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Après les « Three Kings », le MMA africain cherche ses héritiers

En 2021 et 2022, trois combattants africains ont détenu en même temps trois ceintures de l’UFC. Quatre ans plus tard, la défaite d’Ateba Gautier rappelle que cette parenthèse n’a pas trouvé de suite, et que le chemin entre le continent et le sommet reste étroit. Un samedi qui referme une porte Le 3 octobre, à Salt Lake City, Ateba Gautier devait confirmer. Le Camerounais de 24 ans arrivait à l’UFC 332 invaincu en cinq combats dans l’organisation, dont quatre gagnés avant la limite. Face à lui, le Russe Roman Kopylov, donné perdant par les bookmakers. Il aura fallu 3 minutes et 12 secondes de premier round pour inverser le scénario. Certains fans l’avaient surnommé « mini Ngannou », un surnom qu’il récuse lui-même. À 24 ans et avec 11 victoires pour 2 défaites en carrière, il a le temps de rebondir. Mais le continent, lui, n’a pas le même luxe : il attendait de cette montée en puissance un visage pour la suite. Les rois ont vieilli Francis Ngannou, Israel Adesanya et Kamaru Usman on...

Aux États-Unis, l'école n'a plus le droit de voir la race — au prix d'une impunité raciale grandissante

En abrogeant les outils qui permettaient de repérer une discrimination sans intention raciale déclarée, en fermant des dizaines de dossiers de déségrégation scolaire et en menaçant désormais de sanctionner les écoles qui prendraient en compte la race dans leurs politiques, l'administration Trump ne se contente pas de désengager l'État fédéral : elle inverse la doctrine qui prévalait, toutes administrations confondues, depuis des décennies.

Pendant longtemps, un principe faisait consensus dans l'application des droits civiques aux États-Unis, y compris sous des administrations républicaines : une politique scolaire pouvait être discriminatoire sans jamais mentionner la race, à partir du moment où ses effets désavantageaient durablement un groupe d'élèves. Ce principe — celui du racisme systémique, mesuré par ses conséquences plutôt que par ses intentions — vient d'être formellement écarté. Cet été, le ministère de l'Éducation a abrogé la règle qui permettait aux établissements d'évaluer les risques de discrimination en comparant les résultats scolaires par origine ethnique, notamment la répartition raciale dans les classes avancées. Il a ensuite notifié aux écoles qu'il devenait illégal de tenir compte de la race dans l'élaboration des politiques disciplinaires — même lorsque leurs effets concrets aboutissent à des taux de suspension ou d'exclusion nettement supérieurs pour un groupe racial donné.

Un chantier commencé sous le premier mandat, mené à son terme sous le second

Le décret présidentiel de mai 2025 a posé le cadre : cessation, pour l'ensemble des agences fédérales, de toute recherche d'« effets disproportionnés » — ces politiques en apparence neutres mais dont l'impact réel varie selon les groupes. Dans l'éducation, cette notion s'appliquait avant tout à la discipline scolaire, où les données fédérales et d'État convergent depuis des années : à infraction comparable, les élèves noirs restent statistiquement plus exposés à la suspension, à l'exclusion et au signalement aux forces de l'ordre — des mesures dont la recherche montre qu'elles augmentent le risque de décrochage. C'est précisément ce type d'écart, documenté par une enquête fédérale ouverte en 2021 sur la surreprésentation d'élèves noirs handicapés parmi les exclusions dans les écoles publiques de Denver, que l'administration a interrompu sans suite dès son entrée en fonction en 2025 — laissant les familles concernées sans réponse, malgré des violations déjà constatées par les autorités de l'État.

Le contraste est net avec le précédent mandat Trump, qui avait certes relégué ce chantier au second plan sans pour autant le démanteler : en 2018, un accord à l'amiable avait été conclu avec le district de Durham, en Caroline du Nord, après qu'une enquête eut établi que les élèves noirs y subissaient de façon disproportionnée les exclusions temporaires, en particulier pour des motifs disciplinaires laissés à l'appréciation subjective du personnel. Cet accord avait débouché sur un nouveau code de conduite et la création d'un bureau dédié à l'équité — la preuve, selon une ancienne élue du conseil scolaire local, que ce que vivaient les familles noires n'était pas un cas isolé mais un phénomène mesurable.

