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Aimé Césaire à l’Assemblée nationale, une plaque pour une voix qui dérange encore

  Le 13 octobre 2026, l’Assemblée nationale a dévoilé une plaque en hommage à Aimé Césaire, sur le siège qu’il occupait dans l’hémicycle. Poète, penseur de la négritude, député de la Martinique et maire de Fort-de-France, il a consacré sa vie à combattre le colonialisme, le racisme et les inégalités. Son héritage dépasse largement les frontières de son île. Une plaque au cœur de la République C’est sur le siège numéro 607, au Palais-Bourbon, que la présidente de l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet, a dévoilé la plaque, à l’initiative notamment de la députée martiniquaise Béatrice Bellay. La cérémonie a été marquée par des lectures de ses poèmes et de ses discours.  Le lieu compte autant que le geste. Césaire y a siégé près de quarante-huit ans, de 1945 à 1993, tout en dirigeant Fort-de-France de 1945 à 2001. Ce n’est pas la première reconnaissance officielle : en 2011, une plaque a déjà été apposée en son nom au Panthéon, sans transfert de sa dépouille, restée en Martinique. Cell...

Lee Kwan Young, père du taekwondo français, est mort à Séoul

Le Grand Maître est mort le 18 octobre 2026 à Séoul, à 80 ans. Arrivé en France en 1969, il y a introduit le taekwondo, entraîné l’équipe nationale et formé des générations de pratiquants. Son parcours, de la rue coréenne des années 1950 aux missions discrètes aux côtés du RAID, dit autant l’histoire d’un art martial que celle d’un attachement.

Une enfance sans parents, un art martial pour tenir

Lee Kwan Young naît en 1946 à Séoul, dans une Corée du Sud passée sous contrôle américain. Orphelin de père puis de mère, il grandit dans les faubourgs de la capitale, entre errance et bagarres. Ce qui le sauve, c’est le Tang Soo Do, l’art martial coréen qui n’a pas encore pris le nom de taekwondo. Il le pratique dès neuf ans, bien que l’enseignement soit alors réservé aux adultes, après avoir été remarqué par les experts de l’école Chung Do Kwan, autour de laquelle il rôde. Il y devient ceinture noire sous la direction de maîtres comme Um Un-kyu, Lee Won-kook et Park Hae-man.

Faute de moyens pour aller à l’université, il s’engage dans l’armée. Pendant la guerre du Vietnam, il est instructeur des forces spéciales de la neuvième division d’infanterie sud-coréenne, puis de la septième division d’infanterie américaine. Ce contact avec le combat réel forge son caractère, et sa conception du taekwondo comme un système de combat avant d’être un sport.

1968 : le concours qui change tout

En 1968, à vingt-deux ans, il participe à un concours sélectif organisé sous la responsabilité de l’État coréen, qui cherche à diffuser la discipline à l’étranger. Combats, démonstrations de casse, projections, clés, maniement d’armes : il l’emporte face à quatre-vingt-quatre autres candidats, tous cinquième dan au minimum. La France a découvert le taekwondo cette année-là lors d’une démonstration. Lee Kwan Young y arrive l’année suivante pour l’enseigner.

Pionnier en France

Le pays est alors passionné par Bruce Lee et par les karatékas à la mode. Il y apporte un style différent, fondé sur la virtuosité technique et le jeu de jambes. En 1973, il devient le premier entraîneur de l’équipe de France sur un championnat du monde. Les médias s’emparent de lui, le cinéma le sollicite, et il part quelques années à Hong Kong. Il revient vite et accepte, en 1979, le rôle de premier directeur technique du taekwondo français au sein de la FFKAMA. À cette occasion, il fait venir en France cinq maîtres coréens sixième dan, une première.

Au début des années 1980, il intervient aussi, loin des projecteurs, comme instructeur de police auprès du RAID. Spécialiste de la garde rapprochée, il participe avec le statut d’enquêteur à de nombreuses missions spéciales. Il disait se sentir redevable envers la France.

Transmettre, jusqu’au bout

Toute sa vie, il enseigne par les stages nationaux et internationaux et par les cours en club, en exigeant de lui-même la rigueur physique et mentale qu’il transmettait. L’État français l’a fait chevalier de l’Ordre national du Mérite en 2022. À 78 ans, il avait ouvert à Séoul un dernier dojang, l’« Académie Lee Kwan Young d’arts martiaux coréens », orné de la tour Eiffel et de la Marianne. C’est là qu’est apparue, en juin dernier, la maladie qui l’a emporté.

Il en tirait une fierté particulière : avoir fondé en Corée la première fédération de pétanque.

« Je suis là pour aider les gens qui ont besoin de mon savoir, de mon enseignement. C’est ma mission. S’il n’y a qu’un seul élève qui a besoin de moi à mille kilomètres de là, j’irai ! », disait-il. Il ajoutait que son envie, pour la fin de sa vie, était de continuer à planter des arbres pour ajouter de la beauté au monde.

La Fédération française de taekwondo et disciplines associées, par la voix de son président Hassane Sadok, salue « le père fondateur » du taekwondo français et retient de lui une exigence : transmettre sans jamais renoncer.