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Octobre Rose 2026 : le dépistage, un rendez-vous qui sauve

Chaque année, le même constat revient, et il ne s'use pas : le cancer du sein reste le premier cancer chez les femmes en France, avec plus de 50 000 nouveaux cas diagnostiqués annuellement. Octobre Rose, qui en est cette année à sa 33e édition française, existe pour une raison simple. Ce cancer se soigne d'autant mieux qu'on le trouve tôt, et on le trouve tôt à condition de le chercher. Ce que change un diagnostic précoce Les chiffres des autorités sanitaires sont sans ambiguïté. Un cancer du sein détecté à un stade précoce guérit dans neuf cas sur dix, et le taux de survie à cinq ans des cancers localisés approche les 99 %. À l'inverse, un cancer découvert tardivement impose des traitements plus lourds, plus longs, plus incertains. Entre ces deux trajectoires, la différence tient souvent à un seul geste : avoir pris rendez-vous. Un dépistage organisé, gratuit, trop peu utilisé En France, toutes les femmes de 50 à 74 ans, sans symptôme ni facteur de risque particuli...

Ce qu'est devenu l'ordinateur de Sidy Ndao qui calcule avec la chaleur

Son travail circule de nouveau en ce moment sur les réseaux. Mais neuf ans après la première diode thermique, que reste-t-il du projet du chercheur sénégalais ? Une filière scientifique qui a avancé pas à pas, un ordinateur qui n'existe toujours pas, et un homme qui a déplacé son combat vers Dakar.

D'une diode à des portes logiques

En 2017, Sidy Ndao et son doctorant Mahmoud Elzouka, alors à l'Université du Nebraska-Lincoln, publient dans Scientific Reports la première diode thermique à haute température : un composant nanométrique qui laisse passer la chaleur dans un sens, comme une diode laisse passer le courant. Elle est documentée jusqu'à environ 330 °C. Leur ambition est un ordinateur capable de fonctionner là où l'électronique tombe en panne, comme à la surface de Vénus.

La suite se joue dans l'ombre des revues spécialisées. En 2019, un autre doctorant de Ndao, Ahmed Hamed, conçoit et simule un calculateur thermique, capable d'additionner deux nombres décimaux, bâti sur des portes logiques ET, OU et NON. En 2020, Hamed et Ndao publient, toujours dans Scientific Reports, la fabrication et la caractérisation des premières portes thermiques ET et OU jamais documentées. La logique fonctionne avec la chaleur seule, ce que la diode seule ne prouvait pas.

Ce qui n'existe pas encore

Cette avancée a ses limites. Les portes ont été testées en laboratoire, dans une enceinte sous vide, pour éliminer les pertes de chaleur parasites. Le calculateur n'existe que sous forme de simulation. Aucun ordinateur thermique n'a été construit, et je n'ai trouvé aucune démonstration à 465 °C, la température de la surface de Vénus. Le chemin entre quelques portes et une machine capable de survivre sur une autre planète reste long.

Le domaine, lui, avance. En 2024, une équipe de l'Institut conjoint Université du Michigan–Shanghai Jiao Tong a publié dans Advanced Functional Materials des « transistors mécaniques » pour le calcul thermique, avec une approche différente de celle de Ndao. Ce que Ndao a ouvert intéresse désormais d'autres laboratoires, ce qui est la meilleure preuve qu'il ne s'agissait pas d'une curiosité.

Le chercheur a changé de terrain

Sidy Ndao n'a pas poursuivi seul cette route. Il a quitté son poste de professeur associé à Nebraska-Lincoln pour présider la Dakar American University of Science & Technology (DAUST), l'école d'ingénieurs qu'il a fondée en 2017 à la Somone, dans la région de Thiès. Il y a ajouté la Pan-African Robotics Competition, créée en 2015 et toujours organisée en 2025 avec DAUST, puis Caytu, société de robotique fondée en 2021 qui permet de piloter à distance des robots autonomes.

Je n'ai pas trouvé, depuis 2020, de nouvelle publication de lui sur le calcul thermique. Il est donc plus juste de dire que son idée vit dans les laboratoires qui la reprennent, et que lui s'est mis à bâtir l'écosystème qui produira les chercheurs capables de la porter.

Ce que ce parcours dit de nous

On aime raconter les trajectoires africaines comme des exils réussis : le chercheur qui part, brille ailleurs, et devient une fierté de loin. Ndao raconte autre chose. Il a prouvé qu'il pouvait faire de la recherche de rang mondial aux États-Unis, puis il est revenu construire l'outil qui permettra de la faire à Dakar. La science qu'il a lancée, d'autres la poursuivront. L'institution, elle, est sur place.

Reste une question que ce parcours pose sans la trancher : qui, demain, portera l'ordinateur thermique, et dans quel laboratoire ? La réponse dira si l'idée d'un Sénégalais reste un point de départ pour d'autres, ou devient aussi un projet mené depuis l'Afrique.

Sources : Nebraska MRSEC, Scientific Reports (Elzouka et Ndao, 2017 ; Hamed et Ndao, 2020), thèse d'Ahmed Hamed (UNL, 2019), Advanced Functional Materials (2024, équipe UM-SJTU), DAUST, We Are Tech Africa.