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Après les « Three Kings », le MMA africain cherche ses héritiers

En 2021 et 2022, trois combattants africains ont détenu en même temps trois ceintures de l’UFC. Quatre ans plus tard, la défaite d’Ateba Gautier rappelle que cette parenthèse n’a pas trouvé de suite, et que le chemin entre le continent et le sommet reste étroit. Un samedi qui referme une porte Le 3 octobre, à Salt Lake City, Ateba Gautier devait confirmer. Le Camerounais de 24 ans arrivait à l’UFC 332 invaincu en cinq combats dans l’organisation, dont quatre gagnés avant la limite. Face à lui, le Russe Roman Kopylov, donné perdant par les bookmakers. Il aura fallu 3 minutes et 12 secondes de premier round pour inverser le scénario. Certains fans l’avaient surnommé « mini Ngannou », un surnom qu’il récuse lui-même. À 24 ans et avec 11 victoires pour 2 défaites en carrière, il a le temps de rebondir. Mais le continent, lui, n’a pas le même luxe : il attendait de cette montée en puissance un visage pour la suite. Les rois ont vieilli Francis Ngannou, Israel Adesanya et Kamaru Usman on...

En Somalie, la faim redevient une politique

Six millions de Somaliens sont aujourd'hui en situation de faim aiguë, un tiers de la population du pays. Sécheresse, effondrement des financements humanitaires et guerres qui détournent l'attention ailleurs : la crise n'est pas un accident climatique, c'est la rencontre de plusieurs abandons.

Le chiffre, à lui seul, devrait suffire à mobiliser. Six millions de personnes touchées par la faim aiguë en Somalie, dont près de deux millions au niveau d'urgence, selon le Programme alimentaire mondial (PAM). Près de deux millions d'enfants menacés de malnutrition aiguë cette année. Plus de 200 000 déplacés rien que sur le deuxième trimestre 2026. Le PAM parle de l'une des pires crises de malnutrition au monde. Le mot n'est pas galvaudé.

Une sécheresse qui n'a rien d'imprévisible

Des saisons de pluies insuffisantes se sont accumulées, vidant les points d'eau, décimant le bétail, ruinant les récoltes. Le phénomène est connu, documenté depuis des années dans la Corne de l'Afrique. Ce qui frappe, c'est moins la sécheresse elle-même que l'absence de dispositifs suffisamment robustes pour l'absorber. À cela s'ajoutent des variables extérieures que la Somalie ne maîtrise en rien : la hausse des prix du carburant et des denrées alimentaires, amplifiée par le conflit au Moyen-Orient, et une insurrection shebab qui continue de fragmenter le territoire et de compliquer l'accès humanitaire.

Dans les camps de Baidoa, une génération qui s'épuise

C'est dans le sud-ouest du pays, à Baidoa, que Médecins sans frontières observe la situation de plus près. Un enfant sur deux y souffre de malnutrition aiguë, un sur quatre de malnutrition aiguë sévère. Un tiers des familles ne tient plus que sur un repas par jour.

Mitchell Sangma, conseiller santé pour MSF, décrit des arrivées continues de déplacés et un afflux de patients qui a déjà dépassé de 80 % le total de l'année précédente, avec des cas plus graves, plus tardifs, plus complexes médicalement. Rougeole, diphtérie : les maladies épidémiques s'invitent dans un tableau déjà critique. Le cycle qu'il décrit est celui de l'épuisement institutionnel autant que physique — des enfants soignés, sortis, puis réadmis, faute d'accès à une alimentation ou une eau potable suffisantes une fois de retour dans leur environnement.

Le financement, angle mort de la crise

C'est peut-être là que se joue l'essentiel. Selon le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire, l'aide alimentaire ne couvrait en mai dernier que 12 % des besoins des six millions de personnes en insécurité alimentaire aiguë. L'UNICEF dénonce des coupes budgétaires sans précédent, responsables de la fermeture de plus de 200 centres de santé et de nutrition. La faim en Somalie n'est donc pas seulement le produit du ciel et de la terre : elle est aussi le résultat d'arbitrages budgétaires pris ailleurs, dans des capitales qui ont d'autres priorités.

Et le calendrier n'épargne rien. El Niño, annoncé puissant pour la fin de l'année, menace d'apporter cette fois un excès de précipitations, avec un risque d'inondations qui viendrait frapper une population déjà à bout de ressources. Trop peu d'eau, puis trop d'eau d'un coup : la Somalie encaisse les deux extrêmes d'un même dérèglement, sans les moyens de s'en relever entre deux chocs.