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Après les « Three Kings », le MMA africain cherche ses héritiers

En 2021 et 2022, trois combattants africains ont détenu en même temps trois ceintures de l’UFC. Quatre ans plus tard, la défaite d’Ateba Gautier rappelle que cette parenthèse n’a pas trouvé de suite, et que le chemin entre le continent et le sommet reste étroit. Un samedi qui referme une porte Le 3 octobre, à Salt Lake City, Ateba Gautier devait confirmer. Le Camerounais de 24 ans arrivait à l’UFC 332 invaincu en cinq combats dans l’organisation, dont quatre gagnés avant la limite. Face à lui, le Russe Roman Kopylov, donné perdant par les bookmakers. Il aura fallu 3 minutes et 12 secondes de premier round pour inverser le scénario. Certains fans l’avaient surnommé « mini Ngannou », un surnom qu’il récuse lui-même. À 24 ans et avec 11 victoires pour 2 défaites en carrière, il a le temps de rebondir. Mais le continent, lui, n’a pas le même luxe : il attendait de cette montée en puissance un visage pour la suite. Les rois ont vieilli Francis Ngannou, Israel Adesanya et Kamaru Usman on...

Angélique Kidjo entre dans l'histoire du Walk of Fame

La chanteuse franco-béninoise est devenue, mardi 18 août, la première musicienne africaine et la première personnalité noire africaine à recevoir une étoile sur le mythique Walk of Fame d'Hollywood. Une consécration qui dépasse largement le symbole individuel.

Il aura fallu attendre 1961, année d'achèvement du Walk of Fame, et 2 854 étoiles scellées dans le trottoir d'Hollywood Boulevard, pour qu'une musicienne noire africaine y appose enfin son nom. C'est chose faite depuis mardi, à 7011 Hollywood Boulevard, en face de l'historique Hollywood Roosevelt Hotel, où Angélique Kidjo a dévoilé son étoile dans la catégorie « Recording », sous un ciel californien impeccable et devant un parterre de personnalités du cinéma et de la musique.

Une reconnaissance à la mesure d'une carrière

Cinq fois lauréate d'un Grammy Award, la chanteuse de 66 ans, née à Cotonou, mène une carrière internationale depuis plus de quarante ans et compte une vingtaine d'albums à son actif — de ses relectures du Boléro de Ravel aux collaborations plus récentes avec les poids lourds de l'afrobeat nigérian Davido et Burna Boy. Repérée au début des années 1980 par Chris Blackwell, le producteur historique de Bob Marley, elle n'a cessé depuis de brasser les répertoires, entre traditions ouest-africaines, jazz, funk et pop occidentale.

Ron Frierson, président de la Hollywood Chamber of Commerce, a profité de la cérémonie pour proclamer le 18 août « Angélique Kidjo Day ». Willem Dafoe et Harvey Mason Jr., patron de la Recording Academy, ont pris la parole à ses côtés, entourés notamment de l'acteur béninois Djimon Hounsou et du chanteur nigérian Adekunle Gold. Mason Jr a salué en elle une artiste dont l'exemple a « élevé notre communauté musicale mondiale », tandis que Dafoe l'a qualifiée de « femme la plus travailleuse du monde du spectacle », insistant sur son engagement de longue date à travers la fondation Batonga, qu'elle a créée en 2006 pour l'éducation des filles en Afrique. 

Une « première » à nuancer, une portée à assumer

Il faut préciser les termes : Kidjo est la première musicienne noire africaine honorée sur le Walk of Fame, mais pas la première personnalité née sur le continent — l'actrice sud-africaine blanche Charlize Theron avait reçu son étoile en 2005. La distinction n'est pas un détail sémantique : elle rappelle à quel point la reconnaissance des industries culturelles africaines par les institutions occidentales reste sélective, tardive et souvent conditionnée à des trajectoires passées par l'Europe ou les États-Unis — Kidjo elle-même s'est installée à Paris au début des années 1980 avant de percer.

C'est d'ailleurs le sens de la phrase la plus reprise de son discours : « Nous, les Africains, nous ne savons pas tout ce que nous avons apporté au monde. Sans nous, la musique serait impossible sur cette planète. » Une déclaration qui ne relève pas de la formule de circonstance, mais d'un rappel politique — celui d'une matrice musicale africaine trop souvent absorbée, recyclée, primée ailleurs que là où elle a été inventée. 

Le président béninois Romuald Wadagni a salué l'événement comme une élévation de la « dignité » de toute une nation, signe que cette étoile dépasse le cadre strictement artistique pour devenir un objet de fierté nationale et continentale. Reste à savoir si Hollywood en tirera les conséquences : Kidjo elle-même, avant la cérémonie, avait affirmé à l'AFP sa conviction de ne pas rester une exception statistique. À l'industrie, désormais, de le confirmer.