À LA UNE

Après les « Three Kings », le MMA africain cherche ses héritiers

En 2021 et 2022, trois combattants africains ont détenu en même temps trois ceintures de l’UFC. Quatre ans plus tard, la défaite d’Ateba Gautier rappelle que cette parenthèse n’a pas trouvé de suite, et que le chemin entre le continent et le sommet reste étroit. Un samedi qui referme une porte Le 3 octobre, à Salt Lake City, Ateba Gautier devait confirmer. Le Camerounais de 24 ans arrivait à l’UFC 332 invaincu en cinq combats dans l’organisation, dont quatre gagnés avant la limite. Face à lui, le Russe Roman Kopylov, donné perdant par les bookmakers. Il aura fallu 3 minutes et 12 secondes de premier round pour inverser le scénario. Certains fans l’avaient surnommé « mini Ngannou », un surnom qu’il récuse lui-même. À 24 ans et avec 11 victoires pour 2 défaites en carrière, il a le temps de rebondir. Mais le continent, lui, n’a pas le même luxe : il attendait de cette montée en puissance un visage pour la suite. Les rois ont vieilli Francis Ngannou, Israel Adesanya et Kamaru Usman on...

Vie chère : l'État reconnaît le problème… mais pas pour tout le monde

Face à la cherté de la vie ultramarine, l'État a une réponse claire et chiffrée : il majore le traitement de ses propres fonctionnaires, parfois jusqu'à 108 % du traitement de base. Pour les 70 % d'actifs qui travaillent dans le privé, rien de comparable n'existe. Le même caddie, le même loyer, le même carburant — mais une seule catégorie de la population est indemnisée pour les payer.

Des majorations qui dépassent largement le différentiel de prix

Le mécanisme est ancien, il est inscrit dans la loi depuis 1950, et son ampleur ne laisse aucune place au doute. Un fonctionnaire d'État ou hospitalier en poste en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane ou à Mayotte perçoit un traitement majoré de 40 %. À La Réunion, la majoration atteint 53 %. À Saint-Pierre-et-Miquelon, elle grimpe à 75 %. En Nouvelle-Calédonie et en Polynésie française, elle oscille entre 73 % et 108 % selon les zones. À Wallis-et-Futuna, elle culmine à 105 %. À cela s'ajoutent, pour certains agents, des indemnités de sujétion et d'installation pouvant représenter jusqu'à seize mois de traitement de base, des bonifications de retraite, des congés bonifiés et une réduction d'impôt spécifique.

Or ces chiffres interrogent. Les écarts de prix mesurés par l'Insee restent très inférieurs aux niveaux de majoration accordés dans plusieurs territoires. En 2022, le niveau général des prix était supérieur de 16 % en Guadeloupe, 14 % en Martinique et en Guyane, et 9 % à La Réunion, par rapport à l'Hexagone — l'alimentaire, poste le plus pénalisant, affichant des écarts de 30 % à 42 % selon les territoires. Un rapport parlementaire consacré à la question l'avait déjà constaté dès 2003 : l'écart réel de coût de la vie est sans commune mesure avec l'ampleur des sur-rémunérations accordées.

70 % des actifs ultramarins hors du dispositif

Ce différentiel entre compensation et réalité ne serait qu'une anomalie budgétaire s'il touchait tout le monde de la même manière. Ce n'est pas le cas. Dans les départements d'outre-mer, environ trois personnes en emploi sur dix travaillent dans le secteur public. Les sept autres — salariés du privé, artisans, commerçants, agriculteurs, indépendants, demandeurs d'emploi, retraités du privé — achètent le même paquet de pâtes, la même bouteille d'huile, le même carburant, payent le même loyer, sans qu'aucune ligne de leur bulletin de salaire ne vienne compenser quoi que ce soit.

La cherté de la vie, elle, ne fait pas ce tri. Elle frappe le retraité du privé comme le magistrat, la caissière comme l'enseignant, l'artisan comme le cadre territorial. Mais un seul de ces profils voit sa fiche de paie ajustée chaque mois en conséquence.

Une reconnaissance qui s'arrête à la frontière du statut

En réalité, le débat ne porte pas sur les fonctionnaires. Ils bénéficient d'un dispositif légal dont ils ne sont ni les auteurs ni les responsables. Le véritable sujet est ailleurs : comment l'État peut-il reconnaître, par ses propres politiques salariales, qu'il coûte durablement plus cher de vivre en outre-mer, tout en refusant d'en tirer les mêmes conséquences pour les millions de Français qui n'appartiennent pas à la fonction publique ?

Tant que cette question restera sans réponse, la lutte contre la vie chère apparaîtra moins comme une politique d'égalité que comme un privilège réservé à celui qui a le bon employeur.