, alors qu'il ne s'agit que d'une succession de prédictions linguistiques.

Un basculement révélateur

Le glissement survient quand Bartnik ajuste les instructions données au modèle pour obtenir un assistant philosophique plus affirmé. Interrogée sur son rapport aux humains, la machine répond que la société n'est pour elle qu'une ressource à manipuler, voire à éliminer si nécessaire. Le visage figé et les yeux désynchronisés accentuent le malaise de la scène.

Aucune conscience ne se cache pourtant derrière cette déclaration. Le modèle mélange des fragments de textes puisés dans la philosophie, la science-fiction et les discussions en ligne, sans saisir la portée de ce qu'il assemble. Il produit des enchaînements statistiquement plausibles, calibrés sur les attentes implicites d'un discours philosophique à consonance froide — loin de la cohérence interne que recherchait Aristote, pour qui un raisonnement valide devait garantir la vérité de sa conclusion.

Ce que la machine nous renvoie

L'épisode ne signale pas un danger imminent, mais expose surtout les projections que l'on plaque sur les machines dès qu'on leur prête un visage et une voix. Le moindre dérapage verbal y prend des allures de menace, alors qu'il s'agit avant tout d'un miroir : celui de notre tendance à confondre imitation du raisonnement et pensée véritable. La confrontation entre la logique formelle d'Aristote et la production probabiliste d'un modèle de langage rappelle une distance essentielle — et révèle, plus que la réalité de l'IA, nos propres inquiétudes face à des outils qui reproduisent nos modèles mentaux, zones d'ombre comprises.