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Lancement de l'ECO la monnaie commune de la CEDEAO pour 2027

Réunis à Lungi, en Sierra Leone, les chefs d'État de la CEDEAO ont réaffirmé leur ambition de lancer la monnaie unique ECO en 2027 — mais en acceptant, cette fois, de composer avec les réalités du terrain plutôt qu'avec le calendrier. Le sommet de Lungi n'a pas produit de rupture spectaculaire, mais un ajustement de méthode qui en dit long sur l'état réel du projet monétaire ouest-africain. Les dirigeants de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest ont confirmé l'objectif de 2027 pour le lancement de l'ECO, tout en actant un principe qui aurait pu être énoncé bien plus tôt : seuls les pays remplissant les critères de convergence macroéconomique entreront dans le dispositif au démarrage. Les autres suivront, accompagnés, à leur rythme. Une convergence qui reste le nœud du problème Ce basculement vers une entrée progressive n'est pas un simple ajustement technique. Il acte l'échec, au moins provisoire, d'une approche unifor...

Vie chère : l'État reconnaît le problème… mais pas pour tout le monde

Face à la cherté de la vie ultramarine, l'État a une réponse claire et chiffrée : il majore le traitement de ses propres fonctionnaires, parfois jusqu'à 108 % du traitement de base. Pour les 70 % d'actifs qui travaillent dans le privé, rien de comparable n'existe. Le même caddie, le même loyer, le même carburant — mais une seule catégorie de la population est indemnisée pour les payer.

Des majorations qui dépassent largement le différentiel de prix

Le mécanisme est ancien, il est inscrit dans la loi depuis 1950, et son ampleur ne laisse aucune place au doute. Un fonctionnaire d'État ou hospitalier en poste en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane ou à Mayotte perçoit un traitement majoré de 40 %. À La Réunion, la majoration atteint 53 %. À Saint-Pierre-et-Miquelon, elle grimpe à 75 %. En Nouvelle-Calédonie et en Polynésie française, elle oscille entre 73 % et 108 % selon les zones. À Wallis-et-Futuna, elle culmine à 105 %. À cela s'ajoutent, pour certains agents, des indemnités de sujétion et d'installation pouvant représenter jusqu'à seize mois de traitement de base, des bonifications de retraite, des congés bonifiés et une réduction d'impôt spécifique.

Or ces chiffres interrogent. Les écarts de prix mesurés par l'Insee restent très inférieurs aux niveaux de majoration accordés dans plusieurs territoires. En 2022, le niveau général des prix était supérieur de 16 % en Guadeloupe, 14 % en Martinique et en Guyane, et 9 % à La Réunion, par rapport à l'Hexagone — l'alimentaire, poste le plus pénalisant, affichant des écarts de 30 % à 42 % selon les territoires. Un rapport parlementaire consacré à la question l'avait déjà constaté dès 2003 : l'écart réel de coût de la vie est sans commune mesure avec l'ampleur des sur-rémunérations accordées.

70 % des actifs ultramarins hors du dispositif

Ce différentiel entre compensation et réalité ne serait qu'une anomalie budgétaire s'il touchait tout le monde de la même manière. Ce n'est pas le cas. Dans les départements d'outre-mer, environ trois personnes en emploi sur dix travaillent dans le secteur public. Les sept autres — salariés du privé, artisans, commerçants, agriculteurs, indépendants, demandeurs d'emploi, retraités du privé — achètent le même paquet de pâtes, la même bouteille d'huile, le même carburant, payent le même loyer, sans qu'aucune ligne de leur bulletin de salaire ne vienne compenser quoi que ce soit.

La cherté de la vie, elle, ne fait pas ce tri. Elle frappe le retraité du privé comme le magistrat, la caissière comme l'enseignant, l'artisan comme le cadre territorial. Mais un seul de ces profils voit sa fiche de paie ajustée chaque mois en conséquence.

Une reconnaissance qui s'arrête à la frontière du statut

En réalité, le débat ne porte pas sur les fonctionnaires. Ils bénéficient d'un dispositif légal dont ils ne sont ni les auteurs ni les responsables. Le véritable sujet est ailleurs : comment l'État peut-il reconnaître, par ses propres politiques salariales, qu'il coûte durablement plus cher de vivre en outre-mer, tout en refusant d'en tirer les mêmes conséquences pour les millions de Français qui n'appartiennent pas à la fonction publique ?

Tant que cette question restera sans réponse, la lutte contre la vie chère apparaîtra moins comme une politique d'égalité que comme un privilège réservé à celui qui a le bon employeur.