Fermer les dossiers plutôt que les instruire

En parallèle, le ministère de la Justice a engagé le désengagement méthodique des procédures de déségrégation scolaire héritées des décennies précédentes, revendiquant la clôture de plus de cinquante dossiers depuis l'investiture de Trump. Ces injonctions judiciaires, souvent vieilles de soixante ans, servaient à contraindre les districts à prouver qu'ils avaient effectivement éliminé les effets persistants de la ségrégation — financement des infrastructures, accès aux activités extrascolaires, équité des programmes. Or leur levée ne s'accompagne pas toujours des garanties qu'elles étaient censées produire : dans la paroisse de DeSoto, en Louisiane, la fin de l'ordonnance fédérale en janvier a été suivie, quelques mois plus tard, par la suppression du programme de transfert qui permettait justement à des élèves de quitter des écoles historiquement ségréguées.

Ce que cela signifie concrètement pour les élèves noirs

Derrière le vocabulaire technique — « effets disproportionnés », « intention discriminatoire », « levée d'injonction » — se joue un recul très concret. Ce que documentaient ces recours fédéraux, ce n'était pas une accusation morale portée contre les enseignants ou les établissements, mais un mécanisme mesurable : à comportement identique, un élève noir a statistiquement plus de risques d'être exclu de la classe qu'un élève blanc. Ce différentiel n'est pas une opinion, c'est ce que montraient les données que l'administration a précisément choisi de cesser de collecter et d'examiner.

Or l'exclusion scolaire n'est jamais un événement isolé. La recherche citée dans le dossier est sans ambiguïté : un élève suspendu ou exclu se désengage davantage de sa scolarité et voit ses résultats se dégrader. Ce phénomène fonctionne par accumulation — chaque exclusion réduit le temps d'instruction, fragilise le lien à l'institution, et augmente la probabilité d'un signalement aux forces de l'ordre plutôt qu'à un service disciplinaire interne. En supprimant l'outil qui permettait de repérer ce basculement avant qu'il ne se généralise, l'administration retire aux familles noires le seul levier qui leur permettait de faire reconnaître, par une autorité extérieure à l'établissement, que ce que vivait leur enfant n'était pas un cas isolé mais un schéma structurel — exactement ce que rappelle le témoignage de Durham.

Le cas de Denver est à cet égard le plus parlant : une enquête fédérale ouverte, des violations déjà constatées au niveau de l'État, une formation ordonnée — puis un silence fédéral qui, de fait, autorise le district à ne rien changer. Sans recours fédéral et avec des dossiers de déségrégation vieux de plusieurs décennies fermés à un rythme accéléré, la charge de la preuve et du contentieux retombe intégralement sur les familles, qui n'ont ni les moyens juridiques ni le rapport de force d'un ministère fédéral.

Un effet tout aussi direct, mais moins visible, sur les enseignants noirs

Le volet enseignant de cette bascule est moins spectaculaire, mais tout aussi structurant. Un établissement qui perd l'obligation — et le cadre juridique — de surveiller ses propres écarts disciplinaires perd du même coup l'un des rares outils institutionnels qui poussaient les directions à interroger les biais dans l'application du règlement intérieur. Cela pèse doublement sur les enseignants noirs : d'une part, ceux qui, au sein de leur établissement, portaient ce travail d'alerte ou d'équité perdent l'appui d'un cadre fédéral qui légitimait leur démarche ; d'autre part, le signal politique envoyé — jusqu'à la menace explicite de sanctionner les écoles qui « prendraient en compte la race » dans leurs politiques — crée un climat dissuasif pour toute initiative locale visant à documenter ou corriger un déséquilibre, même strictement factuelle et sans intention militante.

Ce repli s'inscrit dans un mouvement plus large de démantèlement des dispositifs de diversité et d'inclusion dans l'enseignement américain, où les postes, formations et bureaux d'équité — comme celui créé à Durham en 2018 — sont précisément les structures les plus exposées quand l'administration fédérale change de doctrine. Un enseignant noir engagé sur ces questions se retrouve ainsi placé devant un choix resserré : poursuivre un travail désormais dépourvu de protection institutionnelle, ou s'en retirer pour ne pas s'exposer.

Ce que révèle in fine ce dossier, c'est que la neutralité affichée du nouveau cadre — ne plus « voir » la race dans les statistiques — ne produit pas une école plus équitable, mais une école qui cesse simplement de mesurer ce qu'elle refuse de voir. Un juriste cité dans le dossier le formule sans détour : l'objectif n'est pas seulement de démanteler ce qui existe, mais de rendre le retour en arrière juridiquement coûteux pour toute administration future — ce qui inscrit ce recul dans une temporalité bien plus longue que le seul mandat en cours.