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Après les « Three Kings », le MMA africain cherche ses héritiers

En 2021 et 2022, trois combattants africains ont détenu en même temps trois ceintures de l’UFC. Quatre ans plus tard, la défaite d’Ateba Gautier rappelle que cette parenthèse n’a pas trouvé de suite, et que le chemin entre le continent et le sommet reste étroit. Un samedi qui referme une porte Le 3 octobre, à Salt Lake City, Ateba Gautier devait confirmer. Le Camerounais de 24 ans arrivait à l’UFC 332 invaincu en cinq combats dans l’organisation, dont quatre gagnés avant la limite. Face à lui, le Russe Roman Kopylov, donné perdant par les bookmakers. Il aura fallu 3 minutes et 12 secondes de premier round pour inverser le scénario. Certains fans l’avaient surnommé « mini Ngannou », un surnom qu’il récuse lui-même. À 24 ans et avec 11 victoires pour 2 défaites en carrière, il a le temps de rebondir. Mais le continent, lui, n’a pas le même luxe : il attendait de cette montée en puissance un visage pour la suite. Les rois ont vieilli Francis Ngannou, Israel Adesanya et Kamaru Usman on...

La Maison-Blanche transforme la chasse aux migrants en jeu vidéo

Deux jeux mis en ligne jeudi sur le site officiel de l'exécutif américain invitent les internautes à empiler un mur contre des « zombies » façon Tetris, ou à traquer des migrants façon Snake dans la peau du directeur de l'ICE. Au-delà du tollé suscité par le fond, c'est The Tetris Company elle-même qui est montée au créneau vendredi, dénonçant l'usage non autorisé de sa marque.

Un mur, des zombies, et un clin d'œil à Tetris

Le principe de « Build the Wall » tient en une phrase affichée à l'écran : « Protégez la frontière de la horde qui arrive. » Le joueur y empile, au lieu de lignes de blocs, des sections de mur frontalier destinées à repousser des silhouettes présentées comme des « zombies ». Aucun pays n'est nommé, mais le titre reprend mot pour mot le slogan de campagne popularisé par Donald Trump à propos de la frontière avec le Mexique.

Un second jeu, baptisé « Rio Run », emprunte cette fois la mécanique de Snake : le joueur y incarne un avatar de Tom Homan, directeur de l'agence fédérale de l'immigration ICE, chargé d'attraper et d'expulser des migrants clandestins près du Rio Grande. Les deux titres partagent le même traitement graphique — des personnages réduits à quelques pixels indifférenciés — que Scott Lucas, spécialiste de la politique américaine à l'University College Dublin, rattache à une stratégie plus large de déshumanisation des personnes migrantes, dont la gamification ne serait que le dernier avatar.

Sega détourné, un compte X qui ne s'en cache pas

L'administration ne s'est pas arrêtée à Tetris. Le logo de l'éditeur japonais Sega y a été repris et transformé en « MAGA », acronyme du slogan présidentiel « Make America Great Again ». Sur X, le compte de la Maison-Blanche a accompagné le lancement d'une formule qui ne laisse guère de doute sur l'intention : « CAN'T STOP WINNING. Build the wall. Deport. Fill a Trump Account. » Interrogé par l'AFP sur les critiques, l'exécutif américain a revendiqué « la culture du "fun" et de la gagne », évoquant sa volonté d'accentuer le contraste avec ce qu'il qualifie, par ailleurs, de vision adverse jugée sombre.

Du côté des organisations de défense des migrants, l'humour revendiqué par la Maison-Blanche ne passe pas. Amerika Garcia Grewal, codirectrice de la Frontera Federation à Eagle Pass, au Texas, a jugé que ces jeux la rendaient malade, estimant que leurs concepteurs avaient perdu de vue ce que signifie prendre soin d'autrui. Adriana Jasso, de l'organisation AMIGOS San Diego Community, y voit un manque de sérieux d'autant plus frappant que des personnes meurent, au même moment, dans des centres de rétention.

Le seul acteur à formellement protester : l'éditeur de Tetris

C'est pourtant sur un tout autre terrain que la controverse a trouvé, vendredi, son épilogue le plus concret. The Tetris Company a publiquement pris ses distances avec le jeu, affirmant n'avoir donné « aucune autorisation » pour l'utilisation de sa marque ou de tout contenu protégé par le droit de la propriété intellectuelle. « Nous prenons l'atteinte à la propriété intellectuelle très au sérieux », a écrit l'entreprise sur X, précisant étudier le dossier. Sollicitée par l'AFP sur cette prise de position, la Maison-Blanche n'avait pas répondu dans l'immédiat.

Le contraste ne manque pas de sel : c'est un litige de droit des marques, et non les accusations de déshumanisation portées par les associations de terrain, qui aura arraché à l'exécutif américain son seul silence gêné de la semaine. Que la défense la plus audible d'un jeu mettant en scène la chasse aux migrants vienne, non pas d'une organisation de défense des droits humains, mais d'un éditeur japonais soucieux de son image de marque, en dit long sur la hiérarchie des indignations que la Maison-Blanche s'attend, de toute évidence, à devoir affronter.